ALGER
Construire des institutions stables

«La seule faucille, c’est le peuple». C’est l’un des slogans scandés par les manifestants  à Alger lors de ce 24e vendredi des manifestations contre le système qu’ils ne veulent pas voir «sauvé».

Dispositif de barrages filtrants de la Gendarmerie et de la police aux entrées d’Alger, mis en place très tôt le matin, Alger quadrillée, ruelles bloquées, dispositif sécuritaire renforcé et chaleur  torride d’un côté. De l’autre, des citoyens manifestant en brandissant des drapeaux et des banderoles pour dire et exprimer leur refus de toute concession visant à contourner «leur révolution» en marche. Les citoyens revendiquent la liberté et la démocratie. Nombreux slogans collent aux marches de vendredi tout comme celles des étudiants chaque mardi pour réaffirmer à chaque fois que c’est une «Tagrawla Tawezghit» (Révolution continue). Car pour contrecarrer la marche des dizaines de millions d’Algériens dignes vers la liberté, les manipulateurs font appel aux centaines de «mouches électroniques» pour faire propager les fausses nouvelles et fake news sur les réseaux sociaux. Le peuple exige la rupture avec tous les «symboles» du système, mais toujours conscients que la construction de l’Etat est irréalisable sans l’accompagnement des institutions solides et stables. «La classe dirigeante prédatrice et véreuse» a ruiné le pays, lit-on sur ces banderoles brandies du côté de la Fac centrale où les fourgons de police ont occupés les trottoirs des deux côtés de la rue, obligeant ainsi les manifestants à se regrouper pour prendre un itinéraire qui semble être dessiné à l’avance. Visiblement irrités par les interpellations qu’ils considèrent comme une forme de répression, les manifestants ont décrié le silence des médias notamment les chaînes télé offshore. Par leur obstination, les manifestants prouvent encore une fois qu’ils sont conscients et concernés par la stabilité de leur pays et la préservation du caractère pacifique des marches. Mais ils demandent aussi le respect de leurs droits inscrits dans la Constitution. Qui osera bafouer la Constitution, maintenant que tout le monde parle de «la solution constitutionnelle», s’interroge une manifestante. «Nous marchons et eux suivent et encerclent. Nous reprendrons toute la rue, toutes les rues», crie un groupe de jeunes manifestants. Peut-on parler d’une dichotomie entre le  «eux» et le «nous» ? Une dichotomie qui risque de polariser encore plus la sphère politique et l’espace public et qui risque d’élargir l’écart entre une population qui sort dans la rue depuis plus de six mois et «une classe politique sourde et un pouvoir «austère? » commente un analyste. Pacifiquement mais avec détermination, les Algériens ont marché partout hier, pour «libérer cette terre du Hirak» qui a ruiné son économie et pillé ses richesses.
Malgré les appels au dialogue comme seule alternative pour faire sortir le pays de ce blocage, des manifestants ont menacé pour la première fois à travers leurs chants «de recourir à la désobéissance civile».
Sur certaines affiches, d’autres appellent à ne pas relâcher la pression sur le pouvoir en place, et surtout de ne pas céder aux chantages de ceux qui veulent contrecarrer le mouvement. A souligner que la Constitution, dans son article 55 stipule que tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de choisir librement le lieu de sa résidence et de circuler sur le territoire national.
Tahar Kaidi

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Annaba
Algérie libre  et démocratique

La mobilisation populaire enclenchée depuis le 22 février dernier pour un changement radical  du régime en place n’a pas faibli à Annaba comme partout dans les grandes villes du pays. Hier marque le 24e vendredi consécutif de cette mobilisation populaire, des centaines de citoyens tous âges confondus se sont donné rendez-vous sur le Cours de la Révolution malgré la canicule. L’emblème national entre les mains, ils ont battu le pavé autour du Cours de la Révolution scandant des slogans appelant à un changement radical du système politique en place. «Non au dialogue, Dawla madania», «Rejet des élections sous la conduite du régime politique en place», «FLN et RND dégagez !», Djeich oua chaab khawa, Djazair hora démocratia» sont repris en chœur par les manifestants qui brandissaient des pancartes, affiches et banderoles réclamant l’application des articles 7et 8 de la Constitution consacrant la souveraineté du peuple. Au fur et à mesure que la chaleur baissait, d’autres marcheurs sont venus grossir les rangs des manifestants qui ont continué à scander les slogans et entonné l’hymne national et les chants patriotiques, montrant leur attachement à la patrie. Déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications pour le changement radical du système en place répondant aux aspirations du peuple algérien, les manifestants ont convenu de se rencontrer vendredi prochain pour faire entendre leurs voix.
B. G.

