«Il n’y a pas de refus de dialogue, mais un manque de dialogue.» Tel est le constat fait hier sur les ondes de la Chaîne III, de la radio nationale, par M. Abdelaziz Rahabi.
L’ancien ministre de la Communication, qui affirme que l’»on n’entre pas dans un dialogue sur un simple appel», insiste su le fait que «le dialogue a ses règles, ses codes et ses conditions». S’exprimant longuement sur la question d’actualité brûlante, relative au processus de transition, l’ex-diplomate a mis en exergue toute l’importance, voire «l’urgence d’accélérer le processus, mettre un terme à la crise politique que traverse le pays».
Selon «l’Invité de la rédaction», ce processus de transition doit englober aussi bien le gouvernement, le commandement de l’Armée que l’opposition. «Nous avons tous des offres pour sortir de cette impasse politique émanant du pouvoir, du commandement de l’Armée, de l’opposition et de l’élite. Il faut voir comment converger tout cela et faire asseoir tout ce monde autour d’une table», a-t-il notamment relevé au micro de la Chaîne III. Poursuivant ses propos, M. Abdelaziz Rahabi a cependant regretté le fait que «jusqu’à maintenant, il n’y pas eu une seule offre de dialogue sérieuse proposant un agenda, des conditions et des modalités pour sortir le pays de l’impasse». Et d’ajouter : «Nous avons un sérieux problème avec un chef d’État, en raison de son rejet par le peuple et l’opposition, et par le fait qu’il ne peut prétendre valablement à organiser la transition qui a toutes les chances de ne pas aboutir, encore moins l’élection présidentielle prévue le 4 juillet.»
Plaidoyer pour « un mix entre l’article 102 de la Constitution, et la solution politique »
Évoquant également l’appel à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, M. Rahabi a estimé que c’est là un faux débat qui a fait perdre beaucoup de temps à l’Algérie. «Pendant sept ans, nous étions otages de la santé de l’ancien président de la République, et, aujourd’hui, nous sommes otages de l’article 102 de la Constitution qui bloque tout effort d’innovation, de discussion et de recherche de solution négociée», a-t-il affirmé. De l’avis de M. Rahabi, il ne faut pas miser «sur la seule voie constitutionnelle, pour trouver une issue à la crise». La solution, selon lui, devrait être, en fait, «un mix entre l’article 102 de la Constitution» et «la solution politique», a-t-il préconisé.
L’ancien ministre fait remarquer, dans ce contexte, que les citoyens algériens, mobilisés depuis le 22 février dernier, «veulent changer la nature du régime, entrer dans la démocratie, combattre la corruption et contrôler la richesse publique». Il s’agit d’un «programme éminemment politique qui devrait servir aussi bien le gouvernement, le commandement de l’Armée que l’opposition», a-t-il observé. Revenant sur la question du scrutin attendu pour le 4 juillet prochain, il dit : «Je ne suis pas favorable à l’organisation de l’élection présidentielle tout de suite, parce qu’elle peut donner un président du moment, un président issu du vote-sanction. Donc, il faut donner le temps aux Algériens d’entrer dans le fait politique, de s’organiser et de voter sereinement.»
M. Rahabi estime que «commencer par l’élection présidentielle, c’est mettre en place les ingrédients de la crise pour peut-être 10, 15 ou 20 ans». Il recommande d’organiser plutôt des élections législatives et des locales. «À mon sens, il faut commencer par les élections législatives ; peut-être les élections législatives et les élections communales en même temps», a-t-il estimé, présentant ainsi sa propre vision de sortie de crise.
Soraya Guemmouri
Auteur: elmoudjahid
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