Mohamed Ali Nafti : Donner à notre ambition climatique les moyens de sa réalisation (Album photos)Mohamed Ali Nafti : Donner à notre ambition climatique les moyens de sa réalisation (Album photos)

Ouvrant les travaux de l’atelier de travail national sur l’accès aux financements climatiques, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti a souligné que la transition climatique qui constitue un défi majeur, représente aussi une opportunité d’accélérer la modernisation de notre économie. Il s’agit de transformer notre ambition en projets et d’aboutir à des résultats tangibles, en mobilisant davantage de ressources, et agissant autrement.

Extraits du discours

Notre ambition est claire: mieux mobiliser les financements climatiques au service des priorités nationales.

La Tunisie a fait sien le choix d’être un acteur engagé de l’action climatique, à l’échelle nationale et au sein des fora régionales, onusiennes et internationales.

Elle a renforcé ses engagements dans le cadre de l’Accord de Paris. Elle œuvre à la mise en œuvre de sa CDN 3.0 qui a élevé de manière significative ses ambitions climatiques. Elle a inscrit également la transition climatique et environnementale dans son Plan de développement 2026-2030.

Mais nous le savons tous: l’ambition que nourrissons ne saurée être mesurée qu’avec des investissements et des financements à la hauteur des besoins.

C’est là que se situe l’enjeu de notre rencontre.

Le financement climatique n’est pas une question exclusivement environnementale.

A notre sens, il s’agit à la fois d’une question de développement, d’investissement et de transformation économique.

J’ai eu l’occasion de le souligner récemment à New York, lors du Sommet sur l’action climatique et la transition convoqué par le Secrétaire général des Nations Unies. D’ailleurs, les échanges de ce sommet ont rappelé l’importance d’accélérer l’action climatique et, surtout, d’élargir l’accès des pays en développement à des financements adéquats et abordables.

L’ambition climatique doit être accompagnée des moyens de sa réalisation.

C’est précisément l’un des enjeux de notre rencontre aujourd’hui.

La Tunisie dispose d’un potentiel important.

Elle peut mobiliser davantage les ressources offertes par les mécanismes multilatéraux et bilatéraux. Elle peut également mieux tirer parti de la diversité croissante des instruments disponibles.

Pourtant, nous devons reconnaître que la mobilisation actuelle reste en deçà de notre potentiel et des besoins liés à nos ambitions climatiques.

Le défi est donc double.

Il faut mobiliser davantage. Mais il faut aussi mobiliser autrement.

Les subventions demeurent essentielles, notamment pour les projets d’adaptation et les investissements qui présentent une rentabilité financière limitée.

Mais elles ne peuvent, à elles seules, répondre à l’ampleur des besoins.

Nous avons donc besoin de mieux exploiter les prêts concessionnels, les garanties, les financements mixtes et les autres instruments innovants.

Nous devons également explorer davantage les mécanismes de conversion de la dette en investissements en faveur du climat et du développement. Ils peuvent constituer un instrument innovant pour créer de l’espace budgétaire et orienter des ressources vers des projets prioritaires.

Je voudrais, à cet égard, saluer l’initiative de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) et son accompagnement de la Tunisie dans ce domaine. D’ailleurs, je saisis cette occasion pour lancer un appel à nos partenaires pour s’engager avec nous dans sa concrétisation.

Nous gagnerons également à mieux valoriser les opportunités offertes par l’Article 6 de l’Accord de Paris, lorsque les conditions sont réunies.

Nous devons surtout changer d’échelle.

Passer de projets dispersés à des programmes structurants.

Passer d’une approche ponctuelle à une approche programmatique.

Passer d’une logique de recherche de financement à une logique de mobilisation stratégique de ressources.

Autrement dit:
Il ne s’agit plus seulement de chercher un financement pour un projet. Mais plutôt de construire des projets bancables, capables d’attirer et de combiner plusieurs sources de financement.

