
Ainsi, une course contre la montre a été enclenchée par l’ensemble des intervenants concernés, en l’occurrence le ministère de la Culture, le ministère de l’Equipement, les autorités provinciales de Safi, les conseils élus et moult acteurs de la société civile, afin de sauver ce monument historique singulier qui constitue, à la fois, une composante indispensable de la mémoire collective de la cité de l’Océan et une source de fierté pour ses habitants.
Pour sauver ce patrimoine indéniable, le ministère de la Culture n’a pas lésiné sur les moyens en entamant tout récemment, la restauration des canons de cette forteresse, qui ont été transférés à Dar Sultan, en attendant le début des travaux de fortification et de restauration, qui seront lancés très prochainement.
Dans une déclaration à M24, la chaîne télévisée de l’information en continu de la MAP, la directrice provinciale de la Culture à Safi et Youssoufia, Mme Btissam Ouriamchi, a mis l’accent sur l’importance historique de cette forteresse, relevant que « Ksar El Bhar » constitue une composante fondamentale de l’identité et du patrimoine de la ville, ainsi que de la mémoire et de l’histoire commune maroco-portugaise.
Après avoir passé en revue les principaux facteurs humains et naturels qui étaient derrière l’effondrement de certaines parties de ce site historique, Mme Ouriamchi a souligné l’importance des efforts engagés conjointement pour sauver cette forteresse.
Elle a tenu à rappeler que la restauration du « Ksar El Bhar » est inscrite dans la liste des projets programmés dans le cadre de la préservation du patrimoine culturel menée par le ministère de tutelle, faisant savoir qu’une convention portant sur la réhabilitation, la restauration et la valorisation de ce joyau architectural, sera signée prochainement entre les parties concernées.
Cette convention portera aussi sur la fortification de la façade maritime du Ksar El Bhar, sa réhabilitation, sa mise à niveau et sa transformation en un Centre d’interprétation du patrimoine maritime national, a-t-elle expliqué.
Selon l’archéologue, M. Said Chemsi, Ksar El Bhar, cette forteresse, où se côtoient à la fois, histoire, art et architecture militaire, « caractéristique de l’époque coloniale manuéline », est bâti sur Jorf Amouni dans une position avancée par rapport au reste de la falaise.
Egalement auteur du livre « forteresse du nouveau Safi », M. Chemsi a expliqué que cette forteresse s’avoue aujourd’hui vaincue face aux attaques de la houle de l’Atlantique, qui ont eu comme conséquence, l’apparition de cavités qui laissent infiltrer l’eau de mer à plusieurs parties du château.
En effet, une bonne partie de la tour sud du château s’est écroulée suscitant avec elle la crainte de voir disparaître à jamais ce site historique, a-t-il déploré, précisant que les attaques incessantes des vagues de l’océan ont engendré une érosion graduelle de la falaise d’Amouni.
M.Mohamed Mounis, président de l’Association « Mémoire de Safi », partenaire engagé dans la protection des monuments de la Cité de l’Océan et la promotion de son statut culturel et historique, a attiré, quant à lui, l’attention sur la situation « très inquiétante » de ce monument qui, au fil des années, a enregistré des effondrements successifs, ce qui constitue une véritable menace pour son existence et risque d’engendrer une perte inestimable pour la mémoire de la ville et le patrimoine culturel du Royaume.
Il a plaidé en faveur d’un passage à la vitesse grand « V » pour sauver cette forteresse, source indéniable de richesse pour la mémoire locale et nationale, relevant que la restauration de ce monument et sa réouverture devant les touristes sont de nature à booster davantage le tourisme culturel et par ricochet, à contribuer au développement économique, social et culturel de la ville.
Cette forteresse, dont les travaux de réalisation furent entamées en 1516 et s’étalèrent jusqu’à 1523, était édifiée sur une superficie de 3.900 m2, sur un site stratégique, permettant de contrôler le trafic portuaire, les routes côtières et l’ancien port de la ville (Mrissa Lkdima) ainsi que le trafic commercial dans l’embouchure de l’oued Chaâba, rappelle-t-on.
Cette forteresse a été utilisée dès 1541, sous le règne de la Dynastie Saadienne, comme rempart de défense de la ville contre les agressions militaires étrangères.
Dotée de canons en bronze fabriqués et importés des Pays-Bas sur ordre du Sultan Moulay Zidane et son fils Al Walid Ben Zidane, cette forteresse comprend trois tours, dont la plus importante est de forme rectangulaire servant, naguère, de résidence du commandant de la légion portugaise à Safi au 16è siècle, en plus d’un toit pour le contrôle.
A rappeler qu’en raison du danger d’effondrement que connait ce site historique, le ministère de tutelle, en coordination avec les autorités provinciales, avait pris en 2011, la décision de sa fermeture devant les visiteurs.
The post Mobilisation collective pour sauver « Ksar El Bhar » appeared first on MapMarrakech.
Auteur: Meriem IGASS
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.