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SETIF
Attachement à l’unité

Sétif, il est 14 h 15, une impression de ville morte qui émerge en ce week end, sous la canicule sans précédent qui pèse sur les localités de cette wilaya.
Bien que réduit ces derniers temps à sa plus simple expression, le Hirak, lui n’abdique pas pour autant et continue comme par la tradition à investir cette place de la wilaya, sous l’œil avisé du service d’ordre impeccablement assuré par les services de police qui veillent au grain en dépit du fait que rien visiblement ne semble affecter le déroulement normal de ce premier vendredi du mois d’août.
Les centaines d’adeptes tout au plus d’adeptes du mouvement, bravant ainsi cette chaleur accablante ont pris le soin pour la grande majorité de se couvrir la tête et, pour ne pas faire exception à ces vendredis qui sont instaurés depuis le 22 février dernier, sont ainsi revenus sur les lieux pour faire état de leur présence et revendiquer comme depuis le début, le changement et l’instauration de réformes profondes pour l’édification d’une nouvelle République. «Nous n’abdiquerons pas et quelque soit le nombre de manifestants qui sera là, nous reviendront et nous  continuerons d’appeler au changement, de revendiquer aussi la place de la jeunesse sur l’espace des idées et de la décision. En Algérie plus de 60% de sa population sont des jeunes qui aiment leur pays et compétents ont des propositions à faire valoir» nous dit Salim un universitaire qui dit-il est présent, les mardis et les vendredis, lui et ses amis pour affirmer leur maturité à travers ce mouvement pacifique, envoyer un message au monde entier et certifier leur attachement à l’unité nationale, à la souveraineté de leur pays.
Sur ce plan enchaîne Redha parle de symboles forts : «L’image de ce Hirak en Algérie a impressionné le monde de par sa maturité mais aussi son caractère pacifique alors que l’unanimité était faite et le reste toujours autour de ce lien indéfectible entre le peuple et son institution militaire.»
Autant de valeurs que ces jeunes de la nouvelle Algérie auront choisi aussi pour dire à ceux là qui ne savent nager que dans les eaux troubles qu’ils ont fait la lecture de la décennie noire, qu’ils n’ont pas de leçons à recevoir de quiconque et qu’ils n’ont pas de pays de rechange.   
F. Zoghbi

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Oran
Dans le calme

Le mouvement du 22 février poursuit sa mobilisation sur le terrain pour la 24e semaine consécutive, appelant à la satisfaction de ses revendications qui se résument d’après les revendications exprimées par les manifestants dans «le changement réel du système et de ses pratiques».
Pour leur 24e acte, les marcheurs du vendredi ont brandi, hier, des cartons rouges pendant la durée de la marche, en signe de contestation et refus des solutions proposées à ce jour pour sortir de cette crise politique. A ce propos, l’initiative du panel conduite par le groupe des six, du dialogue peine à trouver un  des soutiens parmi les manifestants. Ceci s’est traduit, notamment par les nombreux slogans scandés hier par les marcheurs hostiles à ce panel et qui ont opposé un niet catégorique à la démarche qu’il propose dans les conditions actuelles. Les autres mots d’ordres n’étaient pas très différents des vendredis passés reconduisant ainsi, les mêmes revendications qui se croisent dans le départ du système et de ceux que les manifestants considèrent comme ses symboles, changement du régime, séparation des pouvoirs, construction d’un Etat démocratique, libre et moderne basé sur des valeurs de la justice sociale et l’égalité des citoyens sans distinction aucune «Khawa khwa ndirouha djemhouria» ont scandé les marcheurs.
Les slogans liés à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution sont toujours aussi présents dans les manifestations du vendredi depuis la démission de l’ex-président Abdelazziz Bouteflika et semblent s’imposer comme l’une des revendications constantes du mouvement. 
C’était vers 13h15 que les premiers manifestants ont commencé à affluer vers la place 1er Novembre ex-Place d’Armes. Moins d’une demi heure après, les manifestants ont commencé à marcher en empruntant le même itinéraire adopté depuis le début des marches et qui a comme lieu de départ, la place 1er novembre jusqu’au rond point du  siège de  la wilaya en passant par la rue Emir Abdelkader, rue Larbi Ben Mhidi et retour par le front de mer.
A. S.

