Propos recueillis par Samir Lotfy.
Essaouira- L’organisation à Essaouira du Festival « Printemps Musical des Alizés », qui fête cette année ses 19 ans d’existence, « n’est pas un luxe mais une nécessité » dictée par le fait que la musique fait partie de la vie dans cette ville, ont souligné les organisateurs de cet événement éclectique.

« L’organisation d’un festival dédié à la musique classique à Essaouira, au Maroc, n’est pas un luxe, n’est pas une vraie envie de paraître, mais une nécessité car la musique chez nous fait partie de la vie. Elle rythme les jours, les semaines, les mois, les saisons et les années », ont-ils confié à la MAP.

Et d’ajouter que l’art et la musique à Essaouira sont un levier incontournable de développement économique, faisant observer que « grâce à la musique, Essaouira est vivante, elle est debout et comme preuve, tout le monde veut voir et séjourner dans la cité des alizés ».

« Essaouira aime la musique, toutes les musiques aiment Essaouira », se sont-ils félicités, notant qu’au fil du temps cela est devenu un refrain de tous les Souiris, rappelant que depuis la fondation de la cité des Alizés par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah, cette cité du Maroc Atlantique ne cesse de respirer et de souffler aux rythmes des sons et chants des diverses composantes ethniques qui ont façonné sa mosaïque: Haha, Chiadma, juifs et musulmans, chrétiens…etc.

A Essaouira, les danses populaires dites folkloriques, les transes extatiques des Zaouias, gnaoua, hmadcha, Aissaoua, et Haddarates, les mélodies andalouses célébrées en commun par musulmans et juifs, le Malhoun et autres rzouns, « se mêlent, se côtoient et s’interfèrent pour conférer à la cité toute sa singularité et sa splendeur », ont-ils affirmé.

« Avec la naissance de l’Association Essaouira-Mogador, le paysage musical souiri se valorise et donne à notre cité une visibilité internationale », explique Tarik Ottmani, président du bureau exécutif de ladite Association, rappelant que chaque année, les quatre saisons sont célébrées avec les Andalousies Atlantiques, le Festival des Gnaoua et Musiques du Monde, le Festival « Jazz sous l’Arganier » et « le Printemps Musical des Alizés ».

Sur cette nouvelle édition du Printemps des Alizés, il a fait savoir qu’il constitue, sans nul doute, une cuvée dédiée à la pureté et à l’intimité de la musique de chambre et à l’art lyrique.

« Lors de cette édition, il n’y aura pas de micros, les instruments et les voix vont vibrer en écho aux pierres de Dar Souiri, de Bayt Dakira et à celle de l’Eglise d’Essaouira, toujours en activité », a-t-il précisé, notant que pour le plaisir des grands et des petits ainsi que des mélomanes les plus exigeants, la direction du festival a concocté une programmation qui, comme chaque année, sera fidèle à l’esprit d’Essaouira, avec une douzaine de concerts parmi les plus exaltants et une trentaine d’artiste de très grand talent.

Et de conclure que « le principe de ce rendez-vous printanier consiste à rendre accessible gratuitement et à tous, la musique classique. Le temps d’un weekend, Essaouira devient par la nature des choses, une escale pour la musique de chambre ».

Abondant dans le même sens, Mme Kaoutar Chakir Benamara, secrétaire générale de l’Association Essaouira-Mogador et chargée de la partie organisation et production du festival, a relevé que l’ambition de ce rendez-vous éclectique est de « faire connaitre la musique classique au plus grand nombre, grâce à des têtes d’affiche aux carrières internationales, comme le clarinettiste Raphael Sévère, lauréat de pas moins de cinq concours internationaux, dont le prestigieux Young Concert Artists de New York qui ouvre les portes du Carnegie Hall et du Kennedy Center de Washington.

Et d’ajouter que le Printemps Musical des Alizés accueillera de nombreux artistes d’horizons divers qui rendront hommage aux grands noms de la musique classique et offriront au public des moments tant originaux qu’exceptionnels ainsi que bien d’autres moments inoubliables.

« Une programmation en toute liberté, dictée par l’envie d’embarquer les festivaliers dans un voyage inattendu où public et artistes entrent en communion, dans l’intimité de trois espaces à l’acoustique hors pair », s’est-elle réjouie.

Auteur: Mohammed KOURSI
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