Initié par l’Université Cadi Ayyad (UCA), en partenariat avec ONU-Environnement, cet événement auquel prennent part des décideurs politiques, des chercheurs et praticiens, des représentants des services étatiques, des collectivités territoriales, du secteur privé et de la société civile, a pour principal objectif de faire avancer les discussions sur la manière dont l’université pourrait apporter des solutions innovantes et durables aux problèmes du développement durable en Afrique.

Ce dialogue multi-acteurs, qui marque le lancement des activités du Centre Africain des Solutions Innovantes et Durables « African Center for Innovative Sustainable Solutions (ACISS) », mis en place récemment par l’UCA, témoigne de l’implication et de l’adhésion effective de cet établissement universitaire aux différents instruments de promotion du rôle de l’université dans les domaines de l’environnement et du développement durable, tels que la 7ème session extraordinaire de la Conférence Ministérielle Africaine sur l’Environnement (AMCEN), la quatrième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement (ANUE-4) et la Stratégie Nationale du Développement Durable, dans la mesure où il porte sur la manière de traduire les politiques en actions par des solutions innovantes.

En outre, ce dialogue relève en réalité de la jonction de deux dimensions: Education au développement durable, appuyée par ONU-Environnement et ses partenaires, et université socialement responsable, constituant un engagement volontaire de l’UCA.

Ce dialogue ambitionne de faire de l’université une véritable plate-forme de collaboration multi-acteurs et, par conséquent, un agent déterminant du changement-transformateur en faveur d’un développement durable en Afrique.

Intervenant à l’ouverture de cette rencontre de deux jours, le président de l’UCA, Abdellatif Miraoui, a expliqué que ce Centre ambitionne d’apporter sa pierre à l’édifice du développement d’autant que « nous sommes aujourd’hui face à une métamorphose sur les plans économique, industriel et sociologique ».

Cette transformation colossale requiert de réunir les efforts, a-t-il souligné, expliquant que c’est avec cette dimension africaine que « nous essayons de répondre à ces enjeux ».

Après avoir affirmé que l’université, qui est au coeur de ce développement, doit assumer sa part dans la résolution de ces problèmes, M. Miraoui a relevé que l’UCA entretient des relations avec beaucoup d’établissements universitaires et partenaires africains. C’est ainsi, a-t-il expliqué, que l’ACISS permettra de « focaliser ces échanges et d’optimiser les moyens dont nous disposons ».

De son côté, le représentant de l’ONU-environnement, Mohamed Atani, qui s’exprimait au nom du programme des Nations Unies pour l’environnement au Maroc, s’est félicité de l’intérêt porté par l’UCA à la coopération avec le système onusien et des initiatives de cet établissement en faveur de la promotion du rôle et de la mobilisation des universités et de la communauté scientifique pour le développement durable en Afrique.

Rappelant que le concept du développement durable a été adopté par la communauté internationale en 1992 lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement à Rio (Brésil), M. Atani a fait observer que 27 ans après, la pratique a démontré que ce choix stratégique de concilier écologie et développement a été perspicace et utile mais pas suffisant.

La pratique a démontré ainsi la nécessité d’inclure les dimensions sociales et humaines, a-t-il ajouté, notant qu’en 2017, la communauté internationale a adopté les Objectifs de développement durable (ODD, Agenda 2030).

M. Atani a dans la foulée expliqué que cet agenda 2030 a élargi la portée du concept et de l’action pour le développement durable autour de 17 Objectifs étroitement imbriqués et qui englobent l’éradication de la pauvreté, l’éducation de qualité, l’accès aux services de santé et à l’énergie, le partenariat international, le travail décent, outre la consommation et la production propre.

L’objectif ultime est de transformer le monde grâce à un développement qui maîtrise les conditions de sa durabilité et qui n’exclut personne, a-t-il soutenu.

Pour sa part, le vice-président de la région de Marrakech-Safi, Touhami Mouhib, a expliqué que cette région, de par ses racines culturelles et historiques, souhaite s’affirmer en tant que « hub de l’économie du savoir » à fort rayonnement national et international, en particulier africain, ajoutant que ce positionnement s’articule autour des bassins du savoir et de production de compétences fortes et ce, pour favoriser les filières d’excellence de production à savoir, l’agriculture durable, la créativité culturelle et artisanale, le développement touristique, la transition énergétique et la valorisation du patrimoine environnemental.

Il s’est également félicité de la création de l’ACISS qui contribuera, selon lui, à valoriser les efforts déployés par l’Université dans le domaine des solutions innovantes durables, soulignant que l’objectif des différents acteurs demeure d’approfondir la réflexion concertée sur la feuille de route de ce centre en vue de capitaliser sur les performances régionales en matière de développement durable.

Abondant dans le même sens, le président régional de la CGEM section de Marrakech-Safi, Youssef Mouhyi a, quant à lui, indiqué que la création de ce centre reflète le dynamisme de l’UCA et sa volonté de contribuer au débat académique et à la recherche de solutions pratiques pour l’essor du Continent.

Ce dialogue permettra de trouver des réponses communes et concrètes aux challenges auxquels fait face l’Afrique, a-t-il affirmé, soulignant dans ce sens le double défi de la réalisation d’une croissance soutenue et d’un développement durable et inclusif pour le Continent et sa population.

Il a, dans ce sillage, mis l’accent sur le rôle crucial de l’Université africaine, insistant sur le fait que la question de la formation du capital humain s’impose et conditionnera le développement du continent.

Le directeur des énergies renouvelables au ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable, Mohamed Ouhmed, a mis en exergue la pertinence de la thématique de ce dialogue, notant que le Maroc, pays émetteur faible des gaz à effet de serre, s’est engagé depuis longtemps sur la voie du développement durable en mettant en place, depuis plus d’un demi-siècle, un gigantesque programme de construction de barrages pour la production d’énergie propre et la rationalisation de l’utilisation d’eau.

Après avoir mis en relief l’expérience du Royaume dans le domaine des énergies renouvelables, le responsable a expliqué que toutes les politiques publiques sont orientées aujourd’hui vers la durabilité et en particulier celles concernant les énergies, soulignant que l’Afrique dispose d’un important potentiel d’énergies renouvelables qui demeure encore non-exploité et nécessite un véritable partenariat impliquant un engagement des secteurs public et privé.

Relevant l’importance du développement durable, de l’efficacité énergétique et de l’innovation technologique en termes de réduction des coûts, M. Ouhmed a estimé que les institutions et les universités nationales sont appelées à intensifier leur coopération en vue de mettre en place des mécanismes d’échange en matière de recherche et de développement dans les domaines de l’énergie pour mieux coordonner toute initiative.

Le programme de cet événement prévoit deux panels axés sur « Les défis et réponses au développement durable en Afrique » et « La formation, la recherche scientifique et l’innovation durable », outre une table ronde autour des « Universités et innovations durables ».

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Auteur: Meriem IGASS