M. Mohamed Mahmoud, qui intervenait à l’ouverture de la 2ème Conférence des femmes d’affaires arabes et africaines, a plaidé en faveur du développement des mesures et normes mises en place par les institutions chargées de la promotion de l’entrepreneuriat féminin, en vue de faciliter l’accès de ces femmes d’affaires à l’économie numérique et de leur assurer la formation adéquate, tout en veillant à renforcer les infrastructures technologiques et de télécommunications à l’échelle arabe et africaine.

Il a aussi appelé à la mise en place d’une base de données en matière d’entrepreneuriat dans les pays arabes et africains pour la promotion des opportunités d’investissements offertes et le développement des exportations des produits des femmes d’affaires arabes et africaines.

M. Mohamed Mahmoud a, dans ce sens, insisté sur l’importance d’inculquer les principes de l’entrepreneuriat et d’encourager l’esprit de créativité et d’innovation chez les jeunes qui doivent bénéficier d’un soutien technique et financier, tout en invitant les banques et les fonds de financement à soutenir les femmes d’affaires et à créer les conditions propices pour le développement de leurs projets, à même de réaliser une renaissance économique globale favorisant l’essor socio-économique de leurs pays.

Il a, en outre, précisé que cette Conférence vient réaffirmer l’attention particulière accordée par l’AUIED à la femme et à son autonomisation en vue de contribuer au développement économique des pays arabes et africains, ajoutant que les femmes d’affaires ont réussi à se frayer une place dans de nouveaux domaines, tels que les nouvelles technologiques, l’E-commerce, les télécommunications et les énergies renouvelables.

Pour sa part, Sheikha Hind Bint Majid Al-Qassimi, Présidente de Sharjah Business Women Council (SBWC), a indiqué que la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD) passe par une participation agissante des femmes, en général, et de celles entrepreneures, en particulier, eu égard au rôle déterminant qu’elles jouent dans le système économique et social.

Elle a aussi insisté sur la nécessité de l’appui des projets de l’entrepreneuriat féminin, ajoutant que la structure de l’économie et la nature de sa gestion ont connu une véritable métamorphose au cours des dernières années.

Dans ce cadre, Sheikha Hind Bint Majid Al-Qassimi a soutenu que le développement de toute économie et la réalisation d’une véritable croissance ne peuvent être atteints sans qu’ils touchent l’ensemble des catégories sociales, tout en appelant à tirer profit de l’unanimité forgée par la communauté internationale autour du renforcement des capacités des femmes et ce, à travers l’élaboration de politiques et de plans d’action en la matière.

Dans le même ordre d’idées, la Directrice du Département des femmes, de la famille et de l’enfance relevant de la Ligue Arabe, Mme Nawal Barrada, a souligné l’impératif de la consolidation du statut des femmes au sein de la société, tout en assurant leur autonomisation économique à travers le renforcement de leurs capacités et la facilitation de leur accès au financement nécessaire pour la mise en oeuvre de leurs projets.

Dans une allocution au nom du Secrétariat général de la Ligue Arabe, elle a expliqué que les obstacles qui privent les femmes des opportunités d’emploi et entravent leur autonomisation politique et économique font partie de leur vécu quotidien, tout en reconnaissant un changement positif notable enregistré au cours des deux dernières décennies, qui est en phase avec les efforts déployés à l’échelle internationale pour l’émancipation de la femme.

Mme Barrada a relevé que la Ligue Arabe, consciente du rôle majeur de la femme dans la société, place la question de son autonomisation et la réalisation de l’égalité des sexes en tête de ses priorités, rappelant que l’organisation panarabe oeuvre, en partenariat avec les différents mécanismes gouvernementaux de ses Etats membres et les organisations régionales, pour le développement des politiques et des stratégies inhérentes aux questions de la femme dans la région arabe, l’objectif étant de promouvoir ses conditions, favoriser une prise de conscience collective profonde quant à l’importance de son rôle au sein de la société, et de consacrer le principe de l’égalité des chances et des sexes.

