L’hiver sort ses dents, ses griffes aussi. Les bulletins des services de la météorologie pullulent pour annoncer, après de courtes accalmies, des rafales de vent, des pluies et des chutes de neige, des températures aux plus bas seuils sont enregistrées, au centre, à l’Est et à l’Ouest. Le climat se met dans tous ses temps ces jours-ci et se montre dur, parfois même cruel, notamment dans les régions enclavées où les signes du mauvais temps sont inratables, avec des conséquences lourdes, qui vont des coupures des routes au difficultés de déplacements, en passant par le problème d’approvisionnement en produits de première nécessité, et plus particulièrement l’irremplaçable bouteille de gaz dont dépend la vie de centaines, voire de milliers de familles qui vivotent, occupant des petites maisons à flanc de montagnes. En fait, l’hiver est porteur d’espoir mais il est également porteur de désespoir, d’inquiétudes, de déboires, pour ne pas dire carrément de souffrances et de peines.
C’est le revers de la médaille. Il est clair diraient beaucoup, sachant que la nature est ainsi faite et chaque chose a son beau et son mauvais côté. Pourtant, l’hiver n’est pas comme les autres saisons. Du moins avec tous les désagréments causés aux agriculteurs en cas de vents violents et de grêle et bien sûr les populations qui vivent loin des commodités de la vie moderne. C’est une vérité absolue décelable chaque hiver à l’intérieur du pays, à travers tous ces chefs de familles, parfois même des enfants qui font des dizaines de kilomètres pour avoir une bouteille de gaz qui se transforme en produit vital pour faire face à la rigidité du climat. Avec des routes coupées à la circulation, tout s’arrête, y compris la vie, malheureusement, si on n’arrive pas à mettre la main sur la fameuse bonbonne de gaz. Certes, un programme ambitieux a été lancé, par les pouvoirs publics pour raccorder les foyers, même dans les petits villages, au gaz naturel, mais ce «geste» de citadinité n’a pas encore gagné bien de régions qui vivent encore loin du confort de la ville. Le taux de raccordement au gaz naturel augmente d’année en année pour se situer autour de 55% en 2017.
Le parcours du combattant pour avoir une bouteille de gaz
Le gaz butane se fait rare chaque hiver, dans les zones rurales. Son prix même monte en flèche quand on arrive à le trouver. Il fait très souvent objet de spéculation, atteignant les 1.000 DA, soit 800 DA de différence par rapport à son coût réel. Pourtant, Naftal ne cesse, à l’approche de chaque hiver, de rassurer le consommateur quant à la disponibilité du produit en question. Le directeur de la filiale de Sonatrach a précisé récemment que les besoins s’élèvent à 300.000 bouteilles/jour, en été et 650.000 en hiver. S’agissant de la production, elle tourne actuellement autour de 650.000 bouteilles/jour, en plus de 300.000 neuves injectées sur le marché. Ce qui permet une autonomie de deux jours.
Mais il faut bien le dire, les efforts consentis, n’arrivent tout de même pas à effacer de nos mémoires ces images de personnes à la recherche de bouteilles de gaz, diffusées par la télévision qui reviennent chaque hiver.
Aujourd’hui, le mauvais temps risque de perturber la vie de milliers de personnes qui attendent, tous les jours, avec impatience l’arrivée du camion d’approvisionnement en gaz butane, en attendant le raccordement au gaz naturel qui mettra fin à leur calvaire.
Samia D.