Ça y est ! Ils sont à bout. Passé l’euphorie des premières semaines de ces vacances impromptues, les écoliers veulent reprendre le chemin de l’école. Après une overdose de jeux vidéo, PlayStation, puzzles, séries télé et autres loisirs, ils réclament un retour à la « normale ». Ces potaches n’en peuvent plus de ces longues journées sans classe, sans leurs camarades et sans profs !
Au mois de mars dernier, quand ils ont appris qu’ils ne retourneront pas à l’école à la fin des vacances de printemps, ils se sont réjouis d’avoir une rallonge providentielle pour s’amuser, se reposer, sortir. Cela devait durer quelques petites semaines à peine. Mais devant la virulence du Covid-19, les établissements scolaires ont gardé leurs portes closes. L’été est passé, l’automne s’est installé mais la cloche n’a pas sonné. Cartables et tabliers sont restés au placard.
Une situation inédite dans la vie de tous ces écoliers, collégiens et lycéens dont le moral commence à flancher tout autant que celui de leurs parents qui se demandent à quelle date leurs enfants vont enfin pouvoir se replonger dans leurs livres et cahiers.
Basta la maison !
Des vacances, ils en ont eu plus que de raison. Après 7 mois à la maison, les potaches ont hâte de franchir à nouveau le seuil de leur établissement.
Manil, 10 ans, est très mature pour son âge. « Cette année, je passe l’examen de la 5e pour aller au collège, dit-il. Je n’en peux plus de rester à la maison. Mes parents ont repris le travail et je suis confiné entre quatre murs avec ma sœur et mon frère. On est les uns sur les autres à se chamailler à longueur de journée. Je ne pensais pas dire cela un jour, mais l’ambiance de l’école me manque. Mes camarades de classe et nos petites bêtises rigolotes aussi ».
La peur de voir leurs enfants décrocher complètement et se désintéresser de leurs études hante de nombreux parents. Certains avouent avoir tenté, dès le début du confinement, de faire travailler leurs enfants sans grand succès. « Mis à part un peu de lecture, mes enfants refusent de faire des révisions, nous confie Badia, 32 ans. Cela fait 7 mois qu’ils ne sont pas retournés en classe et la coupure se ressent. Hier, je leur ai fait une dictée. J’étais choquée par le nombre de fautes que j’ai dû corriger. Et puis, à force de tourner en rond, à ne rien faire mis à part regarder la télévision ou faire des jeux sur l’ordinateur, je sens qu’ils s’abrutissent. Je suis impuissante à gérer cette situation. J’ai hâte que la rentrée scolaire soit enfin annoncée. »
Peur de la déperdition scolaire
Pas évident de se substituer à un instituteur ou à une institutrice lorsqu’on est parent. « Quand j’essaye de faire réviser ma fille, nous dit Réda, 40 ans, je perds rapidement patience. Après ces longs mois sans classe, nous nous sommes organisés, avec d’autres parents, pour confier nos enfants à des enseignants, dans la cité où nous habitons. Ils prennent des cours en petits groupes. Cela leur permet de se replonger dans le bain des études avant la rentrée. Il y a des élèves qui risquent de décrocher complètement à cause de cette pandémie. Les parents doivent rester extrêmement vigilants. »
Kenza, 14 ans, collégienne, ronge son frein en attendant la reprise « La vie scolaire donnait un rythme à notre vie. Il y avait les cours, le sport le mardi après-midi, les révisions entre copines à l’approche des compositions, les fous rires, l’amitié. Et là, plus rien ! Le confinement nous a coupés de tout. En ce moment, les journées sont monotones. Cela fait plus de six mois que je suis en vacances et je n’arrive pas à programmer des révisions. Je n’ai aucune motivation ! Mes profs me manquent, mes camarades aussi. Je me sens complètement déboussolée tellement cette déscolarisation pour cause de coronavirus me semble étrange. J’envie les enfants qui ont repris les cours dans d’autres pays. Et je m’inquiète aussi du retard que nous allons accuser dans le programme .»
Enseignement à distance
La reprise des cours a pu s’effectuer à distance, début septembre, pour les enfants scolarisés au LIAD (Lycée international Alexandre-Dumas).
«C’est un jour de cours en présentiel et un autre par visioconférence à domicile», nous informe Hanane, 45 ans, dont la fille est scolarisée dans cet établissement. D’autres enfants inscrits dans des écoles privées ont également repris les cours à distance, comme nous le confirme Nazim, 43 ans. «Mes enfants au collège suivent les cours de leurs enseignants sur internet mais ils se plaignent de ne pas être aussi concentrés que s’ils étaient en classe, tranche-t-il. Personnellement, je suis plus pour cette méthode. Tant que des garanties sanitaires ne sont pas disponibles, l’enseignement à distance est recommandé».
En attendant de reprendre le chemin de l’école et de retrouver l’ambiance des franches camaraderies chère à tous les élèves, parents et enfants lorgnent vers les pouvoirs publics, seuls habilités à décider d’une reprise, dans le respect des mesures sanitaires exigées par cette pandémie sans précédent.
Soraya Naili
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