«Je ne suis pas chargé de présider la conférence nationale inclusive, et je n’ai aucun rôle à jouer pour trouver une solution à la crise actuelle», a indiqué l’ancien diplomate, M. Lakhdar Brahimi.
Dans une lettre publiée à l’attention de l’opinion publique, M. Brahimi qui a voulu donner sa version des faits à ce sujet, a «formellement démenti» les allégations à propos de son rôle dans la conférence nationale suggérée, dans la feuille de route du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Une conférence, inclusive, indépendante où la participation de tous les partis, organisations de la société civile est souhaitée pour des objectifs traitant notamment d’une révision profonde de la constitution, la création d’une nouvelle instance de surveillances des élections qui doit fixer, également, la date de la prochaine élection présidentielle.
Dans son message, l’ancien ministre des Affaires étrangères a indiqué qu’«au pays, comme à l’étranger, on continue à dire et à écrire que l’on m’a offert la position de président de la conférence nationale proposée pour favoriser une sortie de la crise. On continue même d’écrire que je tiens actuellement ce rôle, alors que cela est totalement faux».
Poursuivant ses propos, il a clairement précisé que «jai dit publiquement et je le redis ici, que ce n’est pas vrai : on ne m’a jamais proposé ce poste ; pas plus qu’on ne m’a proposé à aucun instant le moindre rôle officiel ou officieux». Concernant la situation dans le pays, M. Brahimi a relevé que «celle-ci n’est pas celle où une seule partie peut unilatéralement choisir le président d’une telle conférence», ajoutant que «si et quand cette conférence deviendrait réalité, ce serait à l’évidence, aux différents groupes qui en feraient partie de s’entendre pour choisir le président de la conférence ou plus probablement le présidium qui piloterait ses travaux ».
Selon le diplomate, «l’Algérie vit des journées et des semaines pleines de promesses, mais aussi de craintes et de dangers», ajoutant que chacun essaie de suivre ce qui se passe chez nous, de là où il/elle se trouve.
«Certains essaient de peser sur les événements : ceci est parfaitement légitime lorsqu’il s’agit d’Algériennes ou d’Algériens. Ça ne l’est pas du tout pour celles et ceux qui ne le sont pas», a souligné M. Brahimi.
Evoquant par ailleurs ses récentes déclarations prônant le dialogue entre le pouvoir et le mouvement de contestation pour aboutir au changement réclamé par le peuple, M. Brahimi a mis en avant toute l’importance de s’assoir autour d’une même table et de déclarer : «Très bien, laissez-nous partir mais organisons le départ. On ne va pas mettre la clé sous le paillasson et partir ! En Irak, ils sont partis tous. Mais regardez ce qui est arrivé à l’Irak ».
Partant de là, M. Lakhdar Brahimi a tenu à expliquer le fait que, s’il a fait cette déclaration, c’est parce qu’il s’agit là, d’une manière de clarifier davantage sa position lorsqu’il a cité le cas de l’Irak, et qu’il n’était nullement question de vouloir «faire peur» aux contestataires.
Il précise, à ce sujet, qu’«il faut avoir conscience des dangers qui existent : parler de l’Irak ou de la Syrie, ce n’est pas essayer de dire à la population ne bougez plus. On leur dit avancez les yeux ouverts !», a-t-il insisté, estimant «compréhensible» la «position de la rue».
M. Brahimi a, dans son message, tenu également à apporter des précisions sur les dernières rencontres à caractère «informel» qui ont eu lieu à Alger avec les représentants des politiques, de l’État comme de l’opposition, et des membres de la société civile.
Il a, dans ce contexte, indiqué : «Faut-il désormais être mandaté par qui que ce soit pour parler à des compatriotes de la situation dans notre pays ? Je suis certain que les observateurs et les commentateurs objectifs tiendront compte de cette mise au point, à l’avenir. Les autres, je suppose, continueront à raconter ce qu’ils veulent», a enfin précisé l’ancien diplomate.
Kamélia Hadjib
Auteur: elmoudjahid
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