Un marché d’une valeur estimée entre 120 et 140 milliards de dinars.Pourtant, la part de marché des entreprises nationales ne dépasse pas les 10% en termes de valeur.
Cet état des lieux a été dressé, hier, par des professionnels lors d’une conférence de presse organisée par l’Association nationale des commerçants et des artisans (Anca) au niveau de son siège à Alger (Saïd Hamdine).
Intervenant à cette occasion, le président de l’ANCA, M. El-Hadj Tahar Boulenouar, a souligné la nécessité de réorganiser le secteur de la chaussure en Algérie et d’encourager la production nationale. «Nous avons les capacités et le savoir-faire nécessaire pour couvrir le besoin national en qualité et en quantité et satisfaire la demande du citoyen dans le domaine», a noté M. Boulenouar. Il fera savoir, dans ce contexte, qu’une correspondance sera adressée au courant de la semaine prochaine, au ministre du Commerce et au ministre de l’Industrie pour plaider à la réorganisation du secteur.
Le président de l’ANCA estime qu’il est temps d’organiser ce secteur et de prendre en charge les problèmes auxquels font face les quelque 35.000 fabricants à travers le territoire national essentiellement à Médéa, Oran, Alger, Blida, Boumerdès et Tlemcen.
Il s’agit pour la majorité d’entre eux, de petits ateliers à faible rendement. «La production de ces derniers reste modeste eu égard aux nombreuses difficultés enregistrées sur le terrain», affirme M. Boulenouar.
Citant quelques exemples, il évoquera les lourdes charges soumises aux fabricants de la chaussure qui, selon ses termes, entravent le développement de l’activité en Algérie.
«Notre pays possède des capacités et des potentiels qui sont à même d’encourager la production nationale dans divers domaines pour satisfaire les besoins nationaux et aller vers l’exportation», a noté le conférencier. Il a, dans le sillage, indiqué que la promotion de la production nationale dans le secteur de la chaussure pourra contribuer à la réduction, de manière sensible, de la facture des importations et la création de pas moins de 100.000 postes d’emplois.
Pour ce faire, M. Boulenouar a émis un certain nombre de propositions pour relancer le secteur de la chaussure qui a connu par le passé un véritable essor. Il suggère, dans ce sillage, la révision du système fiscale qui, selon lui, n’encourage ni la production ni l’exportation. Le président de l’ANCA a proposé la réduction des charges et les impôts imposés sur les fabricants de chaussures localement et d’augmenter les taxes sur les produits d’importations.
Entre 800 à 900 ateliers produisent de manière occasionnelle
Il plaide, également, pour la création de zones industrielles spécialisée dans la confection des chaussures pour promouvoir le secteur, tout en mettant en relief la nécessité de faire connaître le produit local. A ce sujet, l’intervenant a relevé l’importance de l’organisation de foires spécialisées dans la chaussure pour faire connaître aux investisseurs le savoir-faire de nos fabricants.
«Le produit algérien n’est pas suffisamment connu, par absence d’une véritable politique de marketing», a révélé M. Boulenouar qui précise que l’organisation de foires spécialisées captera davantage les investisseurs.
Le président de la commission chaussure à l’ANCA, Mustapha Kamel Ben Amar, a, pour sa part, évoqué les multiples contraintes auxquelles font face les fabricants de ce produit, à commencer par la concurrence déloyale que les producteurs subissent de la part de l’importation.
«Cette situation a poussé plusieurs gérants d’ateliers de confection de chaussures à baisser le rideau par manque de rentabilité», a expliqué M. Ben Amar qui a précisé que 80% des ateliers ont été contraints de fermer leurs portes.
Il dira que sur les 3.500 fabricants spécialisés dans la chaussure à l’échelle nationale, entre 800 à 900 produisent de manière occasionnelle.
Parmi les contraintes rencontrées, le président de la commission chaussure à l’ANCA évoque la question de la matière première. «La taxe sur la matière première peut atteindre les 600 dinars pour la paire de chaussures», a-t-il fait savoir, précisant que l’Algérie dispose de près de 25 millions de têtes d’ovins et que 4 millions de moutons sont sacrifiés le jour de l’Aïd qui génèrent une énorme quantité de peaux et de laine, dont 80% ne sont pas exploités, alors que cela devrait être le cas, pour amortir la facture d’importation des cuirs et peaux».
M. Ben Amar a, quant à lui, suggéré la création d’une banque spécialisée pour le financement des PME et PMI, tout en relevant la nécessité d’octroyer des facilitations aux producteurs, notamment en ce qui concerne l’importation des matières premières et plaide pour l’émergence de meilleures conditions pour encourager la production nationale.
Kamélia Hadjib
Auteur: elmoudjahid
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