Qu’il s’agisse de ceux ayant conduit l’Exécutif en cette même période ou de ministres qui ont été à la tête de départements clés, nombre d’entre eux sont au cœur de scandales de corruption et de dilapidation de deniers publics qui risquent de les éclabousser davantage. Hier au Conseil de la nation, il était question d’accélération de la procédure de levée d’immunité de parlementaires pour les deux anciens ministres Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat.
Une levée d’immunité réclamée, rappelle-t-on par le ministère de la Justice sur la base de l’ouverture d’une enquête où les concernés seront poursuivis pour le détournement d’une somme faramineuse dépassant les 600 milliards de centimes. Alerté par de telles accusations, le Conseil de la nation, pour répondre à la demande du ministère de la Justice, ne mettra pas beaucoup de temps pour engager la procédure de levée de l’immunité parlementaire pour ces deux anciens ministres désignés sénateurs dans le cadre du tiers présidentiel. Le rapport établi à cet effet par la commission juridique du Sénat a été rendu hier, et ses conclusions ne seront rendues publiques qu’une fois adoptées à huis clos par les sénateurs, conformément au règlement intérieur du Conseil de la nation.
La finalisation de ce rapport traitant de Djamel Ould Abbès et de Saïd Barkat intervient par ailleurs dans un contexte où les affaires de lutte contre la corruption incriminant des personnalités publiques, notamment d’ex-responsables de haut rang au sein du sérail, sont au centre de rebondissements qui se succèdent les uns après les autres. Le processus est probablement inédit dans les annales de la justice algérienne, il participe toutefois à restaurer la confiance du citoyen en la possibilité de bâtir un réel Etat de droit dans le cadre d’une justice indépendante où nul n’est au-dessus de la loi. Il va sans dire que l’ouverture par la justice de plusieurs dossiers, traitant de la pratique de la corruption, trafic d’influence, dilapidation des deniers publics, transfert illicite de devises, surfacturation, révèle toute l’ampleur de la prédation dont ont fait l’objet les richesses de ce pays par des responsables indélicats et qui est dévoilée au grand jour. Sur un autre volet, et pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante, une douzaine de dossiers de hauts de responsables, parmi lesquels figurent deux anciens Premiers ministres, ont été transmis la Cour suprême. Les concernés seront poursuivis pour des faits «punis par la loi relative à la conclusion de marchés publics et de contrats contraires à la réglementation et aux lois en vigueur». Dans un communiqué rendu public par le procureur général près la cour d’Alger, il apparaît que les 12 personnalités bénéficient du privilège de juridiction en raison des postes qu’elles occupaient au moment des faits reprochés et ce, en vertu de l’article 573 du code de procédure pénale.
L’on relèvera par ailleurs que le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Slimane Brahmi, a instruit récemment les parquets généraux de superviser minutieusement les enquêtes préliminaires précédées par la saisie ou le gel des avoirs des personnes incriminées. «Cette mesure précède la saisie ou le gel des avoirs illicites récupérés en prévision de leur communication aux juridictions compétentes pour trancher conformément à la loi», avait indiqué le ministre dans son allocution lors de l’installation du nouveau procureur près la Cour d’Alger, M. Belkacem Zeghmati.»
Les avoirs de la corruption constituent «la pierre angulaire de la lutte contre les crimes de corruption en portant un coup de grâce aux coupables, c’est-à-dire à leur patrimoine», a-t-il ajouté.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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