Le secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND) estime que les élections présidentielles sont la seule et unique issue à la crise actuelle que traverse l’Algérie et appelle tous les acteurs politiques à jouer leur rôle «historique» pour transformer les rêves du peuple algérien en réalité «palpable».
S’exprimant, hier, devant les médias, à l’occasion de la tenue de la conférence nationale du parti, Azzedine Mihoubi affirme qu’un dialogue «sérieux» et «inclusif» est désormais «inévitable» et non pas «facultatif», afin d’éviter au pays beaucoup de problèmes à l’avenir. «Le chef de l’Etat ne peut pas résoudre tous les problèmes du pays, d’où la nécessité d’élire un président légitime afin qu’il puisse prendre en charge les revendications du peuple», a-t-il souligné
Pour Azzedine Mihoubi, quatre points ne doivent pas être l’objet de débat actuellement. Il s’agit de la Constitution, les décisions de justice, l’institution militaire et les constantes de la nation. Il s’arrête aussi sur les nombreuses initiatives politiques lancées dans le cadre de la recherche d’une solution à la crise politique, les qualifiant de «sincères», celles-ci n’en portant pas moins les germes de leur échec en raison, a-t-il argué, de l’exclusion qui caractérise leur «mode opératoire», «l’absence» de mécanismes d’application et le « défaut» d’une vision d’avenir «claire».
Il appuie son observation sur l’exclusion qui marque ces initiatives et note que la fraction nationaliste qui est actuellement majoritaire dans les assemblées élues est absente.
Parlant de l’avenir du RND, il rejette son élimination de la scène politique et dénonce ce qu’il qualifie d’appel à l’exclusion, allusion faite aux slogans du Hirak qui appellent à la dissolution des partis de l’ex-coalition présidentielle. Des appels qu’il qualifie de «populistes» et de «démagogiques», rappelant que le RND était lui-même «victime» lors des précédentes élections. Puis de conclure que «le seul arbitre reste le peuple qui choisira le parti auquel il accordera sa confiance».
Selon Azzedine Mihoubi, les jeunes du RND ont participé au mouvement populaire depuis le début, ajoutant que le parti travaille avec une vision afin de «déterminer» les circonstances actuelles, mettant en avant la nécessité de «reconstruire» le parti sur des bases «nouvelles» permettant aux compétences de sa composante, notamment les jeunes, de prendre part à un déploiement futur «plus large».
Dans un autre contexte, le SG par intérim du RND a indiqué que le peuple aspire à aller vers une nouvelle République et assure que les revendications du Hirak ne sont plus cryptées, mais sont désormais «honnêtes». À ce propos, il évoquera une nouvelle initiative de son parti intitulé «Changement républicain» pour, explique-t-il, concrétiser les attentes des Algériens. «Après 30 ans de transition démocratique, c’est aujourd’hui le moment historique pour passer à la phase de changement républicain», a considéré Mihoubi sans donner plus de détails au sujet de cette nouvelle initiative.
Abordant par ailleurs la commission de dialogue et de médiation dirigée par l’ancien président de l’APN, Karim Younes, l’ancien ministre de la Culture reconnaît qu’elle subit des «pressions» tout en lui reprochant implicitement une forme de partialité, raison pour laquelle il lui recommande d’être à «égale distance» avec toutes les obédiences politiques et de n’avoir pour «seul objectif» que l’organisation de l’élection présidentielle dans les meilleurs délais.
Interrogé sur l’incarcération de dizaines d’ex-hauts responsables, il estime qu’il faut laisser la justice «faire son travail», tout en précisant que le politique doit se tracer une «ligne rouge» quand la justice commence à faire son travail et «c’est ce que nous faisons au RND».
Salima Ettouahria
 

Auteur: elmoudjahid
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