«L’industrie algérienne sous toutes ses formes, qui a conduit au développement et à la diversification de l’économie nationale, ces dernières années, est le fruit de la stabilité politique et sécuritaire que connaît le pays», a affirmé, hier, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, lors de son passage au forum du quotidien arabophone Echaâb.
Le ministre s’est dit très satisfait des progrès enregistrés par le secteur de l’industrie, soulignant que «toutes les réalisations dans le secteur de l’industrie ont pu voir le jour grâce à la politique du Président de la République, qui a engendré une amélioration sensible du climat des affaires».
La politique de diversification amorcée par le Premier magistrat du pays a fait que l’Algérie opte pour la diversification de son économie pour sortir de la dépendance quasi totale des hydrocarbures par la promotion d’autres filières disposant d’atouts compétitifs.
Le ministère de l’Industrie a décidé que tous ceux qui ont bénéficié du foncier industriel et n’ont pas réalisé leurs projets se verront retirer la parcelle inexploitée ou si elle a été détournée pour d’autres activités, a affirmé M. Yousfi, visiblement décidé à en finir avec les industriels «non sérieux». Il avouera cependant que le foncier industriel fait actuellement l’objet de spéculations intenses qui entravent considérablement l’investissement.
Il précisera que toute assiette foncière industrielle attribuée dans le cadre de la concession et non exploitée «sera récupérée par les services de wilaya qui l’attribueront aux véritables investisseurs capables de concrétiser des projets fiables et de contribuer à l’essor de l’économie».
Dans le même contexte, il expliquera qu’aujourd’hui «il existe 50 zones industrielles réparties sur 39 wilayas d’une valeur de 300 milliards de dinars». Des zones industrielles «dont la gestion de 43 d’entre-elles a été confiée aux walis». Pour ce qui est des assiettes foncières non exploitées au bout de trois ans par l’investisseur, ce dernier est appelé à payer une taxe de 5% de la valeur financière de l’assiette foncière.
Pour permettre à l’Etat de récupérer le foncier industriel sans recourir à la justice, expliquera le ministre, «un projet de loi sera adopté dans la prochaine loi de finances». Il ajoutera que «les investisseurs seront dans l’obligation d’exploiter leurs assiettes foncières en mettant sur pied des projets industriels en bonne et due forme, participant ainsi à la création de richesses et de l’emploi».
A propos de l’industrie automobile, sujet le plus évoqué par les médias, le ministre expliquera que «l’atteinte des objectifs tracés reste un but à long terme» et qu’il ne faut pas espérer voir émerger une véritable industrie automobile dans un horizon proche.
«Je l’ai dit et je le redis, il faut qu’il y ait une transparence totale en ce qui concerne les prix, et nous sommes toujours dans notre politique de développement de l’industrie automobile», a-t-il déclaré.
Il précisera que cet objectif n’est pas impossible à atteindre, à condition de multiplier par 100, le nombre de sous-traitants.
Evoquant le tissu de sous-traitants automobiles il dira que «le nombre actuel de sous-traitants est de 100 entreprises et il faut augmenter progressivement le taux d’intégration nationale qui, au fur à mesure, doit se traduire par une baisse graduelle des prix des véhicules».
Sur un autre registre, celui de la règle 51/49 relative à l’investissement étranger, le ministre a exprimé la possibilité de la revoir, soulignant que «celle-ci peut être revue dans le fond, si bien évidement l’intérêt de l’Algérie le dictait, mais pour le moment rien n’est programmé dans ce sens».
Néanmoins, la règle 51/49 a souvent été «contournée, mais cela n’a nullement découragé les investisseurs». En d’autres termes, le principe de la règle 51/49% régissant l’investissement étranger avec un partenaire local est maintenu, mais son aménagement interviendra dans le cas de l’intérêt de l’Algérie.
Investissement industriel : un atout prometteur
Pour ce qui est des chiffres et de l’investissement industriel l’année dernière, le ministre a précisé que «l’industrie sidérurgique, métallique, mécanique et électrique apportent près de 300 milliards/DA, l’agro-alimentaire 240 milliards/DA. Pour ce qui est de la filière chimie et plastique, elle assure 230 milliards/DA», précise le ministre.
Faisant le bilan du secteur, il soulignera que ses services ont enregistré pas moins de 1,1 million de petites et moyennes entreprises (PME) dans le pays, 60%, sont des personnes morales, et 40% représentent les professions libérales et des activités artisanale.
Il a ajouté que 2,7 millions de personnes travaillent dans les PME, durant le premier semestre de l’année écoulée, les services du ministère ont cependant constaté une diminution de ces PME.
Au volet des exportations, le conférencier indiquera que le secteur agroalimentaire est le deuxième pôle créateur de richesse après les hydrocarbures, «23.000 entreprises activant dans le domaine agroalimentaire assurent 156.000 emplois et l’Algérie a exporté pour 370 millions de dinars en 2018, contre 261 en 2017.»
Au cours de la même année, la filière sidérurgie a produit 4 millions de tonnes d’acier contre 3 millions en 2017, et 2,5 millions en 2016, «nos ambitions visent à atteindre les 12 millions de tonnes en 2021-2022», a-t-il indiqué.
Questionné sur la possibilité d’exportations d’acier, M. Yousfi indiquera que l’Algérie a déjà exporté ce matériau vers plusieurs pays pour l’équivalent de 67 millions de dollars, dont 60 millions de dollars engrangés par le seul complexe d’El Hadjar malgré les difficultés qu’a connues ce complexe». «Actuellement nous avons 6 producteurs d’acier et 10 projets sont en cours de réalisation», a enfin fait savoir Youcef Yousfi.
Mohamed Mendaci
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Auteur: elmoudjahid