LE TEMPS – Salah BEN HAMADI
Grimpant au prix de 145 dinars le gramme, à Tunis, l’or vaut vraiment son pesant d’or. Selon un commentateur, à ce rythme, c’est à notre temps qu’il faut situer l’âge d’or de l’humanité et non pas au début du monde comme l’avaient fait les anciens et quoiqu’ils voulaient désigner par cette métaphore le bon vieux temps où les hommes étaient en parfaite harmonie avec la nature, ils assimilaient déjà à travers leur comparaison tout ce qui est bien à l’or.
Le même commentateur a compté qu’ainsi, un gramme d’or vaut entre 30 et 35 kilogramme de cuivre, se référant à un dépôt à Tunis qui achète le cuivre cassé à environ 5 dinars le kilogramme.
Cependant, revers de la médaille, l’or perd de son éclat et de son rayonnement, car en devenant aussi cher, l’or ne trouve plus d’acquéreurs auprès de la grande masse des acheteurs de sorte que les gens finiront par ne plus y penser et il se dévalorise à défaut d’usage.
Une visite répétée à la place des bijoutiers et des orfèvres à Tunis permet de constater l’étendue de la désaffection confirmée d’ailleurs par les bijoutiers eux-mêmes.
Depuis quelques années, ces bijoutiers et orfèvres connaissent une crise mouvementée aggravée par des suspicions de trafic et de fraude, ce qui a fait naître chez les acquéreurs une certaine méfiance à l’égard de la pureté et de la conformité aux normes des produits et articles mis en vente, affectant les achats.
A l’occasion, comme les mariages, on commence à avoir recours à l’argent doré et à des pièces d’alliage faible en teneur, plus abordables et autres astuces.
Le problème d’envergure mondiale est hérité de l’utilisation de l’or en tant que monnaie d’échange depuis les époques reculées de l’histoire au point que c’est le terme arabe « ouarak », signifiant au propre « papier » et désignant également autrefois « la monnaie en or », qui avait donné au chinois, au Moyen Age, l’idée de remplacer la monnaie en or par des billets de banque en papier, selon le grand voyageur et géographe arabe Ibn Batouta, au 14ème siècle.
Une nouvelle tentative a été faite à la fin du 20ème siècle pour faire la séparation entre la valeur des monnaies nationales et le dépôt en or massif que possède le pays, c›est-à-dire rompre le lien entre l’or et la monnaie.
Spéculation
Mais, en vain, la spéculation qui agit de l’infiniment petit à l’infiniment grand, a faussé et fausse encore toutes les données, comme on peut le voir aussi au niveau du pétrole, alias l’or noir, vendu aujourd’hui à des prix insignifiants, après des années fastes laissant quelques spécialistes prédire des hausses allant à 500 dollars ou 1500 dinars le baril. On le vend aujourd’hui à peine à 40 dollars.
Toutefois, si l’on en croit à la main invisible régulatrice des marchés, c›est-à-dire l’autorégulation des marchés, conçue par les anciens économistes, l’or doit connaitre nécessairement le même sort.
S.B.H.
Auteur: letemps1
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.