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Quand on disait que la démocratie, les droits humains et tout le toutim ne sont qu’un écran de fumée, que derrière le rapt de Nicolas Maduro il y a un océan de pétrole. Ce que le président Donald Trump ne veut pas assumer publiquement – mais il en a dit suffisamment – son ministre de l’Energie, Chris Wright, l’a fait ce mercredi 7 janvier…

Il a déclaré, sans prendre de gant, que l’administration américaine contrôlerait «pour une période indéterminée» la vente du pétrole vénézuélien. Il a fait cette sortie au lendemain de l’annonce par Trump d’une livraison par Caracas de dizaines de millions de barils. Donc pour ceux qui en doutaient encore la Maison Blanche ne se contentera pas de se payer sur la bête pour récupérer les montants engloutis par la nationalisation des investissements américains en 2001.

« Nous allons commercialiser le pétrole brut provenant du Venezuela, d’abord celui qui est stocké, puis, pour une période indéterminée, à l’avenir, nous vendrons la production provenant du Venezuela sur le marché« , a clairement dit M. Wright lors d’une manifestation organisée par la banque Goldman Sachs à Miami sur le thème de l’énergie.

Le ministre l’a certainement dit pour faire tomber les hésitations des investisseurs, à qui Trump a demandé d’injecter des milliards de dollars dans la relance de l’industrie pétrolière vénézuélienne. Feu le président Hugo Chavez et Maduro ont sérieusement malmené le secteur, divisant la production par 4 alors que le pays est assis sur les premières réserves prouvées de la planète.

Le président américain sait que les grandes compagnies ne se lanceront que si de solides garanties de stabilité politique et de sécurité sont posées sur la table. Personne n’ira si les investissements ne sont pas sécurisés dans la durée. Ce qui explique sans doute que la Maison Blanche laisse les rênes du pays à une dame de fer, la vice-présidente Delcy Rodriguez, alors qu’au départ aucun des vestiges du régime de Maduro ne devait survivre.

L’argent ça parle à Trump, pour le plus grand malheur de la cheffe de l’opposition, María Corina Machado Parisca, et du vrai vainqueur de la dernière élection présidentielle, Edmundo Gonzalez Urrutia. Le républicain les a disqualifiés en déclarant qu’ils sont inaptes à piloter le Venezuela, parce que pas assez « populaires« . Mais voyons. En réalité ce qui leur barre la route c’est leur projet politique : la démocratie et l’État de droit. Déjà que cette invention grecque est piétinée par Trump chez lui, aux USA, que dire au Venezuela…

En démocratie ça débat sans cesse, ça consulte, ça donne son avis, ça proteste, ça manifeste… Et justement dans ces contrées bolivariennes anti-américaines on imagine aisément dans quel sens iraient le Parlement et l’opinion publique s’ils étaient consultés sur les appétits des USA pour le pétrole vénézuélien. C’est une bataille que Trump perdrait certainement, alors il mise tout sur les muscles de l’US Army.

Ce que Washington veut c’est un régime fort qui impose le silence aux Vénézuéliens et soigne les intérêts des investisseurs américains, pas des débats idéologiques sempiternels sur le bien et le mal, sur les anges et les démons, etc. Ce n’est pas la démocratie qui intéresse le président-milliardaire, c’est un pouvoir autocratique capable de faire tourner le business. Après Chavez, Maduro a fermé la porte aux USA. Il avait commencé à céder à la fin, dans son dernier entretien avec les médias, après que les navires l’ont cerné. Trop tard, Trump ne voulait plus des morceaux, il voulait tout…

Mme Rodriguez est tout sauf une démocrate, elle sera parfaite pour ce job. Est-ce que pour autant elle jouera le jeu de la Maison Blanche ? « Wait and see« .

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Auteur: Souleymane Loum
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