L’on assiste à une vraie déferlante après la rupture du jeûne : des enfants accompagnées de leurs parents occupent  les rues marchandes des localités pour l’achat des vêtements de l’Aïd el fitr. La cité de l’Emir vit ces dernières soirées dans une atmosphère de fête avec le ballet incessant des ménagères jusqu’à une heure tardive de la nuit les mains pleines de sachets  a la grande joie des chérubins qui les accompagnent.Ces femmes nous disent qu’elles font plaisir à leurs enfants et à elles-mêmes parce que dans ces achats, il y a une partie du budget consacré à l’achat d’une djellaba ou d’une bediaâ importés du Maroc ou de Turquie. Après la douloureuse saignée de ce mois de Ramadhan qui a fait plier, financièrement parlant l’échine de nombreux pères de famille, afin de faire face aux dépenses du mois sacré, la fête de l’Aïd El Fitr pointe à l’horizon et déjà le grand rush a déjà commencé, les chefs de famille, dont certains disposent de revenus très limités, sont confrontés à un nouveau challenge aussi coûteux.
C’est une occasion inespérée de sortir, histoire de se changer les idées pour oublier les tâches ménagères et la cuisine et l’on en profite pour aller déguster des crèmes glacées dans ce salon réservé aux familles. Pour atténuer un tant soi peu les effets dévastateurs d’une deuxième saignée qui s’annonce aussi «brûlante», ces dernières ont entamé assez tôt les achats de vêtements pour leurs enfants et autres produits nécessaires à la confection desgâteaux traditionnels pour célébrer l’Aïd El Fitr. Effectivement, à cette période du mois de carême, les prix pratiqués sont plus au moins abordables selon les bourses.
Mais au dernier moment, ils seront inaccessibles, car les «commerçants» sont déjà sur le pied de guerre à attendre leurs proies pieds et mains liés. Beaucoup se rabattent sur les tables et les tréteaux des commerçants du marché informel qui poussent comme des champignons en pareille période composé d’étudiants, de jeunes chômeurs, de retraités et autres catégories socioprofessionnelles.
Les prix sont certes abordables mais la qualité laisse à désirer cependant les catégories démunies, font tout pour satisfaire leur ribambelle d’enfants aux goûts très difficiles. En effectuant, avant l’heure, ce parcours du combattant, les familles ont dans l’esprit l’idée d’éviter toute mauvaise surprise de dernière minute, les prix allant crescendo, les mères de famille font la chasse aux bonnes promotions.
«Mais tout compte fait, affirme cette demoiselle qui accompagne sa mère, elle qui vient tout juste il y a quelques mois de bénéficier d’un contrat emploi jeunes à la mairie, jure que ces dépenses sont destinées à faire plaisir à sa petite sœur qui va passer le BEM quelques jours après l’Aid, ce qui en dit long sur l’élan d’entraide et de solidarité au sein de la même famille, le Ramadhan viendra tous les ans et nous fêterons l’Aid el fitr comme d’habitude mais je regrette que mon père ne soit pas avec nous cette année ; il a été ravi à aux siens à quelques jours de l’Aïd dans un terrible accident de la route, nous confie cette fille, les larmes aux yeux ; mon père doit être fier de moi en accomplissant cette obligation qui revenait de droit à mon père, la vie continue. Les contraintes et les soucis seront vite oubliés»conclut-elle.
 A. Ghomchi

Auteur: elmoudjahid
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