
L’intérêt accordé à la promotion de la culture et des arts, leur valorisation, leur préservation et leur transmission aux générations montantes ne date pas d’aujourd’hui et n’est plus à démontrer. La preuve en est : le nom de la région se trouve intrinsèquement lié à une histoire rayonnante et à une richesse culturelle et artistique inégalable, à même de faire la fierté de tout le Royaume.
En effet, la région Marrakech-Safi puise son originalité culturelle dans l’existence sur cette partie du territoire national de villes et provinces à forte portée historique et civilisationnelle, à l’instar de la Cité ocre, d’Essaouira, de Safi, ou encore Al Haouz, pour ne citer que quelques-unes parmi les plus emblématiques, avec à leur actif des sites historiques, un legs architectural, culturel et artistique si singulier, outre des traditions ancestrales. Des atouts dont la jonction fait que la culture et le patrimoine forment, désormais, l’ADN de toute cette région.
L’un des exemples éloquents demeure la ville d’Essaouira qui, au-delà d’être un havre de paix, d’ouverture et de coexistence entre civilisations et religions, a misé très tôt (plus d’une trentaine d’années déjà) sur la culture et les arts en tant que « réacteur » du développement local escompté, en plaçant l’animation culturelle et artistique au coeur des priorités, et en se dotant; à l’initiative de l’Association Essaouira-Mogador, d’une série de festivals parmi les plus prestigieux à travers le monde actuellement, en l’occurrence « le Festival Gnaoua et Musiques du Monde », « Les Andalousies Atlantiques », « Jazz sous l’Arganier » entre autres.
A Marrakech, la même voie est empruntée depuis des années déjà, permettant à la Cité ocre de se doter d’une série de festivals, à l’image du Festival International du Film de Marrakech (FIFM), le Festival National des Arts Populaires, « Marrakech du Rire » et la liste est longue, et ce, sans compter le nombre de rencontres artistiques et littéraires, d’expositions, de Salons….Une véritable programmation touchant la culture et les arts dans toute leur diversité.
Toutefois, si la crise pandémique liée à la Covid-19 a eu pour effet de marquer du sceau de « la rupture » la scène culturelle et artistique poussant le public, plus de deux ans durant, à rester à l’écart de cette passion pour les arts et la culture malgré les multiples alternatives offertes par les nouvelles technologies de la communication, un essor culturel et artistique soutenu s’est fait sentir au niveau de la région notamment durant cette période post- Covid-19.
C’est dans ce sens que le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Département de la Culture, via sa direction régionale Marrakech- Safi, en coordination avec les autorités locales et les autres intervenants concernés par la question culturelle, n’ont pas lésiné sur les moyens pour un véritable décollage culturel et artistique de la région d’abord, en capitalisant sur les acquis et ensuite, en procédant à l’organisation, selon une programmation profondément réfléchie, d’une série de festivals, de rencontres culturelles et artistiques à l’échelle régionale, et ce, pour le grand bonheur et le plaisir du public.
Pour ce faire, il a été procédé à l’adoption d’une démarche pragmatique prônant la justice territoriale, de manière à faire en sorte que chaque province relevant de la région soit dotée d’un Festival, digne de la notoriété et des potentialités de chaque zone.
Dans ce sens, il convient de rappeler que la ville de Marrakech a abrité du 1er au 5 juillet dernier la 51è édition du Festival National des Arts Populaires (FNAP), outre la ville d’ Imintanout (province de Chichaoua) qui a vibré du 26 au 29 août dernier aux rythmes de la 12è édition du Festival national de l’art, de la créativité et du patrimoine, suivi de la ville de Chichaoua qui a abrité du 1er au 4 septembre dernier, la 14è édition de son Festival, ou encore la ville de Safi qui a été au rendez-vous du 09 au 11 septembre avec la 21è édition du Festival national de l’Art d’El Aita.
Dans le sillage de cette effervescence culturelle remarquable, la ville d’El Kelaâ des Sraghna a eu le privilège aussi d’accueillir du 30 septembre au 02 octobre courant la première édition de son festival régional des arts populaires locaux, outre la ville d’Essaouira qui abrite du 17 au 23 courant la première édition du Salon provincial du livre et de l’édition.
Il s’agit d’une véritable approche fondée sur une répartition territoriale d’événements phares soigneusement conçus, de manière à offrir à chaque province l’opportunité de mettre en valeur son patrimoine, ses arts, ses traditions et ses atouts culturels, le tout dans une optique bienveillante d’ériger ces Festivals, expositions, Salons…. en rendez-vous annuels des plus attendus de tous.
Dans une déclaration à M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP, en marge du 1er Salon de l’édition et du livre d’Essaouira, le directeur régional de la Culture à Marrakech-Safi, M. Hassan Hernane, a rappelé que la région Marrakech-Safi demeure l’une des plus riches sur les plans culturel et artistique, avec une diversité remarquable à tous les niveaux (histoire, culture, civilisations, arts….) et une forte présence lors des grands événements.
