Pas de mesure d’apaisement. Le dispositif sécuritaire a été maintenu malgré les promesses de son allégement du chef de l’Etat.
Aux accès à la capitale et au centre-ville, la présence policière était très imposante à l’occasion du 23e vendredi du mouvement populaire. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des embouteillages sur l’autoroute de l’Est (Alger) et à l’entrée du tunnel de Lakhdaria. Exception : le tramway et le métro sont restés fonctionnels une partie de la matinée, avant que les stations soient fermées.
«Zéro apaisement dans la rue, le dispositif de police est le même, il est même encore plus avancé que la semaine dernière et continue à étrangler le passage entre la place Audin et la Grande-Poste, c’est-à-dire que toute la rue Khettabi est encombrée de véhicules de police.
Le tunnel des Facultés l’est aussi et les policiers ne laissent personne s’attarder dans les parages», détaille Akram Kharief, journaliste, dans un post sur son mur Facebook. Les véhicules de la police ont été mobilisés le long des boulevards importants investis par les manifestants. La présence policière est toujours aussi importante sur les places fortes de la contestation : 1er Mai, Grande-Poste, Maurice Audin.
Les policiers antiémeute ont vu leurs effectifs renforcés. La trémie de Maurétania (Alger-Centre) reste fermée : des camions en obstruaient les deux entrées. Les milliers de marcheurs venant du quartier Belouizdad sont empêchés de poursuivre leur chemin pour accéder au boulevard Amirouche.
Le panel pas entendu
La police n’a pas procédé à d’importantes interpellations, mais des incidents sont signalés. «Je comprends que la police procède à des interpellations, je ne comprends pas le sadisme avec lequel ce policier frappe discrètement le manifestant, pourtant neutralisé. J’espère que la DGSN va prendre des mesures pour qu’il n’y ait plus de violence gratuite et sadique contre des citoyens», s’indigne Akram Kharief, précisant, image à l’appui sur sa page Facebook, que «l’homme a été arrêté avec un dessin mais les policiers n’ont même pas pris le temps de vérifier ce qui y était inscrit avant de l’embarquer». La police maintient sa pression sur les porteurs du drapeau amazigh.
Un manifestant, qui a brandi cet emblème à la rue Didouche, a été violemment interpellé. N’était l’intervention des marcheurs, il aurait été embarqué, comme le montrent des images. TSA signale, dans sa chronologie de la journée, que des emblèmes ont été déployés par certains manifestants, notamment parmi la foule dans laquelle se trouvaient le président du RCD, Mohcine Belabbas, et le député Athmane Mazouz. L’allégement du dispositif policier a été l’une des mesures réclamées par le panel des négociateurs reçus par le chef de l’Etat. Karim Younès, membre de cette commission, a annoncé, dans un post sur sa page Facebook, que les membres de la commission ont demandé, comme premières mesures, «à l’unanimité et avec force, avant toute entame de la médiation», le respect du caractère pacifique des manifestations par les forces de l’ordre ; la cessation des actes de violence et d’agression à l’encontre des manifestants pacifiques du hirak et des étudiants, l’allégement du dispositif policier, notamment dans la capitale, lors des marches hebdomadaires, l’ouverture de tous les accès à la capitale les jours de marche.
Bensalah, qui a reçu le panel, a fait part de sa «disponibilité» à prendre des mesures d’accompagnement et d’apaisement en réaction aux préoccupations soulevées par le panel, a indiqué un communiqué de la présidence de la République.
Bensalah a fait état de sa disponibilité à œuvrer pour inviter la justice à examiner la possibilité d’élargissement des personnes dont l’interpellation s’est faite en lien avec le déroulement des marches populaires, à envisager l’allégement du dispositif mis en place par les services de sécurité pour garantir la liberté de circulation, dès lors que cet allégement ne porte pas préjudice à l’impératif de préserver l’ordre public, et la protection des personnes et des biens lors des marches populaires. Hier, aucune de ces promesses n’a été concrétisée : les autorités continuent de fermer la capitale et maintenir le même dispositif répressif.
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Auteur: Hicham Chouadria
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