«Le mouvement populaire qui a été caractérisé par son aspect pacifique et civilisé doit déboucher sur des élections libres et transparentes pour sortir de la crise et construire une Algérie nouvelle fidèle aux principes du 1er Novembre 1954», c’est en ces termes que le président du mouvement El-Bina s’est exprimé, hier à Alger, lors de la 5e rencontre régionale des cadres du Centre du pays, de sa famille politique et ce, sous le slogan : «La volonté du peuple pour une élection libre et transparente».
 Abdelkader Bengrina a, en cette occasion, tenu à souligner le fait que «le Hirak a réussi à concrétiser les aspirations du peuple grâce à la cohésion de corps entre le peuple algérien et son armée digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN)». Il a révélé, dans ce sillage, qu’il a été approché, avant le 22 février dernier, pour cautionner la révision de la Constitution, la prolongation d’un an du mandat de l’ancien président et pour participer à un gouvernement d’union avec l’organisation d’une conférence nationale. «Ce que nous avons catégoriquement refusé», a-t-il assuré non sans ajouter que l’on ne peut aucunement tolérer l’annulation des élections présidentielles.
«On a voulu nous imposer un agenda de l’étranger pour venir à bout de notre souveraineté nationale et contrecarrer les aspirations de notre peuple. Heureusement, l’ANP a empêché ce funeste projet», a-t-il révélé avant d’afficher sa fierté de voir le front intérieur renforcé par la fusion qui s’est opérée entre l’ANP et le peuple. «Une telle unité empêchera toutes ingérences des puissances étrangères dans nos affaires intérieures», a-t-il rassuré avant de faire savoir que l’on est, également, venu lui proposer une entrevue avec des membres de l’ancien cercle présidentiel ce qu’il a, dit-il, «rejeté». Et de confier à son auditoire, que, par ce refus, sa formation politique avait subi des pressions. Le président du mouvement El-Bina a exprimé son souhait de voir le nouveau président de l’APN, Slimane Chenine, conduire le dialogue national compte tenu de ses «compétences» et du «consensus» qui se «dégage» autour de sa personne. Il rappellera pour preuve, son plébiscite à la tête de l’APN par «la majorité des partis» représentés au sein de cette institution républicaine.
Et d’annoncer, sur un autre registre, que «l’ouverture des dossiers de corruption montrera au grand jour qui a marchandé des places au parlement et qui a été sanctionné pour avoir refusé de les marchander». Selon lui, «l’ouverture de ces dossiers va provoquer, prochainement, la reconfiguration profonde du champ politique national. Les jours à venir vont dévoiler beaucoup de choses», a-t-il prédit avant d’assurer le soutien de sa formation à toutes les revendications «objectives et nationales» du Hirak prévenant qu’El Bina n’adhèrera à aucune démarche en dehors du cadre constitutionnel. Évoquant le positionnement géopolitique du pays, Bengrina a mis en exergue le fait que l’Algérie est un leader régional naturel.
«Il ne faut oublier que la Tunisie, sœur et voisine, qui est passée par des temps difficiles, tant sur le plan sécuritaire qu’économique, a, uniquement, trouvé l’aide de notre pays», a-t-il soutenu avant d’assurer que les pays d’Afrique seront toujours aux côtés de l’Algérie. Abdelkader Bengrina a affirmé, au passage, que «depuis la maladie de l’ancien président de la République, notre position diplomatique s’était affaiblie dans la région».
«Le Sahel est pour nous une question de sécurité nationale. Ainsi, il faut, le plus rapidement possible, des élections libres et transparentes pour renforcer notre position diplomatique», a-t-il insisté avant d’afficher son bonheur de voir les jeunes générations renouer avec le patriotisme lors des marches populaires à travers le territoire national. Le président du mouvement El Bina a, à la fin, indiqué que son parti «a été à l’avant-garde en demandant le départ de Mouad Bouchareb et en réclamant une lutte implacable contre la corruption».
Dans ce même cadre, il a confié avoir «la patrie chevillée au corps». «Pendant les années 1990, nous étions au premier rang pour défendre l’Etat algérien. A ce propos, je mets en garde contre le danger du vide constitutionnel», a-t-il indiqué, ajoutant que «l’Algérie est chère à notre cœur» et que «notre formation politique est prête à se sacrifier pour la patrie».
Et de déclarer que c’est au président de la République prochainement élu, qu’incombera la mission d’apporter les réformes nécessaires et ce, «sans toucher» aux constantes nationales et aux valeurs du 1er Novembre 1954.
Abdelkader Bengrina a conclu son discours, en saluant avec force, le rôle du «Novembriste», vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, pour son patriotisme et sa persévérance. «En effet, il a refusé d’instaurer l’état d’exception et d’affronter les Algériens dans la rue. Au contraire, il les a sauvés de la Issaba et protégés de multiples dangers, tant internes qu’externes !».
    Sami Kaïdi

Auteur: elmoudjahid
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