3 mai ! Journée de la liberté de la presse.

Encore une fake-news !

Ce Covid-19 aura révélé, au moins, une chose, le niveau catastrophique du calcul et des mathématiques en Dézédie. Le gars n’est pas vieux. Il n’est pas jeune. Il est entre deux âges. Et il a surtout l’âge de l’école fondamentale et de ses dérivés toxiques. Par deux fois, dans la supérette, nous nous sommes croisés au rayon laitages, et les deux fois, j’ai tenu à marquer mon mètre de distanciation sociale. Il a bien vu que j’ai opéré un léger mais ferme pas en retrait pour rétablir les 100 centimètres réglementaires. Et encore, j’aurais pu me montrer plus tatillon et exiger qu’entre lui et moi, aux croisements, il y ait plus de séparation. Disons, 1m80. Mais bon, je vois bien que les couloirs de ce magasin sont plutôt étroits, et 1m80, ça ne va pas le faire. À notre troisième «croisement», j’ai craqué et lui ai lancé : «Khouya ! ils ont dit un mètre de distance ! Vous voyez bien que depuis tout à l’heure, je fais tous les efforts du monde civilisé pour respecter cette séparation, non ?» Et là, le monsieur, sans se démonter, sans reculer d’un centimètre, bien au contraire, en avançant même d’un demi-pas me susurre sous mon pif, heureusement protégé par une bavette : «Je suis à un mètre ! Si tu ne sais pas compter, mesurer, achète-toi un mètre de maçon ou de menuisier. Et tu verras !» C’était tout vu ! À ce moment précis, j’ai bien vu que l’ombre pesante et lourde de Benbouzid — pas celui de la santé, l’autre — planait au-dessus de la supérette et me narguait avec un sourire… fondamentalement narquois ! Mais en même temps, le bonhomme, assurément nul en maths, m’avait cependant refilé une superbe idée. Ni une ni deux. Aussitôt sorti de la supérette, je me suis rendu dans une quincaillerie où j’ai acheté un… mètre-laser ! Voilà ce qui manquait jusque-là à ma panoplie. J’avais le gel alcoolique, la bavette, les gants et les lunettes. Là, j’ai le mètre-laser. Qu’ils viennent maintenant se mesurer à moi ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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