Elle a, par ailleurs, fait constater que l’apport de la femme à l’économie reste en deçà des attentes, appelant à assurer l’autonomisation économique de cette frange de la société et à l’aider à bénéficier de l’expertise et du savoir-faire nécessaires pour la réalisation de ses projets.

Mme Barrada a saisi également cette occasion pour saluer les programmes réussis que le Maroc a lancés pour encourager l’esprit d’entrepreneuriat chez la femme, faciliter son accès au financement et garantir son autonomisation économique.

Lui emboîtant le pas, la Représentante de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) au Maroc, Mme Hanan Hanzaz, a souligné l’importance du thème retenu pour cette Conférence et qui est au cœur du programme de l’ONUDI pour la promotion d’un développement industriel durable et inclusif, ajoutant que l’égalité entre les sexes, qui constitue un ODD à part entière, représente un moteur de progrès pour la réalisation des autres Objectifs, y compris l’axe 9 relatif à l’industrie, à l’innovation et aux infrastructures.

Relevant que l’atteinte de la parité-genre requiert un environnement favorable, Mme Hanzaz a indiqué, dans une allocution lue au nom du Directeur général de l’ONUDI, que la politique genre et la stratégie de l’agence onusienne relative à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes, adoptée en 2015, font de la réalisation de cette parité une priorité.

L’ONUDI élabore également des programmes axés spécialement sur la création d’un environnement propice à l’émancipation sociale et économique des femmes afin de parvenir à un développement industriel inclusif et durable, a-t-elle mentionné, soulignant que les femmes entrepreneures sont reconnues comme étant des acteurs clés du progrès économique dans les pays en développement.

Déplorant les contraintes d’ordre juridique et économique ainsi que les stéréotypes qui privent les femmes de démontrer leur immense potentiel, Mme Hanzaz a noté que l’ONUDI s’est focalisée sur la mise en place d’un programme d’autonomisation économique des femmes dans la région MENA, financé par l’Italie, porté par l’Union pour la Méditerranée (UpM) et implémenté en étroite collaboration avec sept pays partenaires, dont le Maroc.

La responsable a, en outre, passé en revue l’approche holistique de l’ONUDI axée sur le renforcement des capacités des femmes et leur autonomisation économique, et sur le soutien de l’entrepreneuriat féminin, le but étant d’assurer un développement durable et équitable dans la région.

Les travaux de la deuxième édition de la Conférence des femmes d’affaires arabes et africaines, initiée cette année sous le thème « la réalisation des objectifs de développement durable à travers le soutien des femmes entrepreneures », ont été ouverts mercredi au Palais des congrès à Marrakech.

Organisée par l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE), en partenariat avec l’Union Arabe pour le Développement des Exportations Industrielles (AUIED), cette 2ème Conférence connaît la participation de ministres, d’éminentes personnalités ainsi que plus d’une trentaine d’experts chevronnés venus d’une dizaine de pays africains et du Moyen-Orient.

Prennent part également à cette rencontre de deux jours, plus de 200 personnes de haut niveau, d’hommes et femmes d’affaires, d’investisseurs et de représentants d’institutions financières internationales, de gouvernements, d’universités et d’ONG.

Lors de ce conclave, plusieurs panels sont programmés avec des thématiques différentes telles que le soutien des gouvernements arabes et africains à entrepreneuriat féminin, les « best practices » (les meilleures pratiques), l’utilisation de l’innovation comme levier favorisant le renforcement du rôle des femmes entrepreneures dans le développement économique, la participation des femmes d’affaires dans le commerce, les contraintes de l’entrepreneuriat liées au financement et le partage d’expériences réussies d’entrepreneures.

A l’issue de cette Conférence, un Manifeste sera rendu public formalisant ainsi les engagements pour un développement équitable et durable.

Auteur: Meriem IGASS
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