L’instance de médiation et de dialogue s’est réunie, hier, sous la présidence de son coordinateur, Karim Younès, dans le but de mieux se structurer sur le plan interne, selon le communiqué sanctionnant les travaux de cette réunion et informant notamment de la création d’un comité des sages composé  de personnalités et d’experts.

L’instance n’a pas jugé utile de dévoiler l’identité de la composante de ce comité et, dans son communiqué, il est tout juste précisé qu’il s’agit de personnalités ayant rejoint ses rangs, sans plus. Outre ce comité, il a été procédé lors de cette réunion à la mise en place de commissions de travail avec la définition des missions à mener pour chacune d’elles. On retiendra, par ailleurs, l’adhésion de nouvelles personnalités à cette instance. Quoique leurs noms ne soient pas encore dévoilés dans leur totalité à l’opinion, l’on évoque les noms du président de l’Association des oulémas Abderrazak Guessoum, de l’avocate Fatma- Zohra Benbraham et de la directrice du quotidien arabophone El-Fadjr, Hadda Hazam. La réunion d’hier, qui s’est tenue dans une villa sur les hauteurs d’Alger, a constitué une opportunité pour les membres de l’instance de réaffirmer leur engagement à entamer immédiatement les consultations du dialogue avec la classe politique, les personnalités et les organisations de la société civile. A l’évidence, ces consultations auront à se décliner, dans un premier temps, par un travail de sensibilisation sur les objectifs de l’instance et la manière de les consacrer sur le terrain. Des objectifs qui seront assurément examinés en profondeur à l’occasion des rencontres avec les partis, les syndicats et les associations, et ce, essentiellement dans le but de définir la démarche à suivre dans le cadre de ce processus de dialogue qu’il faudrait aussi fixer dans le temps. Indubitablement, cette première prise de contact avec l’environnement politique et la société civile s’annonce des plus complexes dans la mesure où la problématique d’aboutir à l’élaboration d’un document consensuel est sans doute posée.

Toutes les initiatives du dialogue seront valorisées

En prévision de ce nouveau processus de dialogue, nombreux sont les partis qui ont déjà peaufiné leur propre document interne dans lequel est déployée leur propre vision en rapport avec la voie à suivre pour en finir avec une crise politique qui n’a que trop duré. Dans cette perspective, l’instance de médiation et de dialogue a bien pris le soin d’insérer dans son communiqué le fait que toutes les initiatives ainsi que toutes les propositions de sortie de crise sont prises en considération, voire davantage valorisées. «Toutes ces plateformes et ces propositions constitueront des documents de travail qui seront utilisés pour l’élaboration des propositions qui seront présentées à la conférence nationale qui sera organisée à la fin des consultations», est-il en effet noté dans le communiqué. Il est attendu que les travaux de cette conférence nationale soient sanctionnés par la désignation d’un groupe de travail qui se chargera exclusivement de la révision de la loi électorale en prévision de la tenue d’une élection présidentielle crédible et transparente. Les modalités traitant de la mise en place d’une commission indépendante de surveillance et de contrôle de ce scrutin seront également débattues lors de cette conférence.  Les recommandations de celle-ci pourraient aussi se traduire par l’établissement d’un document où seront mentionnées les principales revendications du peuple tant en matière de changement du système de représentation qu’en termes de mode de gouvernance. Ce document sera destiné aux prochains candidats à la magistrature suprême afin que chacun d’eux s’engage à traduire son contenu sur le terrain.
Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
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