Moins d’un mois après l’investiture de M. Abdelmadjid Tebboune dans ses fonctions de premier magistrat  du pays, l’Algérie entame son itinéraire sur la voie du changement et de la consécration des 54 engagements de son programme. Une dynamique de réhabilitation des institutions de l’État et de rétablissement  de la confiance, à travers une démarche de concertation inclusive, est mise en branle.

Une stratégie qui vise autant à relever les défis qu’imposent la conjoncture interne qu’à consolider la place de l’Algérie au double plan régional et international. À ce propos, le rôle pivot que joue l’Algérie dans la rive sud de la Méditerranée s’est réaffirmé, à travers la redynamisation de l’action diplomatique qui, sous la conduite du président Tebboune, a contribué efficacement à privilégier la solution politique dans la résolution de la crise libyenne. Salim Hammadi, enseignant universitaire en sciences politiques, spécialisé dans les relations internationales, estime que la démarche visant à un cessez-le-feu en Libye est «purement d’origine algérienne», relevant «son engagement et sa contribution au règlement politique de la crise» qui secoue ce pays. Pour cet expert, l’élection du président Tebboune a conféré toute la légitimité voulue à l’action diplomatique qui a réussi une véritable prouesse en évitant à la Libye et à son peuple, le pire des scénarios.
Sur un autre plan, l’action du président de la République et du gouvernement qu’il a désigné, pour consacrer le changement et instaurer un modèle de gouvernance novateur, s’accélère. L’objectif de cette dynamique tend à répondre favorablement aux exigences de l’Algérie nouvelle et à satisfaire les revendications de la mobilisation citoyenne. En la matière, le président de la République s’applique, dans le cadre d’une concertation élargie à toutes les forces vives de la nation, à la mise en œuvre de sa feuille de route révélée lors de sa campagne électorale.
À ce titre, M. Abdelmadjid Tebboune a engagé une série d’entretiens avec des personnalités et compétences nationales, ainsi que des chefs de parti, y compris de l’opposition.
Le but de ces concertations est de parvenir à la mise en place des mécanismes les mieux adaptés à même de satisfaire les attentes des différentes franges de la société en termes de bonne gouvernance et d’amélioration du mode de vie des Algériens qui aspirent au progrès. Dans cet ordre d’idées, la révision de la Constitution se conçoit comme la base de cette entreprise de renouveau national. À peine le chantier d’amendement de la Loi fondamentale engagé, à travers notamment l’installation d’un comité d’experts chargé de l’élaboration d’une première mouture, qui sera soumise à enrichissement, que le consensus s’établit progressivement autour de l’importance de cette démarche. Les experts, autant que la classe politique que le mouvement associatif, soulignent le fait que la Constitution actuelle ne répond plus à l’exigence de l’instauration de la nouvelle République, où il est question de consolidation de l’État de droit, d’indépendance de la justice, de séparation et d’équilibre des pouvoirs, en somme de mise en place d’un système démocratique affranchi de toute dérive autoritaire et respectant la volonté du peuple.
Tels que révélé par le président de la République, les contours de la nouvelle loi-mère ont été salués par l’opinion et par nombre d’acteurs politiques. Il est en effet attendu d’aller vers de nouveaux amendements constitutionnels réduisant les prérogatives du président de la République, garantissant davantage de cohésion dans le fonctionnement du pouvoir exécutif et réhabilitant le rôle du Parlement, outre le besoin impératif de moraliser la vie publique. À ce propos, l’instruction du chef de l’État au Premier ministre pour l’élaboration d’un projet de loi criminalisant toutes formes de racisme, régionalisme et discours haineux est à saluer. Car il est de notoriété que tout projet, aussi noble soit-il, ne peut se réaliser que si la société est apaisée et le peuple uni autour de l’objectif premier du président, celui d’instaurer une nouvelle République qui garantit les droits de tout un chacun.
Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
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