«L’Armée nationale populaire est actuellement la seule institution légitime et qui institue une continuité de la légitimité», a souligné, hier, Mohamed Lakhdar Maougal, sociolinguiste, professeur à l’Ecole nationale supérieure du journalisme et vice-président du Conseil scientifique de l’Académie des langues africaines.
S’exprimant sur les ondes de la radio Chaîne III, le Pr. Lakhdar Maougal a affirmé que le changement du système ne peut pas se faire sans l’implication directe de l’armée.
Poursuivant ses propos, le sociolinguiste a indiqué que dans la légitimité, l’Etat est soumis à des épreuves qui sont sanctionnées par des élections, ajoutant que «tout le monde le sait. C’est un secret de polichinelle, les élections algériennes n’ont jamais été nettes, elles ont toujours été truquées». Côté légitimité, dira M. Lakhdar Maougal, «les institutions élues sont illégitimes, leur fonctionnement et leurs décisions sont illégitimes».  Appuyant ses propos, l’hôte de la radio a rappelé qu’en Algérie, tout l’arsenal institutionnel qui a été mis en place depuis 1962, a été fait sur de fausses bases. «Toutes les Constitutions ont été illégitimes mis à part une seule Constitution qui est le produit de l’Armée nationale populaire, en 1996, et qui est la première Constitution démocratique», a fait savoir le Pr. Lakhdar Maougal.  Une Constitution, dira l’enseignant, qui reconnaît le principe de l’alternance et qui insiste sur le principe de la limitation des mandats : «Ma lecture des faits quand j’analyse la société algérienne, je la fais en termes de polarités, soit sur la polarité d’encadrement sur laquelle repose l’Etat et les institutions, soit la polarité élitaire c’est-à-dire celle qui dynamise la société et qui la pousse à aller de l’avant». Dans ce cadre, le Pr. Lakhdar Maougal a constaté que la polarité d’encadrement à toujours été limitée, ce qui a conduit à l’usage de la répression et à rendre l’Etat algérien impopulaire aux yeux de son peuple.
En revanche, il précisera que «l’Armée et le peuple ont toujours était en relative symbiose», faisant savoir que «le premier socle de l’économie algérienne a été confié, dans les années 1970, à des militaires qui étaient en charge de construire cette économie au plus fort des crises qu’a connues le pays à cette époque».
«Durant cette période de crise, on avait un Etat qui voulait véritablement s’engager dans la construction du pays, accompagné par l’Armée», a rappelé l’invité de la rédaction qui précise, dans ce sillage, que l’Algérie est sortie, dans les années 1970, avec un tissu industriel et une agriculture assez développées.
Il précise que la fonctionnalité de l’Armée nationale populaire, est une institution de continuité et «qui garantit la légitimité».
«Cette institution autonome tient sa légitimité du peuple. Pour preuve, l’alliance qui a été tissée entre l’Armée et le peuple», a-t-il fait observer. Et d’ajouter qu’il faut qu’il y ait une implication de l’armée dans les affaires politiques, «parce que nous sommes en situation de crise et l’implication de l’armée dans les affaires politiques est indispensable pour trouver des solutions dans le sens où l’armée garantit le bon déroulement de la mise en place de mécanismes de transition», a expliqué l’invité de la rédaction qui admet que notre pays se trouve à présent face à un problème précis. «Il y a urgence de surmonter la crise actuelle, reste à trouver les solutions adéquates».
Pour le sociolinguiste, la crise de confiance n’est pas entre l’Etat et son armée mais elle est entre le peuple et son Etat, faisant part de l’existence d’un lien étroit entre le peuple et son Armée et une défaillance totale du peuple par rapport à l’Etat. Pour lui, faut-il favoriser l’alliance (Djeich-Chaâb) et à ce moment-là, imposer une refondation totale de l’Etat, c’est-à-dire changer complètement le système de gouvernance.
Il précise qu’il n’y a pas de crise sans solution, ajoutant que «les solutions rationnelles doivent être adoptées en tenant compte de l’exigence et de la demande de la source fondamentale du pouvoir qui est le peuple».
Selon l’intervenant, on peut passer ce cap de la crise, en donnant au peuple algérien la possibilité de se restructurer, de s’organiser et d’exiger dans les plus brefs délais des élections présidentielles.
«Aujourd’hui, nous devons faire confiance aux élites de la nation, ce qui permet d’accompagner la société dans ces processus et ses exigences de transformation», a insisté à la fin, le Pr. Lakhdar Maougal.
 

Auteur: elmoudjahid
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