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BEJAÏA
Pour une conférence  du dialogue

Les marches des vendredis du «Hirak» se poursuivent avec une mobilisation qui ne baisse pas et qui se maintient malgré la période des vacances, des congés, mais aussi  ces chaleurs suffocantes qui s’abattent sur la région, en plus des nombreux incendies de forêts qui ravagent les montagnes des communes de la wilaya de Bejaia.
Hier, la marche du 24e vendredi qui a débuté avec la sortie des fidèles de la mosquée el Kawther après la prière du vendredi a commencé devant la maison de la culture jusqu’au centre ville du chef lieu de wilaya de Bejaia. Venus de plusieurs localités de la wilaya, les manifestants ont réitéré leurs revendications pour le départ du système et ses figures et l’instauration d’une République démocratique basée sur une justice indépendante et des institutions légitimes et fortes qui répondent aux aspirations des populations qui se mobilisent depuis 6 mois a travers des marches pacifiques chaque vendredi, avec une mobilisation intacte regroupant toutes les couches de la société. Hier, la grande marche s’est déroulée sur le même itinéraire de la rue de la Liberté, le carrefour de la CNS, le siège de la wilaya et la place Saïd-Mekbel, où les manifestants ont déployé une immense banderole composée de 48 drapeaux algériens portant chacun le numéro et le nom des 48 wilayas du pays. Les pancartes brandis par les marcheurs portaient les inscriptions «Système dégage », «La volonté du peuple passera par l’élection d’une assemblée constituante souveraine» alors que d’autres scandaient «Pas de dialogue», «Peuple source du pouvoir ». La marche qui s’est déroulée dans une organisation parfaite était composé de personnes âgées, femmes, hommes, jeunes et enfants en bas âge qui tenaient des drapeaux dans leurs mains. Certains manifestants n’ont pas caché leur inquiétude quant a la solution réservée à ces marches, tant qu’aucune issue n’a été trouvée. A cet effet, un manifestant s’est dit très inquiet, en déclarant : «Chaque vendredi je prie Dieu lors de la prière d’épargner notre cher pays de la fitna. Nous avons perdu beaucoup de temps pour dégager une solution à cette situation qui perdure depuis 6 mois. Le “Hirak” et le pouvoir doivent aboutir à une solution rapide et radicale qui permettra au pays de retrouver sa légitimité dans ses institutions avec un président élu par le peuple et qui mettra en place tous les mécanismes pour le fonctionnement de l’état. Le mouvement populaire pacifique ne veut pas être représenté par des personnes qui ne vivent pas l’effervescence de la rue. Il faut que le «Hirak» désigne ses représentants à travers le pays et s’organise pour une conférence de dialogue car les jeunes qui manifestent ont toutes les capacités pour mener a bien cette démarche mais dans les plus bref délais», indiquent le manifestant.
M. L.

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Tizi-Ouzou
Des slogans habituels

