Le gouvernement renforce sa stratégie d’inclusion financière en misant sur un acteur longtemps sous-estimé mais essentiel : les établissements de microfinance (EMF).
Grâce au Programme d’appui à la Stratégie nationale de la finance inclusive — financé par la 3e phase du programme de Désendettement, Développement(C2D), à hauteur de 4 milliards Fcfa— les EMF deviennent le moteur principal du financement agricole et agroalimentaire dans les zones rurales. Ledit programme a été présenté dans le cadre de la 15e édition du petit déjeuner de presse du pool des journalistes du C2D, tenu à Yaoundé le 4 décembre 2025. Lancé officiellement après la validation de la Stratégie nationale de la finance inclusive (SNFI) en décembre 2021, le programme vise à répondre à une réalité bien connue : près de 45 % des adultes en zones rurales restent exclus du système financier formel. Pour faciliter l’accès au crédit, le gouvernement a confié à 22 EMF, dans une sélection rigoureuse, la mise en œuvre de la composante 2 du projet Transfagri. Cette composante est structurée autour de trois axes : développement de produits financiers adaptés (crédit revolving, crédit agricole saisonnier, crédit bail, agriculture contractuelle) ; renforcement de la gouvernance des EMF ; mise en place d’une gestion des risques modernisée, notamment via la connexion à la centrale des risques du Comité national économique et financier (CNEF).
Des résultats concrets
En moins d’un an, le projet a formé : plus de 500 administrateurs, DG, commissaires aux comptes et agents de crédit ; des milliers de microentrepreneurs en gestion financière, marketing et éducation financière. Les EMF ont pu développer des produits mieux adaptés : crédit revolving pour les activités à flux rapide ; crédit agricole saisonnier pour les cultures à cycle long ; crédit bail pour les équipements ruraux ; agriculture contractuelle, considérée comme le produit le moins risqué car le remboursement est sécurisé par l’acheteur.Sur le terrain, plusieurs EMF ont bénéficié de montants allant jusqu’à 80 millions de Fcfa, soit 1,6 milliards de décaissement selon Victor Ndzana, le Coordonnateur du programme. Ces appuis ont permis le démarrage d’une nouvelle vague de crédits ruraux. Certains établissements, auparavant réticents au financement agricole, ont déjà commencé à débourser des crédits, sécurisés non par des garanties matérielles mais par la qualité des projets et des transactions – un changement de paradigme majeur.
impact visible sur les acteurs ruraux

Grâce aux nouveaux produits, plusieurs résultats émergent : amélioration de la productivité agricole, meilleure accès aux intrants, réduction des risques de défaut, structuration progressive des chaînes de valeur.Des projets concrets, tels que la construction de magasins de stockage, ont été financés directement via les EMF.Trois raisons essentielles expliquent le choix porté sur les microfinances : la Proximité avec les populations rurales. Les EMF couvrent des localités où les banques traditionnelles sont absentes. Deuxième raison, la flexibilité et capacité d’innovation. Elles peuvent adapter rapidement leurs produits aux besoins des microentreprises.Enfin l’ Impact direct sur les populations vulnérables. 80 % de leurs clients sont issus de secteurs informels agricoles ou commerciaux.
Dynamique appelée à monter en puissance
À une année de la clôture prévue du projet en juillet 2027, les résultats sont jugés encourageants. Une phase de déploiement à grande échelle est désormais attendue, avec la digitalisation comme prochain levier de transformation. Le coordinateur du programme, les partenaires techniques et les bénéficiaires s’accordent : l’inclusion financière n’est plus un concept, c’est un outil concret qui change des vies.
Léon Mgba
Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.

