Alger :
Poursuivre la lutte contre la corruption

Les étudiants ont réitéré, hier à Alger, lors de leur marche hebdomadaire, leur attachement à leurs revendications exigeant le départ des symboles de l’ancien système et la «restitution du pouvoir au peuple».  Moins nombreux par rapport aux précédentes marches, des dizaines d’étudiants ont manifesté de nouveau, comme tous les mardis, pour revendiquer le changement du système et le départ de ses symboles, en rejetant toutes formes de dialogue avec eux.  Entourés d’un dense dispositif sécuritaire, les étudiants ont démarré leur marche de la place des Martyrs et parcouru la rue Larbi Ben M’hidi, l’avenue Pasteur et le boulevard Colonel Amirouche pour arriver à la place Maurice Audin, en scandant des slogans réclamant l’application de l’article 7 de la Constitution, la poursuite en justice des têtes de la corruption et des responsables du détournement de l’argent public, et la mise en place des fondements de l’Etat de droit et de justice. Les étudiants ont réaffirmé leur détermination à maintenir la mobilisation jusqu’à l’aboutissement de toutes leurs revendications.  

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Oran
Rupture avec l’ancien système

En dépit de leur nombre réduit par rapport aux marches précédentes, expliqué par quelques manifestants par «la clôture de l’année universitaire et le départ d’un grand nombre d’étudiants en vacances» l’acte 23 du hirak a bien eu lieu. Mais cette fois, les manifestants se sont contentés de tenir un sit-in à la place 1er-Novembre (ex-place d’Armes) où la parole a été donnée aux participants à cette action pour s’exprimer sur la situation, mais surtout l’avenir du pays. Ainsi les étudiants ont tenu à marquer la position de leur mouvement à l’égard des derniers développements survenus sur la scène politique. A ce propos, des manifestants ont réitéré leur refus de toute forme de dialogue avec ce qu’ils considèrent comme «symboles du système», l’occasion pour certains d’entre eux, de relancer l’appel au départ de l’actuel gouvernement et son remplacement par une équipe de compétences de technocrates qui sera chargée de mener une période de transition. D’autres revendications qu’on peut qualifier comme constantes du mouvement du 22 février ont constitué l’essentiel des mots d’ordres du 23e mardi à leur tête «démocratie, justice indépendante, liberté d’opinion et d’expression».
Ils insistent aussi sur une rupture réelle avec l’ancien système. Ils se disent déterminés à aller jusqu’au bout de leur combat pour faire aboutir les objectifs de ce mouvement. Hier encore les étudiants ont revendiqué un Etat républicain et mis en garde contre «les tentatives de récupération susceptibles de faire dévier le hirak de son objectif et la menace d’une contre-révolution». A l’instar des semaines précédentes, les appels «à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution et «souveraineté et pouvoir au peuple» ont retenti, hier, sous le ciel d’Oran.
A. S.

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Annaba
Une Algérie libre et démocratique

Des étudiants de l’université Badji-Mokhtar ont organisé, hier, un regroupement sur le parvis du théâtre régional Azzedine-Medjoubi face au cours de la Révolution, réitérant les revendications du Hirak populaire du 22 février dernier qui se poursuit jusqu’à ce jour. Les étudiants, auxquels se sont joints d’autres citoyens, ont scandé à l’aide d’un haut-parleur des slogans hostiles au régime en place. Brandissant l’emblème national et des affiches sur lesquels on pouvait lire ‘‘Nous refusons tout dialogue et négociations», «Départ des symboles du système», tels sont les mots d’ordre repris par les manifestants réclamant l’instauration d’un Etat au service du peuple. Entonnant des slogans «Djazair Hora Démocratia», tout en critiquant la presse.
Les étudiants n’ont pas cessé de crier haut et fort : «Nous sommes déterminés à poursuivre notre mouvement jusqu’à la satisfaction de nos revendications légitimes». Le regroupement qui a débuté avant midi, s’est déroulé pacifiquement sous l’œil vigilant des services de sécurité.
B. G.

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BEJAIA
Pour un Etat de droit

Comme tous les mardis, les étudiants de l’université Abderrahmane-Mira de Bejaia ont organisé hier leur 23e marche pour exiger le départ du système en place et ses figurants, et ce depuis le première marche du 22 février dernier.
Ils étaient encore nombreux à battre le pavé sous une chaleur caniculaire en démarrant du campus de Targua Ouzemour jusqu’à la place Saïd-Mekbel en passant par la rue de la Liberté et le siège de la wilaya. Brandissant des pancartes au milieu des drapeaux, les étudiants exigent le départ du système pour instaurer une République de droit. Usant de leurs cordes vocales, les étudiants ont scandés «La chiwar, la hiwar Maa issaba», «Système dégage» et «le peuple est la seule source du pouvoir». Les manifestants ont exprimé leur crainte que les revendications soient ignorées. Plusieurs étudiants ont fustigé le panel de dialogue en déclarant : «Nous n’avons mandaté personne pour parler en notre nom, ces gens ont trahi le Hirak en s’imposant comme interlocuteurs. Nous sommes l’élite du pays, nous sommes capables de mener notre démarche seuls sans aucune représentation. Que ceux qui veulent parler au nom du Hirak descendent dans la rue, marchent à nos côtés et que ce soient des personnes qui n’ont jamais fait partie de l’ère de Bouteflika. Rien ne se fera sans nous», et de poursuivre : «Notre mobilisation est forte grâce ce mouvement populaire pacifique qui a pris de l’ampleur au fil des semaines. Tous les mardis et vendredis, nous marcherons jusqu’au départ sans condition du système et ses figures qui s’accrochent au pouvoir, mais surtout la libération des détenus. Nous avons devant nous une seule ligne, la construction d’un Etat de droit».  Ainsi, à travers cette marche, les étudiants de Bejaia sont déterminés à faire aboutir leurs revendications exprimées depuis cinq mois de mobilisation.
M. L.
 

Auteur: elmoudjahid
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