Contacté à ce sujet, le professeur Abdelouahab Bengounia, chef de service épidémiologie et de médecine préventive au CHU Mustapha-Pacha, a souligné qu’il s’agit d’une importante mesure que les pouvoirs publics devaient envisager depuis l’apparition des premiers cas en Algérie. «Cela fait quatre mois que j’ai demandé l’instauration de cette mesure, si on l’avait fait à ce moment-là, on n’aurait évité la situation que nous vivons aujourd’hui et le virus ne serait pas présent dans les 48 wilayas». Il a indiqué avoir recommandé, entre autres solutions possibles pour ralentir cette pandémie, l’extension des mesures de confinement. «Le 31 mars, j’avais fait une déclaration pour dire que les mesures de confinement doivent être appliquées de façon draconienne, même pour les autres wilayas qui n’étaient pas encore touchées par l’épidémie et j’avais insisté sur la nécessité d’anticiper sur l’éventuelle généralisation du régime d’isolement à toutes les régions du pays ».

Cependant le professeur Bengounia estime que toutes ces mesures, même si elles sont a saluer, ne peuvent apporter les résultats escomptés si d’autres mesures, non moins importantes, ne sont pas prises. Parmi ces mesures, il préconise la mise en place de centres d’isolement des maladies infectieuses et le dépistage massif. 

«L’Algérie attend ces centres d’isolement des maladies contagieuses depuis 50 ans, malheureusement rien n’a été fait jusqu’à présent. Il faudrait au moins un centre d’isolement par wilaya. On ne va pas paralyser le système national de santé ; or tout le système est paralysé à cause du Covid-19 qui est pris en charge au niveau des structures hospitalières. Ce sont des problèmes sérieux, il faut donc des mesures concrètes», a-t-il déploré. Le praticien préconise également le dépistage actif de la population. «Il faut dépister la population et le corps médical car le personnel soignant doit également savoir s’il est contaminé ou pas», a-t-il estimé, regrettant la perte de plusieurs professionnels de la santé ces derniers jours.

«Avant-hier nous avons enterré trois médecins à Biskra, un autre à Sétif et un autre à l’Ouest. Ce n’est pas normal», s’indigne-t-il. Pour sa part, le Docteur Abdelhafid Kaidi, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l’EPH de Boufarik, a salué les nouvelles décisions du gouvernement d’autant plus, souligne-t-il, qu’elles viennent renforcer les mesures de prévention contre la transmission du virus. «Nous savons que le confinement et l’interdiction des déplacements sont pour le moment les moyens les plus pertinents pour endiguer la propagation du Covid-19». Même si les retombés socioéconomiques de telles décisions sur la population sont très contraignants, le Dr Kaidi, estime que la santé prime avant tout. «Si aujourd’hui nous n’assurons pas la santé de la population, nous ne pouvons pas espérer autre chose», a-t-il affirmé, ajoutant que «les résultats de ces décisions vont se faire sentir bientôt». 

Il déplore cependant le manque de conscience quant à la gravité de cette épidémie auprès d’une grande partie des citoyens qui ne respecte pas les mesures barrières. Il est donc impératif que les gens prennent conscience de la gravité de cette maladie qui engendre des dégâts importants, et laisse des séquelles pour ceux qui s’en sortent. Le Dr Kaidi a estimé, toutefois, que quand bien même des citoyens ne respectent pas les mesures édictées, nous devons continuer à nous protéger et protéger nos familles. «Si vous respectez les mesures barrières, notamment le port du masque et le lavage fréquent des mains, et que les personnes en face de vous ne les respectent pas, vous ne devez pas vous inquiéter pour votre santé, car ce sont ces personnes qui seront contaminées», dit-il. Salima Ettouahria 

Auteur: elmoudjahid
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