Les étudiants ont réitéré, lors de leur marche hebdomadaire, leur attachement à leur revendication exigeant le départ des symboles de l’ancien système et la restitution du pouvoir au peuple.

Après avoir entonné l’hymne national, les étudiants ont entamé leur 24e marche, hier, à partir de la place des Martyrs pour gagner l’esplanade de la Grande-Poste, en passant par la place Emir-Abdelkader de la rue Larbi-Ben-M’hidi.
En effet, dès 10h, ils se sont rassemblés sous un soleil de plomb, ce qui n’a pas atténué leur volonté d’aller de l’avant. Vers 11h, les étudiants sont arrivés à la rue Larbi- Ben-M’hidi. A chaque halte, ils scandent des slogans hostiles au pouvoir en place. « Le peuple veut l’indépendance » ou encore « Pas de dialogue », ont en effet longtemps fusé. En dépit de la chaleur, les étudiants ont répondu présents et réaffirmé encore une fois leur volonté de voir «partir le système».
«Nous sommes présents. Ce qui est remarquable lors de cette manifestation est cette forme de solidarité symbolique et intergénérationnelle », se félicitent-ils. Plusieurs personnes ont en effet rejoint le mouvement des étudiants et ont longuement scandé avec eux, entre autres, « Yetnahaw Gaâ » (Qu’ils partent tous), pour maintenir la pression en cette période de vacances universitaires. Pendant ce temps, les manifestants sont aspergés du haut des balcons pour les rafraîchir et les soutenir dans leur marche. C’était une belle image qui conforte on ne peut mieux la solidarité entre les Algériens. Très attentifs aux récents développements, les étudiants ont scandé «Justice indépendante, presse libre » et réclamé le départ du système.  «Nous refusons catégoriquement tout dialogue avec ceux qui ne cessent de tenter de contourner notre marche vers la liberté », nous affirme une étudiante qui insiste à ce que la presse s’abstienne de faire dans la « propagande » et la « désinformation ».
A quelques mètres de la place Emir-Abdelkader, la foule a hué un cameraman d’une télé privée qui tentait, en vain, de prendre quelques prises. « Le mépris n’a décidément plus de limite dans le discours des chaînes de télévision, il n’y a absolument aucun indice d’objectivité par rapport à notre colère légitime», s’emporte un étudiant qui brandit son drapeau face à la caméra, l’obligeant à quitter les lieux sous les sifflets des manifestants. Il a fallu l’intervention des autres journalistes et photographes présents pour calmer les esprits et éviter que la situation ne dégénère.
Le slogan « La désobéissance civile arrive » a fait son apparition lors de cette marche également comme levier pour maintenir la pression contre le système, et ce, au moment où les manifestants veulent opérer la « rupture réelle» avec tout ce qui symbolise le système.
Les étudiants expliquent que le refus du dialogue n’est pas catégorique, mais précisent que les conditions ne sont pas «encore favorables» à une délibération, du fait que les acteurs qui seront contactés sont ceux qui sont arrivés au Hirak à la dernière minute. «Il ne faut pas oublier que beaucoup d’acteurs politiques, qui veulent se repositionner en cette période, étaient toujours sur la scène avant et n’ont pas expliqué les raisons de leur prise de position par rapport à l’ancien système », nous explique Mohand. En somme, il faut dire que la 24e marche des étudiants a révélé l’existence de deux éléments qui devaient intéresser les observateurs : d’abord le maintien de la pression qui illustre que, malgré les vacances universitaires, le potentiel d’engagement des jeunes et universitaires « ne s’éteindra pas » et que les messages politiques de la révolution pacifique sont « légitimes ». L’autre élément est l’existence d’une « fracture » entre ceux qui tentent de diviser le mouvement populaire et ceux qui veulent resserrer les rangs.
Au milieu d’un dispositif sécuritaire intense, notamment aux avenues Larbi-Ben-M’hidi et Colonel Amirouche, les universitaires ont également réclamé, à travers les banderoles, la lutte contre la corruption et la bureaucratie et le jugement des corrompus et des dilapidateurs de fonds publics, réitérant leur détermination à poursuivre leurs marches jusqu’à la satisfaction de toutes les revendications.
Tahar Kaidi

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BEJAIA
Une république démocratique

Les étudiants de l’université Abderrahmane-Mira de Bejaia ont organisé hier leur traditionnelle marche  du mardi pour exiger le départ du système et l’instauration d’une République démocratique, selon les slogans portés par les manifestants. Cette marche à laquelle ont pris part le collectif des travailleurs et enseignants de l’université et des citoyens n’a pas connu la grande mobilisation des semaines précédentes, vu le départ en vacances des étudiants. Empruntant le parcours du campus de Targa-Ouzemour jusqu’à la plaine, les étudiants ont scandé des slogans pour le changement radical du système, pour une réforme de l’université et l’ouverture du champ d’expression. Brandissant des drapeaux, les étudiants de l’université de Bejaia se déclarent mobilisés à poursuivre leurs actions pour aboutir à la satisfaction de leurs revendications qui sont déjà exprimées lors des marches des vendredis. Après avoir parcouru l’axe université-place Mekbel, les manifestants se sont dispersés sous une chaleur suffocante, en espérant que leur message soit entendu par le pouvoir.
M. L.
 

Auteur: elmoudjahid
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