Lundi, un 1er mai pas comme les autres

Mohamed Khalil

Le 1er mai  2023 sera célébré, à l’international, dans une conjoncture mondiale particulière marquée par l’enlisement de la guerre en Ukraine, devenue un terrain privilégié pour l’Occident, d’accomplir ses règlements de comptes politiques et économiques avec la Russie et la Chine.

Mais, il n’y a pas que la guerre qui interpelle le nouveau monde. Il y a également les trois lobbies qui sont mis en branle pour poursuivre la domination des rapports  internationaux :

  • Le complexe militaro industriel, qui investit annuellement plusieurs centaines de milliards de dollars pour et qu’il faudra alimenter par des guerres…
  • Les sociétés pharmaceutiques multinationales qui dominent le monde et qui s’enrichissent encore plus depuis l’épisode Corona…
  • Les sociétés pétrolières qui garantissent l’énergie nécessaire à la croissance économique.

Tout ce monde, qui domine la planète, n’est pas en mesure de faire face à la forte poussée économique de la Chine et aux prétentions politiques de la Russie, « héritière » de l’ex URSS…

Il s’agit donc de rapports géostratégiques assez complexes que les grandes puissances essaient de résoudre « par les armes » et les mesures coercitives et vindicatives.

Et, dans ce concert où les intérêts se bousculent, le Maroc ne peut pas être à l’abri des fluctuations mondiales et des décisions politiques globales.

Mais s’il est avéré que la hausse des prix au Maroc ne trouve aucune justification sérieuse au niveau de la guerre d’Ukraine, sachant que de nombreux produits locaux n’ont subi aucune augmentation du prix de revient, les marges bénéficiaires ont fortement augmenté à la grande joie des spéculateurs et grands intermédiaires.

Face à cela, l’actuel gouvernement n’accorde aucun intérêt et laisse faire, en spectateur impuissant.

Partout dans le monde, de grandes mobilisations, qui font penser à l’après guerre de 1945, sont organisées en Occident contre la vie chère.

La dérobade du gouvernement

Au Maroc, l’inaction du gouvernement, ses mensonges et ses dérobades font grincer les dents des travailleurs et des familles qui subissent les contre coups de décisions politiques qui les font des laissées pour comptes…

Le 1er mai  sera l’occasion pour mettre la pression sur le gouvernement, qui se dérobe des débats et se contente de fournir un plan de communication plein de contre vérités sur ce qu’il a « réalisé » sans aller à l’essentiel des attentes de la population …

Plusieurs dossiers brûlants, en plus du pouvoir d’achat, comme la question du pétrole russe commercialisé au Maroc que le RNI a donné l’ordre à ses députés de ne pas signer la demande d’enquête parlementaire

Les syndicats lèveront également le slogan des libertés syndicales malmenées par le gouvernement ainsi que les sensibles dossiers que le chef du gouvernement prépare en catimini en écartant les syndicats et les groupes parlementaires de l’opposition pour ne prendre que les décisions d’un cabinet d’expertise complètement dé-spatialisé et sans fibre politique ou sociale.

Le dernier débat à l’émission « Moubacharatoun maâkom » sur 2M a donné l’ampleur de l’indécision et de la panique du gouvernement qui ne donne aucun intérêt au panier de la ménagère, jugeant les revendications des démunis sur les produits de première nécessité d’être « un non-événement ». Et pourtant les prix sont passés du simple au double voire le triple, comme étant très secondaires face aux investissements et à la croissance que le gouvernement n’arrive pas à assurer, de l’aveu même du HCP du CESE, de Bank Al Maghrib et des avis du Conseil de la concurrence sur les hydrocarbures…

Le gouvernement suit en cela un vieil adage qui dit « Mentez, mentez, il en restera toujours quelques choses ».

Eviter les convulsions politico-sociales

Aujourd’hui, la majorité et ses élus, dont de nombreux parvenus grâce à des méthodes peu démocratiques, ont le culot de défendre un Exécutif inactif et politiquement médiocre qui fait courir au pays le risque de convulsions politiques, à force d’affamer le peuple, y comprises ses classes moyennes qui commencent à subir une certaine précarité.

   Pour se dérober, le gouvernement feint de savoir que les prix explosent et que les familles n’en peuvent plus, face à la paupérisation croissante et à la ruralisation des villes en l’absence d’emplois promis mais, au contraire, atteints par des pertes d’emplois sans précédent. Les citoyennes et citoyens, aux revenus modestes, ne savent plus à quel Saint se vouer face aux fins de mois qui commencent dès la première semaine après la paie mensuelle.

Car le pouvoir arbitraire, exécutif et législatif, auquel l’on assiste refuse de discuter les solutions avancées par les partis et les syndicats sérieux qui proposent de réduire la fiscalité au niveau des salaires (impôt sur le revenu) et, entre autres mesures, la taxation des grosses fortunes, de sorte à rééquilibrer l’assiette fiscale.

Le gouvernement refuse d’augmenter les salaires et, encore moins, de geler les prix laissés à la merci des grands spéculateurs et intermédiaires.

Pire encore, les syndicats craignent que le gouvernement opère de nouvelles attaques contre le régime des retraites et la privatisation accrue des services publics dont notamment le secteur de la santé, après celui de l’éducation en pleine crise permanente…

 Deux mots d’ordre saillants seront scandés durant les défilés des travailleurs à travers plusieurs dizaines de villes au Maroc. En chœur, ils mettront en avant leurs revendications, particulièrement contre la hausse des salaires, la réclamation du gel des prix des produits de première nécessité, 

Outre la flambée de l’inflation qui ébrèche le panier de la ménagère et les graves déficits de la consommation alimentaire des familles, les manifestations de lundi prochain dénonceront le gouvernement et sa politique anti sociale dont le peuple en a ras-le-bol.

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Auteur: M’hammed rahal
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