El Moudjahid : Cela fait 48 ans que l’Algérie a nationalisé ses hydrocarbures. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?
Hamou Touahria : Je tiens d’abord à rendre hommage à tous les travailleurs qui ont vécu l’évènement de la nationalisation des hydrocarbures, en 1971. Munis d’une volonté de fer, ils étaient sur site pendant 15 jours sans rentrer à leur base de vie, transformant les différents écueils en une victoire. Permettez-moi également de m’incliner à la mémoire de nos frères qui sont décédés. En 2019, soit près d’un demi-siècle, la commémoration de cet évènement marquant se veut un message à la génération future, notamment les jeunes, sachant que Sonatrach, dans le cadre de sa stratégie de développement à l’horizon 2030, commence à rajeunir son personnel. Ce rafraîchissement touche également les filiales du groupe. Aujourd’hui, et pour poursuivre les efforts menés par nos aïeux, il est impératif que chacun apporte sa pierre pour assurer la pérennité de Sonatrach qui est la locomotive de l’économie nationale.

La fédération que vous dirigez a signé un pacte avec Sonatrach lié à la prise en charge des préoccupations des travailleurs. Quel est son apport ?
Le pacte de stabilité et de développement de Sonatrach est un important acquis des travailleurs et leurs ayants droit pour la prise en charge de leurs problèmes socio-professionnels. On veut que nos travailleurs exercent dans un environnement de sécurité optimale. Signé le 4 novembre dernier à Hassi Messaoud, entre le groupe Sonatrach et la Fédération nationale des travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie, sous le patronage de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), cet accord vient garantir la stabilité du travailleur, sa santé et celle de sa famille et des retraités, en plus de se charger des infrastructures.
Dans ce registre, je précise qu’il y a un fonds au niveau des œuvres sociales, lequel a signé une convention pour des soins médicaux au niveau de différentes structures de santé privées, conventionnées et implantées à travers le territoire national.
Le travailleur cotise à raison de 500 dinars le mois. Pour une première étape, environ 100.000 travailleurs et retraités ont commencé à cotiser. D’autre part, il est judicieux de préciser que même les retraités bénéficient de ce pacte. Pour les veuves, la prise en charge est totale, elles ne cotisent rien, elles et leurs enfants. Aujourd’hui, nos efforts sont orientés vers la généralisation du tiers-payant au niveau de toutes les filiales. Cet accord assure également le respect des normes et des lois économiques et sociales au sein des filiales du groupe, et vise l’amélioration des conditions de travail en permanence, ainsi que la préservation du pouvoir d’achat et de la santé et de la sécurité des travailleurs. Inspiré de la base, ce pacte vise à mobiliser les travailleurs pour améliorer la productivité et la qualité, renforcer le pouvoir de concurrence et contribuer à la stabilité sociale en adoptant le dialogue, la consultation et l’arbitrage.

Quelles sont vos priorités dans le cadre du nouveau modèle économique de croissance ?
Notre objectif principal est d’assurer la stabilité du climat social au niveau du secteur, par le dialogue et prendre en charge les revendications socioprofessionnelles d’une manière civilisée. D’autre part, on veille à la formation de nos ingénieurs et techniciens. Uniquement pour les détenteurs du bac+3, ils sont entre 11.000 à 12.000. Et les ingénieurs constituent 40% de l’ensemble des cadres. L’objectif est de s’adapter aux exigences de la mondialisation, et, au final, être à la page quant à l’international.
Propos recueillis par  Fouad Irnatene
 

Auteur: elmoudjahid
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