C’est cette capacité de structuration qui permettra de passer de projets individuels à des investissements de plus grande ampleur et à des impacts plus durables.

Mesdames et Messieurs,

Cette évolution concerne également notre action diplomatique.

La mobilisation des financements climatiques et environnementaux est aujourd’hui un axe important de notre diplomatie. Elle a d’ailleurs constitué l’une des priorités de notre participation à la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York.

Notre réseau diplomatique a un rôle important à jouer: identifier les opportunités, rapprocher les acteurs, faciliter le dialogue avec nos partenaires et promouvoir les projets tunisiens susceptibles de bénéficier de financements internationaux.

L’atelier d’aujourd’hui s’inscrit dans cette dynamique. Il vient prolonger le travail engagé avec le Ministère de l’Environnement, notamment à travers la conférence organisée en juin 2025 sur le renforcement de la diplomatie climatique et environnementale.

Car notre diplomatie est d’autant plus efficace qu’elle s’appuie sur une vision nationale partagée et qu’elle agit en synergie avec l’ensemble de nos acteurs.

La mobilisation des financements commence par une meilleure coordination nationale.

Nous avons besoin de renforcer la coordination inter-institutionnelle, mais aussi avec les acteurs économiques, les collectivités territoriales, et les partenaires techniques et financiers.

Nous avons besoin de renforcer notre vision commune des priorités.

Mais aussi, d’un portefeuille de projets solides, structurés et bancables.

C’est dans cette perspective que cet atelier revêt une importance particulière.

Il nous permet de rapprocher les expertises nationales des expériences internationales.

Il nous permet aussi de mieux comprendre les attentes et les critères des différents mécanismes de financement.

Et surtout, il doit nous aider à identifier des solutions concrètes.

Nous ne sommes pas réunis uniquement pour échanger. Nous sommes réunis pour avancer.

Nous devons, à l’issue de cette journée, être en mesure de mieux comprendre les instruments et mécanismes financiers internationaux disponibles, leurs critères et exigences et les opportunités offertes afin d’identifier les schémas de financement les plus adaptés. Nous devons être en mesure aussi d’identifier les capacités à renforcer et les mécanismes de coordination à améliorer.

Il s’agit, à terme, de poser les bases d’une approche nationale plus cohérente et plus proactive de mobilisation des financements climatiques.

Notre objectif doit être simple: transformer nos ambitions climatiques en investissements concrets.

Transformer nos priorités en projets.

Et transformer nos projets en résultats tangibles pour notre économie, nos territoires et nos populations.

Mesdames et Messieurs,

La transition climatique constitue un défi majeur.

Mais elle représente aussi une opportunité.

Une opportunité d’accélérer la modernisation de notre économie. Une opportunité de renforcer notre résilience. Une opportunité d’attirer de nouveaux investissements. Et une opportunité de consolider la place de la Tunisie comme partenaire crédible et constructif dans l’action climatique internationale.

À nous de saisir cette opportunité.

À nous de mieux coordonner nos efforts.

À nous de mieux structurer nos projets.

Et à nous de renforcer notre capacité collective à mobiliser les ressources nécessaires.

Je voudrais, à ce stade, adresser un remerciement particulier à l’équipe du PNUD pour son engagement et pour le rôle central qu’elle a joué dans la préparation de cet atelier.

Nous apprécions particulièrement la qualité de cette coopération et souhaitons qu’elle puisse se poursuivre et se renforcer dans ce domaine. Nous comptons sur l’expertise et l’accompagnement du PNUD pour continuer à appuyer la Tunisie dans la mobilisation de financements climatiques à la hauteur de nos ambitions et de nos besoins et au service du développement de notre pays.

Je forme le vœu que les travaux de cet atelier puissent contribuer concrètement à cette dynamique et ouvrir la voie à des initiatives structurantes, portées collectivement par la Tunisie et ses partenaires.

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