Essaouira – La diversité culturelle repose sur des fondements « solides » au Maroc et se trouve amplement ancrée dans le quotidien, a souligné à Essaouira, M. Karim Hendili, responsable du programme culture au Bureau de l’UNESCO pour le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et la Tunisie.
»Ce qui est important dans l’expérience marocaine, c’est que la diversité culturelle est très mise en avant et on le sent au quotidien. On le sent également dans la façon avec laquelle travaillent les institutions nationales en charge de la culture, notamment le ministère de la culture, en reposant sur la Constitution qui reconnaît et garantit cette diversité », a-t-il confié à la MAP, en marge de sa participation à la Summer School (Université d’été) du Master « Droit des échanges Euro-Med », dont les travaux se poursuivent jusqu’au 5 courant.
« Au Maroc, la diversité culturelle est inscrite dans la Constitution, ce qui lui confère un aspect assez particulier et permet sa garantie », a-t-il rappelé, qualifiant de »particulière » et de »riche » l’expérience marocaine en matière de diversité culturelle.
Il a, à ce propos, cité, à titre d’exemple, l’intérêt qu’accorde le Royaume à la préservation et à la promotion de la culture et de l’héritage amazighs, mettant en avant l’existence au Maroc de plusieurs villes, à l’instar d’Essaouira, qui incarnent cette grande richesse et diversité culturelle.
»Cette expérience est tellement importante si on doit noter que cela ne s’est pas passé partout de cette façon, étant donné que l’histoire prend souvent des formes différentes selon les pays », a-t-il poursuivi.
M. Hendili a tenu à indiquer, dans ce sens, que »le plus important dans la diversité culturelle, ce n’est pas sa reconnaissance simplement entre les pays, mais aussi sa reconnaissance au sein d’un même pays, d’une même région, voire dans une même ville ». »La reconnaissance de la diversité culturelle doit se décliner à tous les niveaux », a-t-il dit.
Et de faire observer que la diversité culturelle doit servir de « moteur de paix, de stabilité et de croissance » et non pas comme on le constate dans d’autres régions du monde et dans des contextes particuliers, où elle peut devenir « source de crispations et de tensions ».
« La diversité culturelle doit être quelque chose d’entraînant, qui peut permettre d’avancer et donc de trouver des solutions à des problèmes et non pas de les occulter », a insisté M Hendili.
Au sujet de l’université d’été, une co-diplomation de l’Université de Bordeaux et de l’Université Mohammed V de Rabat, qui se tient pour la 3è année dans la cité des Alizés, il a loué la pertinence de cette initiative parmi tant d’autres destinées à opérer le rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée, saluant au passage le choix réussi de la thématique »le droit et l’art », une question complexe à cerner et qui donnera lieu, sans nul doute, à des débats passionnants et forts enrichissants.
A noter que cet événement académique et scientifique d’envergure, s’inscrit dans le cadre d’une formation (Master) visant à proposer sur le marché de l’emploi, des juristes de niveau supérieur, spécialistes des questions de droit international et qui seront susceptibles par leurs connaissances précises des enjeux économiques et politiques des relations entre l’Europe et le Maghreb, de prétendre à des fonctions de haut niveau dans les entreprises, les administrations et les organisations internationales.
La collaboration entre les universités partenaires entend ainsi répondre aux besoins de formation en droit comparé des étudiants issus des différents systèmes juridiques concernés. Le Master s’inscrit, à ce titre, dans une démarche de diffusion de l’information juridique et de constitution de bases de documentation juridique au Maghreb.
Au-delà des perspectives en termes de formation et de recherche juridique, les universités partenaires entendent oeuvrer pour une compréhension des valeurs et de la culture qui sous-tendent les institutions juridiques, participant ainsi au respect mutuel entre populations relevant d’aires culturelles différentes.
»Le droit de l’art : l’art objet particulier du droit », »Art et économie : le marché de l’art », »Société et création artistique : limites juridiques et culturelles », « Arts et sciences : chimie analytique des oeuvres d’art », »Oeuvre d’art et droit d’auteur », »Humour et sacré », »Les limites à la libre circulation des oeuvres d’art » et « La Cité d’Essaouira : les fondements historiques, culturels et artistiques du classement de la Médina par l’UNESCO en tant que patrimoine universel », sont les principales thématiques autour desquelles graviteront les débats.
Au menu figurent également des tables rondes ainsi que des ateliers sur »la censure » et »la contrefaçon », animés par les étudiants du Master.
Auteur: Meriem IGASS
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