Le boycott de la séance du Parlement, qui se tient aujourd’hui, est loin d’être un élément contribuant à la sortie de crise. La manœuvre aurait plutôt comme but de retarder toute solution apte à mettre fin à l’état d’incertitude vécu par les citoyens depuis plusieurs mois. Une fois que les élections ont été annulées et que le président de la République a démissionné, il s’agit d’appliquer les articles de la Constitution qui précisent, avec beaucoup de détails, les modalités de gestion d’une période de transition devant aboutir au choix d’un nouveau président. Plus la période de transition est longue, plus elle est porteuse d’instabilité, avec des risques de sombrer dans un contexte non constitutionnel. Aujourd’hui, le Parlement prend acte de la déclaration du Conseil constitutionnel constant la vacance définitive du poste du Président, et activera l’application de l’article 102 de la Constitution. Ce sera ensuite au président du Conseil de la nation d’assumer la charge de chef de l’État pour une durée de 90 jours au maximum. La réunion du Parlement intervient dans un contexte marqué par la démission des parlementaires de certains partis, dans le sillage du mouvement populaire entamé le 22 février dernier, alors que d’autres formations ont décidé de boycotter cette réunion. L’opposition estime que l’application de l’article 102 ne règle pas la crise actuelle. Elle mentionne qu’un dialogue doit être noué, pour discuter d’autres modalités de la gestion des affaires de l’État. Elle se réfère aussi à la lettre et à l’esprit des articles 7 et 8 de la Constitution stipulant que le peuple est la source de tout pouvoir et que la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple, tout comme le pouvoir constituant. À ne pas omettre que le Parlement émane aussi, au moins formellement, de la volonté du même peuple, même si certains objecteraient que ce sont des institutions mal élues. Tout de même, le choix libre et démocratique des représentants du peuple est un des droits à reconquérir dans trois mois. Libre au futur président d’organiser ensuite des législatives anticipées, pour laisser aux électeurs la liberté de désigner des représentants sur des bases saines et transparentes.
A. M.
Auteur: elmoudjahid
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