Les différents espaces dont regorge la Cité ocre ne peuvent être appréhendés en dehors de la culture ce qui illustre, si besoin est, cette complémentarité et ce lien étroit entre culture et autres domaines, a-t-il expliqué, notant qu’au niveau de la région, l’action de la direction régionale de la culture se fait en tenant compte d’au moins trois axes majeurs, à savoir le patrimoine dans tous ses aspects matériel et immatériel, l’animation culturelle de manière générale (musique, théâtre, cinéma, arts plastiques….) et puis la lecture publique. Trois axes à la fois complémentaires et indissociables, a-t-il précisé.
S’agissant de l’axe se rapportant au patrimoine, « on sait très bien, à titre illustratif, que l’histoire de Marrakech est riche et ses monuments historiques sont singuliers. Il en est de même pour les autres provinces de la région comme Essaouira, Safi, Al Haouz…..etc, qui ont une large notoriété historique et une grande portée culturelle, héritée du passé sur lesquelles, nous travaillons », a-t-il dit, avant de passer en revue un certain nombre de projet en cours d’exécution.
Dans ce cadre, il s’est attardé sur la richesse de plusieurs monuments historiques de la ville de Marrakech qui, bénéficient d’un intérêt particulier en termes de valorisation et de préservation, et ce, grâce à la synergie positive et exemplaire de l’ensemble des intervenants concernés. L’objectif, a expliqué M. Hernane, est de redonner vie à ces espaces et de renforcer leur attractivité, dans l’optique de parvenir à une meilleur promotion de ce legs ancestral inestimable.
Cette démarche en cours d’exécution se trouve accompagnée d’un engagement constant à la faveur de l’établissement d’une série d’activités parallèles, à même de contribuer à asseoir les bases d’une véritable industrie culturelle au niveau régional, a dit M. Hernane, mettant en avant la pertinence des études qui se font en la matière, en partenariat avec l’université et des instituts spécialisés.
« Notre ambition est d’agir afin de voir comment permettre à ces monuments historiques d’accueillir des événements phares qui associent, à la fois, les aspects artistique et patrimonial », a-t-il relevé, citant dans ce sens le Palais Bahia, le Palais Badii, la Galerie des arts plastiques à Bab Doukala à Marrakech ou encore, une série de monuments historiques qui bénéficient d’un intérêt particulier pour leur réfection et revalorisation à Essaouira (Consulat Danois, Dar Soltan…), à Safi (Ksar Al Bahr…), à Al Haouz (site archéologique d’Aghmat), et à Youssoufia (Site d’Ighoud) entre autres.
S’agissant du second axe relatif à l’animation culturelle, « nous estimons que l’animation culturelle constitue le pilier de l’action culturelle, et que le public demeure avide et demandeur d’un nombre conséquent de manifestations artistiques surtout, après le retour à la normale post-Covid-19 », a-t-il estimé, faisant savoir qu’un diagnostic de l’activité culturelle établi tout récemment au niveau régional, a permis de constater de visu, la richesse et la densité des événements organisés par des institutions gouvernementales et des acteurs de la société civile.
Dans ce sens, il a mis en avant l’importance de la coordination entre l’ensemble des parties concernées, afin d’asseoir sur des bases solides une véritable programmation, à même de « nous éviter des périodes creuses, et donc de nous garantir une certaine durabilité en termes d’activités avec leur répartition sur le long de l’année »
« Nous oeuvrons afin de pouvoir disposer d’un agenda d’événements ainsi que d’une carte culturelle répartie de manière équitable sur l’ensemble des provinces relevant de la région Marrakech-Safi, d’où la création, à titre d’exemple, d’un premier festival régional à El Kelaâ des Sraghna dédié aux arts populaires locaux, ou encore d’un autre festival à Chichaoua de la musique des jeunes, prévu en novembre prochain », a-t-il enchainé.
Concernant le dernier axe portant sur la lecture publique, il a indiqué que l’effort se déploie au niveau régional, afin de doter l’ensemble des maisons de culture, d’ateliers ou de salles polyvalentes, outre des bibliothèques multimédia, avec l’aménagement de moult espaces dédiés respectivement à l’enfant, aux adultes en mettant à leur disposition une série d’ouvrages dans toutes les disciplines, ou encore aux personnes à besoins spécifiques, outre un espace informatique ainsi qu’un studio d’enregistrement.
Ces bibliothèques multimédia seront réparties sur l’ensemble des provinces de la région, a-t-il relevé, faisant savoir que la réflexion est engagée aussi pour doter la région de bibliobus (bibliothèques mobiles) destinées à couvrir les zones rurales et reculées dépourvues d’espaces de lecture.
Avec l’ensemble des acquis déjà réalisés sur les plans culturel, artistique et patrimonial, un potentiel indéniable qui fait sa singularité et une démarche pragmatique et profondément réfléchie menée par le ministère de la Culture, dans le cadre d’une synergie inouïe, avec les autres intervenants, la région Marrakech-Safi, fidèle aux orientations du Nouveau Modèle de Développement, ne peut que consolider sa vocation de destination de l’art et la culture par excellence.
The post Marrakech-Safi à pas sûrs vers une véritable « renaissance » culturelle et artistique appeared first on MapMarrakech.
Auteur: Mohammed KOURSI
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.