Le marché de la pâte alimentaire au Cameroun reste largement dominé par les importations. 80% de ces produits, aux marques diverses, proviennent de France, d’Italie, de Chine ou de Turquie etc….Pourtant, c’est avec assurance que les industriels camerounais du secteur brandissent la qualité supérieure de leurs produits comparativement aux productions concurrentes.
Dans une interview-vérité accordée il y’a quelques années à nos confrères de Mutations, Célestin Tawamba, alors président des conseils d’administration de La Pasta S.A et Panzani S.A, attribuait sans ménagement la responsabilité de la baisse de productivité locale en pâtes alimentaires au gouvernement camerounais : «…on n’est pas loin de fermer l’ensemble de nos entreprises dans le secteur des pâtes alimentaires. Le secteur est en sous-activité. Il tourne de 30 à 40% de sa capacité de production. C’est essentiellement dû aux importations», s’est indigné l’actuel Président du Gicam. Les résultats d’une étude de marché récemment publiée par PREZY, logisticien hongrois de présentation, indique clairement que les importations camerounaises de pâtes alimentaires ont atteint le pic de 204%. En 2019, les importations massives de pâtes alimentaires n’ont guère faibli: elles représentent en termes de volume 60 % de parts de marché, et 85% en termes de référence.
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L’option d’importation surabondante de la pâte alimentaire choisit par le gouvernement camerounais a provoqué l’abandon en 2010 par Célestin Tawamba, de son projet de création d’une semoulerie de blé dur. Projet de 20 milliards de FCFA. Sauf qu’entre industriels, négociateurs et courtiers du secteur, l’union sacrée affichée contre la concurrence étrangère s’effrite rapidement pour le contrôle des 20% de parts de marché réservés aux nationaux. Le dernier coup d’éclat provient du départ retentissant le 8 janvier 2019, d’Africa Food Manufacture, producteur et distributeur des pâtes alimentaires, du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), dont le président en exercice est par ailleurs président du conseil d’administration de La Pasta, leader du secteur, et concurrent d’AFM. Motif, AFM estime n’avoir pas bénéficié du soutien du groupement patronal au moment où la polémique enflait sur la fiabilité et la qualité de l’une de ses marques (Broli).
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On retiendra néanmoins qu’au-delà des tensions, les acteurs locaux se partagent un marché étroit de 20%. Il s’agit principalement des entreprises La Pasta, Africa Food Manufacture, Chococam, Société camerounaise des pâtes alimentaires etc….Le secteur des pâtes alimentaires, c’est environ 45.000 et 60.000 tonnes par an. D’après l’analyste hongrois PREZI, 8% du budget d’un ménage camerounais est consacré aux pâtes alimentaires dont le prix varie entre 300 FCFA à 650 FCFA.
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Auteur: Eco Matin
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