Resurgis au mois de février dernier, l’épidémie du choléra n’a cessé de faire des victimes dans les hôpitaux et districts du pays. Selon le rapport de situation de la gestion de la maladie rendu public par le ministère de la Santé public, au 5 avril 2022, 3 407 cas ont été notifiés. Au vu de ces analyses, la région du Sud-Ouest apparaît comme le principal foyer de l’épidémie suivie du Littoral.
Compte tenu de la situation, le Fonds central des Nations Unies pour les interventions d’urgence (Cerf) a mis à la disposition de ces deux foyers de contamination, une enveloppe de 1,7 million de dollars, soit environ 750 millions de Fcfa. Pour l’institution, « ces projets fourniront une assistance d’urgence dans la gestion des cas, de l’eau, de l’hygiène et l’assainissement aux communautés touchées par l’épidémie de choléra ».
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Toutefois, la desserte en eau potable dans la plupart des villes foyers de l’épidémie intervient comme le premier facteur qui a rendu la situation épidémiologique potentiellement explosive à travers le pays, depuis le début de la saison sèche. Tenons en occurrence les deux plus grandes agglomérations du pays que sont Yaoundé et Douala, qui après examen de la politique de rationnement mise en œuvre par Camwater (Cameroon Water utilities), font état d’une dizaine de quartiers (par ville ndlr) non alimentés. Un chiffre qui ne prend pas en compte les quartiers réputés au régime sec depuis plusieurs années, ainsi que l’arrière-pays, où moins de 20% de la population a accès à des services d’hygiène de base. Yaoundé, pour ne prendre que cet exemple, enregistrait déjà un déficit en eau potable de 215 000 m3 par jour note-t-on.
Pour mémoire, la précédente résurgence du choléra avait fait 66 morts au Cameroun entre janvier et août 2020. Début 2021, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estimait qu’il y a avait chaque année de 1,3 à 4 millions de cas de choléra et 21 000 à 143 000 décès dus à cette maladie dans le monde. « Des vaccins anti cholériques sûrs, administrés par voie orale, doivent être utilisés conjointement à l’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement pour limiter les flambées de choléra et favoriser la prévention dans les zones connues pour être à haut risque » apprend-t-on de l’organisation onusienne.
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L’article Lutte contre le choléra : l’ONU alloue 750 millions de F aux régions du Littoral et du Sud-Ouest est apparu en premier sur EcoMatin.
Auteur: Mairamou Abdou
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