Experts en organisation sociétale, chefs d’entreprises, responsables institutionnels ou administratifs et élus locaux s’accordent sur les vertus des normes et de la certification mais il reste que dans la pratique, le constat est tout autre. L’Ianor relevant du ministère de l’Industrie redouble d’efforts en matière de sensibilisation des administrations, entités industrielles, administrations, organismes institutionnels, ONG, et assemblées élues quant à l’importance de la responsabilité sociétale afin de parvenir à une meilleure gouvernance en s’appropriant les outils pour l’optimisation du processus du développement durable. La responsabilisation des activités professionnelles envers la société et l’environnement devrait être inclue en tant que principe au sein de l’ensemble des organismes publics et privés. 

M. Mohammed Kheddam, expert en organisation sociétale plaide la nécessité de généraliser l’implémentation de la norme algérienne NA ISO 26 000 sur la responsabilité sociétale qui constitue le mécanisme adapté pour dynamiser le processus du développement autant sur le plan de la relance économique qu’en termes de fiabilités des institutions. Il fait savoir que le nombre d’organisation publiques et privées ayant engagé le processus d’acquisition de cette norme ne dépasse pas la cinquantaine dont 3 collectivités locales.

El Moudjahid : En quoi consiste la norme ISO 26000 et quels sont les organismes concernés ?

M. Mohammed Kheddam : C’est une norme adoptée par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) en 2010, après 5 années de négociations et l’intervention de 500 groupes et comités pour son élaboration. L’ISO 26000 vient s’ajouter à la liste déjà impressionnante de normes internationales. À l’instar des autres textes, elle prône une responsabilisation des activités professionnelles envers la société et l’environnement. C’est un guide technique servant de référence sur les qualités de responsabilité sociétale des entreprises et organisations administratives. Au niveau mondial, la norme a convaincu plusieurs millions de professionnels. Ces derniers l’utilisent pour démontrer que leur activité a un impact minimum vis-à-vis de l’environnement, du respect du consommateur final, des employés. Le but est de faire de toutes les entreprises des prestataires socialement responsables qui agissent en fonction du bien-être des personnes, de la société et du monde environnant. A l’Institut algérien de normalisation, l’accompagnement à l’implémentation de cette norme compte quelques 50 organisations dont 3 collectivités locales. Dans les grandes lignes, ISO 26000 s’adresse à toute organisation privée ou publique. Peu importe le modèle de l’entreprise ou son envergure. Le respect de cette norme devient incontournable pour, in fine, assurer la pérennité des activités. Start-up, grand groupe industriel, wilaya, daïra, APC, administration, personnel enseignant, chercheurs, banques et représentants du gouvernement sont concernés par cette norme qui prône une mise en valeur des résultats obtenus et un cadre propice pour ne léser aucune partie prenante dans leurs activités et ce, dans une dynamique d’échange gagnant-gagnant. Les normes ISO mènent généralement vers une certification qui aide les entreprises à être différenciées des concurrents. En revanche, la norme ISO 2600 reste toujours dans le cadre des consignes directives, peut-on savoir pourquoi ?

La norme ISO 26000 désigne l’ensemble des critères en matière de responsabilité sociétale. Ce type de norme n’est pas obligatoire, dans la mesure où il n’amène pas vers des certifications ISO pour éviter la situation de surévaluation. A la différence de ses homologues, elle n’est pas ouverte à une certification. Elle constitue seulement un ensemble de lignes directives pour améliorer le comportement décisionnel des sociétés. Pour l’acquisition de la norme ISO 26000, la procédure à suivre est différente de celle où il est question de formuler une demande auprès d’une autorité adéquate et d’obtenir un certificat de conformité. L’IANOR aide les entreprises et autres organisations à être responsables sur le plan sociétal. Nous avons notre propre guide algérien d’évaluation de cette norme qui est axé sur le niveau de maturité des questions centrales. Cet outil n’a pas été construit avec des parties prenantes mais plutôt par des consultants. Nous considérons que le fait d’agir conformément aux principes de la responsabilité sociétale est une nécessité pour toute organisation. C’est non seulement un moyen de contribuer au projet général du développement durable, mais aussi une façon de s’assurer une place enviable dans son champ économique.

De votre point de vue, quel est le lien entre cette norme et la responsabilité sociale des entreprises ?

Depuis la publication de la norme ISO 26000, nous avons à notre disposition une définition validée par des centaines d’experts de divers horizons en sus d’un ensemble cohérent et formalisé de lignes directrices. Il reste maintenant aux organisations à mettre en œuvre des pratiques et, certes, ce n’est pas une mince affaire. La norme ISO 26000 est liée étroitement au concept de la responsabilité sociétale des entreprises. En effet, la RSE est une approche qui contient des consignes incitant l’entreprise à prendre en considération le volet social, environnemental et économique lors de la prise de décision. 

La stratégie de l’accompagnement RSE prend en compte les demandes des parties concernées, respecte les normes internationales telles que les questions relatives aux consommateurs et les droits de l’homme. ISO 26 000 apporte en effet des réponses pratiques aux questions centrales traitant de la gouvernance, de l’environnement, des droit de l’homme, des relations et conditions de travail, de la fiabilité des pratiques et autres questions relatives aux consommateurs et à l’efficience des mécanismes du développement local. Elle sert à fidéliser la clientèle vu ses effets et avantages concurrentiels. Cette technique favorise la communication au sein de la société ce qui motive les salariés. Autrement dit, grâce à l’accompagnement RSE qu’offre également l’IANOR, les entreprises, ainsi que toutes les organisations gagnent en termes de responsabilité sociétale vis-à-vis des consommateurs, des investisseurs, des employés et des partenaires. 

Propos recueillis par Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
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