La ville de Tizi-Ouzou a été hier encore une fois submergée par une assez importante foule de citoyens venus manifester contre l’ancien système politique et exiger le départ inconditionnel et immédiat de toutes ses principales figures.  Ils étaient plusieurs centaines de personnes, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, à manifester en ce 24e vendredi de la dynamique populaire pour le changement radical du système politique, et ce, en dépit des vacances et des fortes chaleurs qui y sévissaient à travers toute la wilaya.
Des slogans habituels de cette dynamique populaire ont été encore scandés à gorge déployée par les manifestants qui brandissaient des banderoles et pancartes sur lesquelles étaient transcrites les principales revendications du mouvement populaire pour un changement radical du régime et l’établissement d’un Etat démocratique basé sur le respect des droits, des libertés et de l’indépendance de la justice. Lors de cette énième marche populaire, les manifestants ont exprimé leur détermination à faire aboutir toutes les revendications du mouvement populaire se résumant en le changement radical et pacifique du système, le départ de tous ses tenants, l’établissement d’un Etat démocratique basé sur le respect du libre choix des citoyens de leurs représentants au sein des institutions élues de la République, des droits, des libertés et de l’indépendance de la justice.
Des slogans hostiles au panel du dialogue national ont également fusé dans la foule. D’autres mots d’ordres défavorables à l’actuel gouvernement mené par Nourredine Bédoui ont été également entendus lors de cette marche populaire qui s’est déroulée pacifiquement du début jusqu’à la fin. Comme les précédentes, la marche d’hier a débuté depuis le portail du campus universitaire Hasnaoua, nouvelle ville, pour sillonner les principales artères de la ville des Genêts et se disperser ensuite à hauteur du mémorial des martyrs de la wilaya de Tizi-Ouzou sis à l’entrée ouest du chef lieu de la commune éponyme.
Bel. Adrar

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Bordj-Bou-Arreridj
Le mouvement a baissé  d’intensité

Le Hirak a baissé en intensité dans la wilaya de Bordj-Bou-Arreridj. Le légendaire tifo qui faisait la particularité de la wilaya affublée du titre de capitale du mouvement de contestation a disparu.
Ce moyen d’expression qui permettait au mouvement de prendre position sur les questions d’actualités intéressant le pays était très suivi par l’opinion locale et nationale pour l’originalité des dessins ainsi que la pertinence des avis exprimés. Même le lieu de regroupement appelé à juste titre le «Palais du peuple» a été abandonné. Hier, il était désespérément vide. Seule la présence policière à l’extérieur des lieux rappelait son statut qui a fait de lui un haut lieu de résistance populaire à l’ancien régime.
Mais le Hirak s’est poursuivi quand même avec pour seule manifestation une marche qui a résisté à la chaleur et même à la défection de beaucoup de participants. En effet le nombre des marcheurs n’est plus aussi dense que celui des éditions précédentes. Seule la détermination est restée, une détermination pour un changement radical du système politique national et l’instauration d’un État de droit.
Les marcheurs ont sillonné les principales artères du chef lieu de wilaya à savoir le boulevard Houari-Boumediene et l’avenue de la République. Les contestataires qui représentaient toutes les catégories sociales, hommes et femmes, jeunes et vieux on rejeté également l’organisation de nouvelles élections dans les conditions actuelles. Même le dialogue, ils n’en veulent pas s’il est conduit par d’anciennes figures du système. Ces positions ne sont pas apparemment partagées par tous les citoyens comme le montre la défection de plusieurs membres du mouvement de contestation. Les réseaux sociaux prennent en charge ce débat d’idées que la marche n’exprime pas.
Justement le dialogue entre les participants au mouvement eux même d’abord et avec les pouvoirs publics ensuite en présence de la classe politique et le mouvement associatif est la clé de réussite pour réaliser les objectifs du hirak et sortir le pays de l’impasse.  En attendant, le mouvement de contestation conserve ceux qu’il a engrangés depuis son lancement comme son caractère pacifique, le renforcement de l’unité nationale et le rejet de toute ingérence étrangère. Près de 6 mois après, cette sortie du peuple algérien qui a séduit le monde entier, est restée intacte. Avec cette volonté, les résultats ne peuvent que suivre.
F. D.

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SIDI-BEL-ABBES
Aspiration à la stabilité

