Objet de plusieurs critiques, le service public en Algérie cherche toujours sa modernisation. Une Arlésienne ? Relevant la faible efficacité de plusieurs tentatives de réforme et de modernisation, M. Debbi Ali, universitaire, dans une analyse publiée à la Revue algérienne de finances publiques indique que «l’innovation pourrait constituer un levier intéressant», précisant que l’Observatoire national du service public pourrait jouer un rôle important dans ce sens. Une modernisation, affirme l’universitaire, qui conduit à plusieurs apports : diffusion de la technologie, gain de temps, rationalisation des dépenses publiques, service public innovant, stimulation et orientation du besoin public. Une question cependant se pose : comment l’innovation publique contribue-t-elle réellement à la modernisation du service public en Algérie ? Au niveau local, souligne M. Debbi, «nous imaginons que l’innovation technologique constituera le levier central pour réussir le concept de la ville intelligente «smart city», qui repose principalement sur la transformation du service public local vers une nouvelle configuration basée sur la technologie». Pour l’’innovation publique technologique, il précise qu’il est attendu que «l’innovation technologique aille apporter plus de modernisation au service public en Algérie : une plate-forme électronique qui permet au citoyen d’imprimer son extrait de naissance chez lui, mais aussi, la connexion de toutes les administrations au serveur des extraits de naissance sans demander au citoyen de l’apporter». Estimant par ailleurs que l’administration publique est «éloignée» de l’accélération technologique, l’universitaire précise que l’innovation publique va amener l’administration à proposer des nouveaux services publics «innovants». Rappelons que Fortas Fatiha, du centre universitaire de Tipaza, avait souligné, dans une autre analyse, que les TIC représentent un «outil privilégié» pour moderniser la gestion administrative et supprimer les lourdeurs bureaucratiques. En effet, affirme-t-elle, il est de plus en plus reconnu dans le monde entier qu’une gouvernance efficace du secteur public requiert l’utilisation de TIC pour gagner en efficacité et améliorer la fourniture de services publics aux organisations et aux particuliers. Enchaînant, elle affirme que «l’administration électronique peut contribuer au développement social et économique des pays en améliorant l’efficience et l’efficacité du secteur public ainsi que les liens entre les divers services de l’administration. Dans ce contexte, rappelle l’universitaire, le gouvernement algérien, à mis en place un plan multisectoriel appelé «Stratégie e-Algérie 2013», qui comporte une série de mesures visent à renforcer les performances de l’économie nationale, des entreprises et l’amélioration du service public. Le développement de l’administration électronique a constitué le premier axe majeur de cette stratégie, par l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication et le renforcement de leur usage au sein de l’administration publique. À cet effet, un certain nombre de projets ont été lancés au niveau de l’administration algérienne portant essentiellement sur la numérisation et l’archivage des documents administratifs, la mise en place de systèmes d’information intégré, ainsi que la mise en ligne de certains services au profit du citoyen. Malgré l’intérêt de la démarche mise en place par le plan e-Algérie 2013, l’analyse du positionnement de notre pays, démontre que le secteur des TIC en Algérie connait encore un retard énorme par rapport à nos voisins. En raison de ce retard, poursuit l’universitaire, «le gouvernement est invité à revoir sa stratégie s’il veut vraiment développer et engager un processus pour la transformation numérique de l’économie algérienne. Il apparaît de plus en plus impérieux de repenser les politiques et programmes d’administration électronique en vue d’exploiter les énormes capacités dont dispose l’Algérie.
Fouad Irnatene
Auteur: elmoudjahid
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