Des universitaires de plusieurs wilayas ont pris part hier à leur 21e marche pacifique hebdomadaire, pour appuyer les revendications du mouvement populaire exigeant, notamment, le changement radical du système et le départ de tous ses symboles.  

Dans la wilaya de Bejaia, des milliers d’étudiants ont de nouveau battu le pavé pour réclamer «un changement radical du système de gouvernance du pays». Des manifestants ont scandé, entre autres, «une période de transition avant d’aller à l’élection présidentielle». Moins imposante que les marches antérieures, cette manifestation a valu encore une fois par son caractère pacifique. Les manifestants ont mis en exergue leur volonté d’aller vers un Etat de droit et ses corollaires que sont «l’indépendance de la justice» et «la libération» des personnes incarcérées, notamment celles qui avaient brandi l’étendard culturel amazigh. Plusieurs carrés ont, pour leur part, reproduit, à cors et à cri, des slogans favorables à «l’institution d’un Etat civil» et au «départ des figures de proue du système politique actuel». Dans les wilayas du Centre, dont Tizi-Ouzou, Bouira et Boumerdès, les étudiants n’ont pas marché. Dans la localité de Haizer, à l’est de Bouira, des citoyens ont participé à une imposante marche pacifique pour réitérer les slogans du «Hirak» pour un changement radical du système.
 Les manifestants se sont rassemblés sur la place publique d’où ils ont entamé leur marche, sillonnant les artères de la ville pour rejoindre le siège de la daïra. Cette manifestation a été ponctuée par une grève générale des commerçants qui a paralysé la ville de Haizer. Hormis la wilaya d’Oran, aucune autre marche n’a été organisée par les étudiants des universités dans l’Ouest du pays, les étudiants étant soit en vacances ou, pour certains d’entre eux, en pleine période d’examens.
Dans l’Est du pays, la marche des étudiants s’est limitée à la wilaya de Constantine où une vingtaine d’étudiants et d’enseignants de l’université ont marché pour réitérer les revendications de changement des symboles du système. Les manifestants ont marché le long de l’avenue Abane-Ramdane, en passant devant le palais de la Culture Mohamed-Laïd-Al-Khalifa, puis l’avenue Belouizdad, clamant leur refus de dialoguer avec ceux ayant soutenu la candidature pour un 5e mandat du président démissionnaire. Les protestataires se sont dirigés ensuite vers la cour de justice, pour la première fois depuis le début des marches, pour revendiquer la libération des personnes interpellées lors des marches des vendredis.

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ALGER
Une justice libre et autonome

Des dizaines d’étudiants ont manifesté à nouveau, hier à Alger, en soutien au Hirak populaire qui se poursuit depuis le 22 février dernier, pour revendiquer le changement du système et le départ de ses symboles. Moins nombreux par rapport aux précédentes marches, les étudiants ont démarré leur marche de la place des Martyrs et sillonné les principales artères menant à la Grande Poste.
Pour certains étudiants, la raison de la baisse du nombre des participants à cette marche est «la fin de la saison universitaire et l’arrêt des services des œuvres universitaires, à l’instar du transport et de l’hébergement». Les manifestants, dont la plupart brandissaient le drapeau national, hissaient des banderoles appelant au départ de tous les symboles du système de Bouteflika et scandaient des slogans à l’instar de : «Pouvoir au peuple» et «Nous voulons une Algérie démocratique».  Les étudiants réclament la poursuite en justice des têtes de la corruption et des responsables du pillage de l’argent public, tout en exigeant une justice libre et autonome dans cette mission.
Le dispositif sécuritaire était moins important que les mardis précédents.

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Oran
Pour un changement reflétant l’esprit du 22 février

Pas de changement dans les revendications exprimées par les étudiants, hier, qui ont manifesté pour la 21e semaine consécutive. En effet, pratiquement les mêmes slogans ont été scandés par les manifestants qui réitèrent, chaque semaine, leur attachement aux revendications portées par le mouvement du 22 février depuis ses premières semaines et qui se résument dans le changement réel et radical du système et le départ de ses symboles. Les étudiants dont le nombre n’était pas aussi important que ceux des 19e et 18e actes ont exprimé, encore une fois, leur détermination à poursuivre leurs actions même pendant les vacances et jusqu’à ce que les objectifs du hirak aboutissent. Sur les affiches et pancartes déployées on pouvait, ainsi, lire «Notre Hirak va se poursuivre jusqu’à ce que les revendications du peuple soient satisfaites», «L’Algérie libre et démocratique» et «pouvoir au peuple» scandaient les manifestants. Ces messages étaient aussi repris par certaines pancartes «Application des articles 7 et 8», ont-ils écrit. Les étudiants ont appelé à la préservation de l’unité nationale et mis en garde contre des agissements qui, selon eux, exposent le peuple au risque de la division et de la fitna.
Ils ont réclamé aussi le respect des libertés consacrées constitutionnellement et à construire une deuxième république moderne dont les principes reflètent l’âme du mouvement de 22 février.
A. S.

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Annaba
« Nous serons là vendredi »

Des étudiants de l’université Badji-Mokhtar sont sortis hier, à Annaba, pour réitérer leurs revendications exprimées depuis le déclenchement du mouvement populaire du 22 février dernier. Comme à l’accoutumée, ils se sont regroupés sur le parvis du théâtre régional Azzedine-Medjoubi en face de l’esplanade du cours de la Révolution, une place emblématique du Hirak. Les contestataires, brandissant l’emblème national et entonnant des chants patriotiques, ont scandé des slogans hostiles à la presse. Refusons tout dialogue et discussions avec la bande, tels sont les mots d’ordre repris par les manifestants, réclamant un changement radical du système politique et l’instauration d’un Etat civil, non militaire au service du peuple.  Les étudiants n’ont pas cessé de crier haut et fort : «Nous sommes déterminés à poursuivre notre mouvement jusqu’à la satisfaction de nos revendications légitimes», se donnant rendez-vous pour vendredi et mardi prochains pour battre de nouveau le pavé avant de se disperser dans le calme.
B. G.

Auteur: elmoudjahid
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