Le Secrétaire général de l’alliance national républicain (ANR) motive la décision de suspension de la participation de son parti aux élections présidentielles, prévues le 4 juillet prochain, par «l’absence d’un consensus » au sein de la classe politique autour de ce rendez vous et précise que la non participation de l’ANR ne peut être perçue comme un boycott, mais  une «suspension» de candidature car les élections seront «reportées».
Mais ce report qui est un fait accompli devrait se faire «dans le cadre de la constitution». Belkacem Sahli affirme en revanche que plusieurs considérations populaires, constitutionnelles, juridiques, et politiques justifient la suspension de sa candidature au scrutin présidentiel. «
D’abord le refus catégorique exprimé par la population ne met pas en cause les élections en tant que telles, mais ne concerne que le cadre général dans lequel les élections seront préparées, des conditions qui n’augurent guère de la réalisation des objectifs de la transparence», a-t-il expliqué lors d’un point de presse animé, hier, en siège, sis à Bouchaoui (Alger).
Le motif constitutionnel porte, selon lui, sur l’absence d’une instance de surveillance indépendante pour l’organisation des élections, qui doit être composée de partis politiques, de personnalités, de magistrats et de représentants du ‘’hirak’’, ce qui exige, a-t-il poursuivi, des «concessions» de part et d’autre ainsi que la «révision» de certains articles de la loi électorale, ceux relatifs à la présidentielle notamment.
Le SG de l’ANR a réaffirmé à cette occasion que son parti reste convaincu que la solution à cette crise est «constitutionnelle» mais qui devrait être «accompagnée» par une «série de mesures politiques» visant à «rassurer» l’opinion publique et à «restaurer» la confiance entre les citoyens et le pouvoir en place afin que l’organisation des présidentielles ne soit pas «une autre chance perdue», voire une occasion  «d’exacerber les tensions» et de «prolonger la crise».
«Il est nécessaire aujourd’hui d’assurer le préalable de la restauration de la confiance» entre les manifestants et le pouvoir à travers un certain nombre de mesures, notamment la mise en place d’un gouvernement de compétences nationales, à sa tête une personnalité indépendante et consensuelle même si cela n’a pas été réalisé», a-t-il insisté. Il se dit favorable à la solution constitutionnelle à condition qu’elle soit accompagnée par des «mesures politique » en vue de «restaurer» la confiance et «prendre en charge» les préoccupations de la rue.
«Nous avons demandé à ce que le hirak soit encadré pour qu’il se constitue en force, pour négocier avec le pourvoir et ne pas tomber dans l’exploitation partisane, ce qui permettra du coup de préserver son caractère pacifique», a plaidé Sahli qui a réitéré par ailleurs son soutien à l’ANP, l’appelant à   «poursuivre» sa mission constitutionnelle pour «accompagner» la transition et rester à «l’écart» de l’exploitation politicienne.
«Nous restons toujours attachés à la solution constitutionnelle, et nous partageons avec l’armée sa position quant à l’organisation des présidentielles dans les meilleurs délais et de bonnes conditions, contrairement à certains partis politiques qui poussent vers une période de transition prolongée contraire à la volonté populaire», a-t-il souligné, estimant dans la foulée que les présidentielles ne sont que le «début» de la solution de sortie de la crise.
Sur un autre registre, le SG de l’ANR a qualifié le slogan scandé par les manifestants ‘’ yetnahaw gaâ’’ (Ils partent tous) de «très dangereux» car il «met en cause» la continuité de l’Etat et non du système en place. 
Il a noté également que certaines revendications qui ont émergé sont complètement des exigences «déraisonnables» et «irréfléchies». Le SG invite la classe à se réunir pour un dialogue «sans  exclusion» afin de trouver les solutions à la crise que vit le pays depuis plusieurs mois.
Tahar Kaïdi

Auteur: elmoudjahid
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