Des étudiants de différentes wilayas ont pris part hier à leur 22e marche pacifique hebdomadaire, pour appuyer les revendications du mouvement populaire exigeant, notamment le changement radical du système  et le départ de tous ses symboles.

Alger
Le pouvoir au peuple

Des dizaines d’étudiants ont réclamé hier lors d’une marche pacifique à Alger la «restitution du pouvoir au peuple», l’ouverture d’un «dialogue sérieux» avec les compétences nationales et l’instauration d’un Etat «fondé sur la justice et la compétence». S’ébranlant à partir de la Place des Martyrs, les étudiants ont parcouru la rue Larbi Ben M’hidi, l’Avenue Pasteur et le Boulevard Colonel Amirouche pour arriver à la Place Maurice-Audin, en scandant des slogans réclamant le départ du Gouvernement Bedoui et l’application de l’article 7 de la Constitution. Les étudiants ont réitéré leur rejet de l’organisation d’une élection présidentielle avant le départ de «tous les symboles du système», réclamant la constitution d’un «Gouvernement consensuel» composé de «compétences nationales». Comme lors de leurs précédentes marches, les étudiants ont entonné des chants patriotiques et brandi l’emblème national pour exprimer leur attachement à l’unité du peuple et du pays. Après une heure et demie de marche, les étudiants se sont dispersés dans le calme sans aucun incident.

Béjaia
Rupture radicale avec le système

Les étudiants de l’université de Bejaia sont de nouveau descendus dans la rue pour réclamer une rupture radicale avec le système de gouvernance et soutenir l’option d’une transition politique pour préparer l’avènement d’une nouvelle république. Malgré la chaleur et la démobilisation en rapport avec le début des vacances d’été, les étudiants étaient néanmoins plusieurs centaines à prendre part à cette manifestation hebdomadaire, qui a valu par une focalisation sur le départ des figures de proue du système. L’occasion a été également saisie pour dénoncer les réformes universitaires, ciblant la nouvelle option linguistique, notamment la généralisation de l’Anglais, jugée de «bricolage» et assimilée à une «diversion» pour atteindre la dynamique de revendication au sein de l’université. Les marcheurs ont sillonné plusieurs artères de la ville, allant du pôle de Targa Ouzemmour, à l’ouest jusqu’à la place de la liberté Said Mekbel, au centre-ville, en se déroulant dans des processions joyeuses et festives.

Oran
Instaurer un état démocratique 

Si la manifestation des étudiants, d’hier, était différente dans la forme, les revendications exprimées sont toujours les mêmes. Pour son 22e acte qui intervient à trois jours seulement du sacre africain remporté par la sélection nationale, la marche hebdomadaire des étudiants à Oran a «célébré» l’évènement à sa manière. En effet, de nombreux manifestantes et manifestants étaient vêtus du maillot des nouveaux champions d’Afrique, les autres arboraient le drapeau national.
Les pancartes et les affiches qu’on avait l’habitude de voir durant les semaines précédentes étaient quasi-absentes ou presque de la manifestation d’hier, contrairement aux revendications principales qui n’ont pas changé et qui se croisent toujours dans «le départ réel du système». En ce sens, les marcheurs ont scandé des slogans réclamant «le pouvoir au peuple», «le départ des représentants et symbole du système contre lequel le peuple s’est révolté » et « l’instauration d’un Etat démocratique ».
A l’instar des dernières semaines, les étudiants ont renouvelé les appels à l’unification des rangs des citoyens dans les quatre coins du pays et ont mis en garde contre les menaces de divisions nourries, selon eux, par des agissements incitant au régionalisme, à la haine et au racisme. Les étudiants qui étaient beaucoup moins nombreux hier comparé aux marches du mois de juin et les précédents, ont encore une fois appelé au respect des libertés et à l’instauration d’un Etat de droit et en exprimé leur détermination à « poursuivre le combat jusqu’à ce que les revendications du peuple portées par le mouvement du 22 février soient satisfaites.
A. S.
 

Auteur: elmoudjahid
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