Face à l’essor significatif du secteur des montgolfières et la croissance des risques liés à cette activité, le Maroc décide de se doter d’un cadre de développement structuré de cette activité. Pour cela, il a récemment lancé un appel d’offres pour la réalisation d’une étude sécuritaire au niveau de la zone de Jbilet, dépendant de la région de Marrakech-Safi. L’initiative est menée conjointement par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) et la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
L’étude vise à établir un diagnostic de l’activité sur le site de Jbilet, l’unique zone actuellement autorisée pour les montgolfières par la DGAC à Marrakech. «Les opérateurs exploitaient auparavant le site Agafay. Cependant, les vols ont été suspendus dans cette zone pour des raisons de sécurité», indique la Direction générale de l’aviation civile. L’évaluation devra inclure notamment le nombre de vols, les incidents déclarés, les risques de congestion et de collisions ainsi que les interactions avec d’autres usagers de l’espace aérien. Ajoutez à cela une analyse météorologique sur les vents dominants et les phénomènes dangereux identifiés, ainsi qu’une analyse sur le cadre réglementaire actuel et les lacunes identifiées avec un benchmark des modèles internationaux. L’étude devra aussi proposer un cadre de développement de l’activité sur le site. Plusieurs scénarios seront proposés en précisant le nombre maximal de montgolfières pouvant opérer simultanément par créneau horaire, en tenant comptes des risques de congestion et des capacités d’intervention d’urgence.

Plusieurs scénarios à proposer

Le rapport final devra contenir une proposition détaillée pour mettre en place un dispositif de gestion du trafic basé à la zone autorisée appelé «Slot service center», et un modèle de gestion de cette activité. Cela à travers une entité qui agira en concertation avec la commune de Jbilet et la DGAC pour garantir le respect des procédures réglementaires en vigueur.
Sur la base du nouveau modèle de gestion, l’étude doit établir une proposition d’un schéma organisationnel et fonctionnel du site.
En clair, identifier la zone d’implantation de chaque activité: accueil, décollage, contrôle, entretien, maintenance, flux accès public/privé… La durée d’exécution de cette mission est fixée à 90 jours. L’ouverture des plis est prévue pour le 4 novembre prochain.

Une activité en plein boom

Les collines de Jbilet, situées au nord de Marrakech, offrent un paysage spectaculaire propice à diverses activités en plein air, notamment les vols en montgolfière. Au cours de la dernière décennie, l’activité a connu une expansion remarquable avec une augmentation de 600% du nombre des titulaires de transporteurs aériens (AOC), souligne la SMIT dans le cahier des Prescriptions Spéciales (CPS). Le nombre des opérateurs privés est ainsi passé de 4 entreprises en 2016 à 28 en 2025. La flotte des montgolfières comprend actuellement 81 aérostats contre 8 en 2016. L’activité connaîtra dans les 5 prochaines années une croissance considérable. Selon les prévisions de la SMIT, le nombre de ballons en exploitation atteindra 200 à 250 unités. Le nombre des sociétés opérant dans le secteur pourrait dépasser les 50.

Tolérance zéro

L’activité des vols en montgolfière est strictement encadrée par la Direction générale de l’aviation civile. Elle est régie par la même réglementation à laquelle sont soumis les avions de ligne de RAM.
«L’activité des vols en montgolfière est strictement rigoureuse. Chaque entreprise opérant dans le secteur doit avoir un certificat d’exploitation. Un arrêté doit être signé par le ministère du Transport et publié dans le BO (Bulletin officiel) pour autoriser l’entreprise à démarrer son activité », explique la Direction de l’aviation civile dans une déclaration à L’Economiste.
Le certificat d’exploitation est renouvelé chaque année. Un certificat de navigabilité est également exigé pour que le ballon vole sur le ciel marocain. Pour des questions sécuritaires, le document est renouvelé chaque 6 mois, suite à une inspection de l’état du ballon.
L’entreprise opérant dans le secteur doit respecter certaines exigences: des pilotes certifiés et une assurance pour chaque ballon. «Au Maroc, il n’existe pas de formation pour pilote de montgolfière. Les pilotes sont formés à l’étranger. Ils doivent avoir une licence. Pour exercer au Royaume, ils doivent déposer une demande pour obtenir un certificat d’équivalence», précise la DGAC.
Un plan de vol doit être déposé chaque jour. Une radio à bord de l’aéronef est exigée pour rester en contact permanent avec la tour de contrôle de l’aéroport.
En cas d’infraction à la réglementation, des sanctions sont prises à l’encontre de l’entreprise. Cette année, 4 entreprises ont été en arrêt temporaire de trois mois pour violation des règles de navigation. Ces sociétés ont dépassé les limites d’altitude autorisées et ont pris des risques en volant dans des conditions météorologiques défavorables.


Combien ça coûte?

Les excursions touristiques à bord d’une montgolfière séduisent de plus en plus les touristes nationaux et étrangers. Face à la forte demande, les prix s’envolent. Une heure de vol est facturé à partir de 1.300 DH. Ce vol classique est proposé par certaines entreprises à 2.400 DH. La facture de la prestation peut augmenter jusqu’à près de 4.000 DH par personne selon la formule choisie: VIP ou VIP Top ou Royale. Des formules pour couples sont également proposées pour près de 6.000 DH. Les enfants âgés de moins de 5 ans bénéficient de la gratuité. La prestation comprend le transport aller/retour à l’hôtel, un petit déjeuner, une cérémonie de décollage et le vol jusqu’à 60 min.

Khadija SKALLI

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Auteur: Khadija SKALLI
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