Le Maroc et l’Inde veulent franchir un nouveau cap dans leurs relations économiques. Les deux pays disposent d’un potentiel d’échanges commerciaux supplémentaires estimé à 2,6 milliards de dollars, alors que leurs échanges bilatéraux atteignent déjà près de 4 milliards de dollars. L’enjeu est désormais de transformer ce potentiel en investissements, en partenariats industriels et en nouvelles opportunités pour les entreprises.
Le rapprochement économique entre Rabat et New Delhi entre dans une nouvelle phase. Réunis à Rabat à l’occasion de la 7ᵉ session de la Commission mixte maroco-indienne, les responsables des deux pays ont affiché leur volonté de renforcer les échanges et surtout d’en diversifier la structure. L’objectif fixé par la partie indienne est particulièrement ambitieux : doubler le volume des échanges commerciaux bilatéraux au cours des cinq prochaines années.
Derrière cette ambition se trouve un potentiel encore largement inexploité. Les analyses présentées lors de cette rencontre évaluent à 2,6 milliards de dollars les exportations supplémentaires susceptibles d’être réalisées entre les deux marchés. Le Maroc disposerait ainsi d’un potentiel additionnel d’environ 1,4 milliard de dollars d’exportations vers l’Inde, tandis que les entreprises indiennes pourraient bénéficier d’un potentiel de près de 1,2 milliard de dollars vers le marché marocain.
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Cette marge de progression traduit surtout la nécessité de passer d’une relation commerciale fondée sur quelques produits à un partenariat économique plus diversifié. L’objectif est désormais de favoriser davantage les investissements croisés, les coentreprises et l’intégration des entreprises marocaines et indiennes dans les chaînes de valeur mondiales.
De nouveaux secteurs à conquérir
Plusieurs secteurs apparaissent comme prioritaires. L’automobile, l’industrie électrique, les énergies renouvelables, les engrais, l’industrie pharmaceutique, les infrastructures et les technologies numériques figurent parmi les domaines susceptibles de porter cette nouvelle dynamique. Les deux pays souhaitent également encourager leurs entreprises à multiplier les partenariats industriels et à développer des projets communs.
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Pour l’Inde, le Maroc présente un intérêt particulier en raison de sa position géographique, de ses infrastructures et de son ouverture sur plusieurs marchés internationaux. Le Royaume peut ainsi servir de plateforme aux entreprises indiennes souhaitant renforcer leur présence en Afrique et en Europe. Pour Rabat, l’enjeu consiste à attirer davantage de capitaux, de technologies et de savoir-faire indiens tout en ouvrant de nouveaux débouchés aux entreprises marocaines.
Vers un cadre commercial renforcé
La concrétisation des 2,6 milliards de dollars de potentiel nécessitera toutefois de lever plusieurs obstacles. Les deux parties souhaitent notamment réduire les barrières non tarifaires, faciliter l’accès aux marchés et améliorer les échanges entre entreprises. La création d’un groupe de travail conjoint consacré au commerce bilatéral est envisagée afin d’identifier les opportunités et les difficultés rencontrées par les opérateurs économiques. La possibilité d’un accord commercial préférentiel est également à l’étude.
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L’enjeu dépasse donc largement la progression des statistiques commerciales. Pour le Maroc comme pour l’Inde, il s’agit désormais de construire une relation économique davantage fondée sur l’investissement, la production et l’innovation. Avec un potentiel supplémentaire de 2,6 milliards de dollars et l’ambition de doubler les échanges en cinq ans, l’axe Rabat-New Delhi pourrait devenir l’un des nouveaux corridors stratégiques du commerce entre l’Afrique et l’Asie.
Auteur: Ismail Saraoui
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