Après un début d’année profitable aux pays producteurs de pétrole, les cours de l’or noir  ont entamé une dynamique à la baisse depuis la dernière semaine du mois d’avril  — celui-ci ayant régressé de plus de 20% par rapport à son plus haut niveau enregistré au cours de ce mois —,  affectés par les craintes liées à l’évolution du marché. 

Le cours du WTI et celui du Brent ont en effet subi les conséquences de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis mais aussi les retombées des sanctions américaines à l’encontre du Venezuela et de l’Iran, et de la situation qui prévaut en Libye. Vendredi, les prix ont repris à 63,29 dollars, suscitant un vent d’optimisme chez les producteurs et les investisseurs. Une tendance haussière que les membres de l’Opep, notamment l’Arabie saoudite, souhaitent maintenir, contrairement à la Russie dont un baril à 60 dollars est considéré convenable. La récente rencontre à Saint-Pétersbourg des ministres de l’Energie de l’Arabie saoudite et de la Russie ont en effet mis en avant ces divergences qui risquent de peser sur la prochaine réunion de l’OPEP prévue à Vienne le 25 juin pour décider du maintien ou non de l’accord de janvier. Le ministre saoudien de l’Énergie, Khaled al-Faleh, a fait savoir, dans ce sens, que son pays souhaiterait la reconduction de l’accord d’encadrement de la production, entré en vigueur le 1er janvier 2019 pour une durée de six mois. Mais si le ministre saoudien de l’Energie s’est déclaré «sûr» que l’accord de réduction serait renouvelé, son homologue russe, M. Alexandre Novak, s’est montré par contre prudent, en affirmant qu’il aurait l’occasion de revoir M. Khaled Al Faleh avant la réunion de l’OPEP, a rapporté l’agence Bloomberg. «Nous nous sommes mis d’accord pour adopter des mesures communes et coordonnées que nous allons proposer aux autres pays signataires», a-t-il déclaré. Ce dernier a estimé qu’il était «nécessaire d’observer le marché avant de décider de renouveler ou de réduire les baisses de production», selon la même source. Dans le même contexte, le président russe, Vladimir Poutine, qui s’exprimait, jeudi dernier, en marge du forum de Saint-Pétersbourg, a admis l’existence de divergences entre Moscou et le cartel pétrolier sur le juste prix du pétrole, déclarant qu’un baril entre 60 à 65 dollars convenait à Moscou. Selon lui, la Russie et ses partenaires devaient prendre en considération certains facteurs, notamment la hausse de la demande durant l’été et la baisse des exportations de pays producteurs, comme l’Iran et le Venezuela, ainsi que les problèmes en Libye et au Nigeria. Néanmoins, il a fait savoir que la Russie continuera à coopérer avec l’OPEP dans le cadre du pacte liant les deux parties. Mais dans ce contexte tendu des cours de l’or noir, du fait, entre autres, des tensions commerciales sino-américaines, la marge de manœuvre du cartel semble plutôt limitée, selon certains observateurs du marché pétrolier.

D. Akila

Auteur: elmoudjahid
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