Encore une fois, cet autre round n’a pas failli à la tradition pour drainer la foule et maintenir la cadence, même s’il reste moins intense au vu de la forte chaleur sévissant ces derniers temps au niveau de la cité de la Mekkerra.
De la place du 1er-Novembre pour sillonner ensuite les principales artères et avenues de la ville, l’itinéraire reste identique pour permettre à ces dizaines de manifestants de s’exprimer en scandant des slogans habituels et en réitérant surtout leur engagement à poursuivre le combat, celui de l’avènement d’une nouvelle République et le départ des symboles de l’ancien système.Il faut dire que la voie du dialogue a résonné quelque part pour rappeler aux uns et aux autre l’urgence d’une sortie de  crise et la restauration surtout d’une stabilité institutionnelle. «Il est impératif qu’on aboutisse à un consensus général à même de redresser la situation et de se consacrer exclusivement aux consolidations des institutions de l’Etat …», ne cessaient de répéter quelques manifestants avertis et soucieux de l’avenir du pays. Un tel sentiment reste largement partagé par toute la population qui est constamment à l’écoute de l’actualité nationale pour relever l’urgence dans le traitement de cette crise. «On ne peut s’éterniser sur ce mouvement dont les revendications ont été entendues. Il s’agit aujourd’hui de faire valoir l’esprit de dialogue et trouver les moyens à mettre en œuvre pour une solution définitive au problème du pays…», ajoutent d’autres moins jeunes en prise avec la réalité du terrain et conscients de la portée d’une organisation des élections présidentielles dans les meilleurs délais pour la paix et la stabilité. Des voix se sont élevées pour interpeller la mémoire collective à agir dans l’intérêt de la nation qui, au gré de ces marches populaires, a prouvé son attachement à son union et à sa solidarité .Autant donc d’enseignements à tirer de cette énième édition qui s’est caractérisée au niveau local du moins, c’est-à-dire  une partie de l’Algérie profonde, par un sens de responsabilité et de devoir national. L’opportunité était également offerte pour insister sur cette identification à l’action d’une armée nationale populaire au service du pays et du peuple… “Echaab, El Djeich khaoua, khaoua” demeure une devise constante guidant le commun des manifestants chaque vendredi.
A. B.

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Mascara
«Djeich chaab khawa khawa»

Le mouvement de protestation populaire qui a drainé depuis le 22 février dernier des centaines de milliers de personnes dans les quatre coins du pays réclamant le changement radical du système politique en place a bouclé, ce vendredi 2 août , à Mascara, comme partout dans les quatre coins de l’Algérie, sa 24e semaine, soit un peu plus de six mois que ça dure ; une nouvelle journée de mobilisation massive hier en dépit de la chaleur caniculaire après la fin de la prière. Malgré la chaleur, les manifestants ont battu le pavé dénonçant le maintien du pouvoir en place et réclamant le départ de tous ceux  qui ont terni l’image de l’Algérie deux décennies durant. Les manifestants qui connaissent l’itinéraire de la marche sur les bouts des doigts ont brandi des slogans hostiles au pouvoir et aux «3issaba ». «Djazair houra democratia ,djeich chaab khaoua khaoua» scandaient les manifestants, sous un soleil de plomb, à la place Émir Abdelkader, en plein centre-ville de Mascara, avant l’entame de la marche pacifique. Des centaines de citoyens ont investi des principales artères la cite de l’émir pour le 24e vendredi consécutif à l’occasion des marches populaires pacifiques en réitérant les mêmes slogans et mots d’ordre, notamment leur attachement au changement radical et au départ de tous les symboles de l’ancien système. La mobilisation des citoyens ne faiblit pas pour autant. Ils sont  encore et toujours sortis dans les rues. Bravant une journée caniculaire, les manifestants ont réclamé «un changement radical» et «le respect la volonté du peuple». Les groupes de manifestants ont commencé à se regrouper à travers les principales rues et places de la ville de Mascara. Enveloppés du drapeau national, hommes, femmes jeunes et moins jeunes ont réclamé «une Algérie libre et démocratique» où régnera justice sociale et le respect des libertés individuelles et collectives. Les manifestants disent ne pas être contre le principe du dialogue. «mais il faut qu’il soit mené par des personnalités consensuelles», nous confie un étudiant. Les marcheurs ont réitéré leur appel à l’application des articles de la Constitution. Des affiches et des banderoles ont été également brandies par les protestataires. Ils ont réaffirmé leur volonté de passer à l’édification d’un État libre et démocratique où le prochain président de la République sortira comme étant l’élu du peuple des urnes des bureaux de vote en toute transparence. Entonnant des chants patriotiques et reprenant « Djazaïr Horra, democratiya, selmia selmia ,matalibna charia», «Non à la fitna», yetnahou gaâ», ils ont réitéré leur attachement à l’ANP en scandant «Djeich chaab khawa khawa». La décision revient au peuple», ont-ils martelé.
A. Ghomchi
 

Auteur: elmoudjahid
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