«L’exportation doit être la préoccupation de l’heure, pour répondre aux attentes de l’État qui a investi des milliards de dollars», a indiqué, hier à Alger, la ministre de l’Industrie et des Mines, Djamila Tamazirt. 

S’exprimant à l’occasion d’une réunion avec les présidents-directeurs généraux des complexes industriels, elle a insisté sur la nécessité d’encourager davantage l’exportation, puisque dans le contexte actuel l’Algérie a besoin de rentrées de devises. Elle dira dans ce sens : «Si on n’encourage pas ce domaine on va, sans aucun doute, enregistrer des déséquilibres de la balance de paiement». La ministre a souligné qu’ «en vue de contribuer à sortir progressivement notre pays de sa dépendance aux hydrocarbures et de drainer des devises, l’industrie doit constituer un élément de diversification de l’économie nationale». Elle a ajouté que «l’Etat a identifié plusieurs filiales qui présentent un grand potentiel en matière de développement et de valorisation de potentialités naturelles et de cibler les exportations et d’apporter ainsi un équilibre à la balance des paiements». 

Mme Tamazirt a précisé que «la balance des paiements présente des déficits annuels pour lesquels nous sommes interpellés à prendre des mesures «ad hoc» et des mesures urgentes afin d’encourager l’exportation». Et de poursuivre que «l’acte d’exportation concerne plusieurs filiales qui ont été identifiées, à savoir : la sidérurgie, le ciment, l’agroalimentaire, pour lequel l’Algérie présente des avantages comparatifs uniques au monde». Selon elle, le développement de l’entreprise vise deux objectifs : répondre aux besoins nationaux de marché en quantité et en biens de services et exporter. S’adressant aux présidents-directeurs généraux, la ministre a insisté sur la nécessité de dynamiser le processus d’exportation, notamment concernant les filières qui ont été identifiées et qui présentent un avantage en la matière. Elle a fait savoir que le secteur des mines et celui de l’agroalimentaire sont les plus interpellés, du fait que le pays recèle un énorme potentiel de production, qui doit être, a-t-elle insisté mis en norme avec l’accompagnement des centres techniques et des laboratoires qui sont dédiés à la mise en œuvre de cette activité. A ce propos, elle a rappelé que près de 241 millions de dollars d’investissements (publics et privés) ont été enregistrés dans le secteur agroalimentaire en 2018 à l’échelle nationale. «Une grande partie de ce montant enregistré auprès de l’Agence nationale pour le développement de l’investissement relève du secteur privé», a-t-elle ajouté. S’agissant de partenariat public/privé, la ministre a indiqué qu’il ne doit pas être négligé dans le dynamisme et les démarches qui doivent être mis en œuvre par les groupes. 

Lourde perte d’un milliard de dollars 

En réponse à une question relative aux différentes grèves enregistrées ces dernières semaines dans son secteur, elle a indiqué que « les groupes industriels sont interpellés pour renforcer la communication au niveau local et répondre à la sollicitation des partenaires sociaux et mettre fin à des grèves qui, dans la plupart du temps, reposent sur des revendications salariales et sociales qui peuvent être prises en charge facilement au niveau des partenaires». 

Elle a ajouté que «plusieurs grèves ont été enregistrées le mois d’avril dernier, notamment celle qui concerne le secteur de la métallurgie». La ministre a insisté à cet effet sur la nécessité d’instaurer le dialogue pour trouver des solutions adéquates. S’agissant des pertes enregistrées suite à ces grèves, elle a indiqué qu’elles sont estimées à un milliard de dollars. 

Mettant par ailleurs l’accent sur cette rencontre Mme Tamazirt a fait savoir que celle-ci constitue une séance d’évaluation et d’orientation des groupes industriels composés de plusieurs filiales stratégique au niveau national. Cette rencontre, a-t-elle estimé, «est nécessaire pour assurer un suivi dans la mise en œuvre de notre stratégie sectorielle de développement déclinée à l’horizon 2025». Ce plan, dit-elle, «a notamment pour objectif la promotion et la facilitation de l’investissement dans le secteur public au niveau des régions locales».

Makhlouf Ait Ziane

Auteur: elmoudjahid
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