Marrakech – Le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Moulay Hafid El Alamy, a appelé, lundi à Marrakech, à accorder un intérêt particulier au secteur du commerce, eu égard à son rôle majeur sur les plans économique et social.
M. El Alamy, qui intervenait à l’ouverture de la rencontre régionale du commerce, de l’industrie et des services, initiée sous le thème « l’acteur économique au cœur du développement régional », a indiqué que les commerçants sont confrontés à plusieurs problèmes, dont la concurrence du commerce moderne, la prolifération des marchands ambulants et la croissance du commerce électronique.
Le ministre a relevé que le secteur du commerce a bénéficié de programmes spéciaux, dont l’encadrement a été très faible, citant à titre d’exemple le programme « Rawaj » qui, a-t-il estimé, n’a pas réalisé des résultats positifs, vu le faible nombre des commerçants bénéficiaires à l’échelle nationale.
Soulignant que les Chambres de commerce, d’industrie et de services n’ont pas donné les résultats escomptés parce qu’elles n’ont pas reçu l’appui nécessaire et n’ont pas bénéficié de l’accompagnement approprié pour assumer pleinement leurs rôles et missions, M. El Alamy a indiqué que le secteur du commerce au Maroc emploie 1,5 million de personnes, représentant ainsi le 2ème secteur pourvoyeur d’emplois au niveau national.
Il a, d’autre part, estimé que ces rencontres régionales, qui seront suivies par la tenue des Assises nationales du Commerce, les 24 et 25 avril prochain à Marrakech, seront couronnées par l’élaboration d’une stratégie commune qui permettrait au secteur du commerce, dont la clé de voûte demeure le petit commerçant, de réaliser un saut qualitatif.
De son côté, le wali de la région de Marrakech-Safi, gouverneur de la préfecture de Marrakech, Karim Kassi-Lahlou, a souligné que le positionnement privilégié de la région lui a permis d’être, tout au long de l’Histoire, une porte d’accès commerciale à plusieurs autres villes avoisinantes et une plate-forme par excellence pour les commerçants, faisant remarquer que cette région abrite actuellement près de 100.000 commerces de détail, 1.300 commerces de gros et 160 marchés ruraux, en plus des supermarchés et des marchés de gros.
S’agissant de la création d’entreprises à caractère commercial, une croissance importante a été enregistrée à ce niveau entre 2014 et 2018, puisque le nombre de ces entreprises est passé de 428 à 872 au niveau de la région, a-t-il expliqué, notant que malgré ces potentialités, le secteur du commerce à l’échelle de la région fait face à plusieurs difficultés et défaillances, avec à leur tête les phénomènes liés au secteur informel.
Dans ce sens, il a insisté sur la nécessité de trouver des solutions pratiques à ce phénomène dans le cadre d’une approche participative efficiente et pratique, qui prend en compte non seulement les besoins mais aussi les futurs défis liés aux mutations que connaît le e-commerce.
Pour sa part, le président du conseil de la région, Ahmed Akhchichine, a émis le vœu de voir cette rencontre régionale donner lieu à un débat constructif sur les moyens d’attirer les capitaux, d’améliorer le climat des affaires afin de favoriser une véritable compétitivité économique et un développement social inclusif, de promouvoir les conditions de vie de la population et de réaliser un développement régional durable, surtout que la région regorge d’énormes potentialités économiques, sociales et naturelles qui en font un pôle économique ouvert sur ses environnement africain, européen, méditerranéen et maghrébin.
Pour renforcer la confiance en les chambres de commerce, d’industrie et de services et stimuler les investissements, M. Akhchichine a appelé à l’amendement et à l’actualisation des lois en vigueur, dont le Code de commerce, à la création de plates-formes commerciales dans les grandes villes de la région et d’autres pour la valorisation des produits agricoles, et à la mise en place du schéma directeur dédié au commerce intérieur.
Dans la même veine, le président de la Fédération des Chambres de commerce, d’industrie et de services au Maroc, Omar Mourou, s’est dit convaincu que le partenariat stratégique avec le ministère de tutelle permettra d’opérer un changement profond dans la méthodologie de travail des chambres afin d’être au service des causes des professionnels et de l’économie nationale.
Il a fait constater qu’à l’instar d’autres secteurs, celui du commerce fait face à de véritables problématiques dues à l’absence d’une vision claire, à la multiplicité des intervenants et au cumul des dysfonctionnements d’ordre structurel, qui ont impacté négativement une grande partie des commerçants et des professionnels, estimant que les Assises nationales du commerce se veulent un moment de réflexion nécessaire pour établir des mesures et des normes à même de favoriser la convergence des efforts de tous afin d’ouvrir de nouveaux horizons prometteurs pour le système du commerce au Maroc.
Quant au président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la région de Marrakech-Safi, Mohamed Fadlam, il a affirmé que le secteur du commerce est marqué par la prédominance du commerce de proximité, notant que l’avenir de ce genre de commerce demeure tributaire des défis qui doivent être relevés et des contraintes qui doivent être surmontées.
Il a, en outre, mis l’accent sur la pertinence du thème choisi pour cette rencontre régionale, ce qui, a-t-il dit, reflète la place de choix dont jouit l’acteur économique et son rôle fondamental dans la réussite du processus du développement régional.
Les travaux de cette rencontre ont été marqués par la présentation des recommandations issues du colloque régional organisé récemment par la chambre de commerce, d’industrie et de services de Marrakech-Safi, auquel ont pris part plus de 250 participants représentant les différentes organisations professionnelles membres de ladite Chambre.
Auteur: Meriem IGASS
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