– Instaurer un climat de sérénité et de sagesse
– L’appel à la désobéissance civile est préjudiciable et pourrait diviser le mouvement populaire
– L’opposition ne doit pas afficher de refus catégorique des propositions émanant du pouvoir
«Pour que le climat de sérénité et de sagesse puisse s’installer, il est impératif d’aller au dialogue», a déclaré hier à Alger, Sofiane Djilali, le président du Jil Jadid, lors du forum du quotidien arabophone
El Wassat.
Selon lui, la situation actuelle est caractérisée par «un rapport de force» entre plusieurs acteurs. D’un côté, la rue et les manifestants refusant toute proposition émanant de la sphère politique ; de l’autre, une classe politique désorientée, largement dépassée par les événements et incapable de satisfaire les exigences des manifestants sortis dans la rue depuis plus de six mois et enfin, l’institution militaire de laquelle «on attend plusieurs éléments de réponse», à cette «phase critique que l’Algérie traverse difficilement».
Pour y remédier et sortir de l’impasse,
M. Djilali estime qu’il est nécessaire de «faire des concessions», car l’intérêt suprême du pays est le retour à la normale «et le fonctionnement des institutions de l’Etat».
Le président de Jil Jadid s’est exprimé sur «le différend» qui oppose sa formation aux partis regroupés sous ce qui est désormais connu sous l’appellation du Pôle démocratique. Il a affirmé que son parti n’avait reçu aucune invitation pour participer à la dernière rencontre organisé en juin dernier. Néanmoins il a affirmé que son parti «pourrait» participer à la prochaine rencontre prévue le 31 du mois en cours «si nous recevons une invitation».
Sur le projet politique du Pôle démocratique, il a expliqué que ses membres «prônent l’idée d’une longue transition attachée à une Assemblée constituante». Jil Jadid estime que la perspective de l’Assemblée constituante serait une approche improductive. S’agissant de l’instance de dialogue et de médiation, présidée par Karim Younès, M. Djilali a déclaré qu’«en l’absence d’un climat propice au dialogue» sa formation «ne pourra participer à ses travaux». Pour le président du Jil Djadid, «imposer le dialogue dans le climat actuel peut conduire à un échec cuisant».
«Pour installer un climat de sagesse et de sérénité, il faut que les décideurs fassent l’effort de trouver des solutions et répondent aux revendications de la rue», dit M. Djilali en expliquant que «la balle est dans le camp du pouvoir» qui devrait, selon lui «prendre des mesures d’apaisement» pour réinstaurer le climat de confiance nécessaire avant tout dialogue. L’invité du forum
d’El Wassat explique, par ailleurs, que le refus du dialogue «est ce qui cristallise les crispations, la radicalisation des positions». C’est pourquoi, poursuit-il, «l’appel à la désobéissance civile est le résultat de la polarisation accentuée».
Pour lui, l’appel à la désobéissance civile «est préjudiciable» à l’heure actuelle, et pourrait diviser le mouvement populaire, qui est resté jusque là pacifique, serein.
Les manifestants sont hautement conscients de la nature du changement voulu et de la démarche à suivre, selon M. Djilali qui a appelé à la poursuite du Hirak «pacifique pour maintenir la pression contre le régime en place et exiger le changement».
À la classe politique, il lance la proposition d’une Charte politique pour respecter un engagement politique afin de parvenir à une réforme du système ainsi qu’à une rupture avec un pouvoir qu’il qualifie d’«autoritaire doté d’une façade démocratique». Celui-ci a appelé de ses vœux l’opposition de faire la part des choses et à «ne pas entretenir l’illusion» par leur refus catégorique des propositions émanant du pouvoir.
Il trouve que «le dégagisme» n’est pas une «alternative» pour la stabilité politique du pays. Pour une sortie de crise, le président du Jil Djadid propose une démarche qui consiste à «réformer le système politique en commençant par aller aux élections présidentielles afin d’élire un président consensuel qui assumera la responsabilité d’entamer les réformes nécessaires de la justice, des prérogatives du président, de la libéralisation du champ médiatique et le rééquilibrage des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif.
T. K.
Auteur: elmoudjahid
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