Mascara 

Construire un état moderne

Pour le 11e vendredi de suite, des centaines de milliers de citoyens ont manifesté dans le calme à Mascara, pour revendiquer le changement du système et la transition politique. Des marées humaines venues de toutes les localités de la région de Béni Chougrane se sont regroupées, après la prière du vendredi, dans les principales artères du centre-ville et de la place publique Émir-Abdelkader, brandissant le drapeau national et des pancartes où l’on pouvait lire des slogans hostiles au pouvoir et appelant à son départ.  

Les manifestants ont scandé des slogans anti-pouvoir, les «Silmiya, silmiya» ou encore «Djeich, chaâb, khawa khawa» des refrains qui reviennent chaque vendredi dans ces marches qui ne sont pas prêtes de faiblir. Drapés, pour beaucoup d’entre eux, de l’emblème national et des écharpes aux couleurs algériennes, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes ont marché sous une pluie fine. Une autre journée de mobilisation des citoyens qui ont manifesté pour revendiquer des réformes politiques. Une marche populaire ouverte à toutes les couches sociales sans aucune tutelle, sans aucune récupération politique, sans aucune manipulation, seule la voix du peuple a longuement résonné dans la cité de l’Emir. C’est désormais une tradition tous les vendredis, l’après-midi, chaque citoyen œuvre dans le sens de la construction d’un Etat moderne. Ils étaient des dizaines à brandir des banderoles déclarant leur soutien à l’ANP, contre “le déni de droit, de négation des libertés et de violations des textes de la République. Le mouvement de la protestation ne faiblit pas dans la capitale de l’Emir et joindre leurs voix à celle du peuple qui demande le départ du système en place. Les marcheurs, parmi lesquels de jeunes étudiants, militants actifs du mouvement associatif, des chômeurs brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire dans plusieurs langues différentes leurs aspirations légitimes pour une Algérie libre et prospère, une et unie. Cette action de protestation qui voit chaque week-end la participation de toutes les couches sociales pour revendiquer haut et fort les droits fondamentaux durant ce mouvement de protestation pacifique. La marche qui se veut un message fort, pour «réitérer l’appui et le soutien aux revendications légitimes portées par la voix du peuple algérien pour la concrétisation des aspirations du peuple et de la jeunesse algérienne pour un Etat souverain, libre et démocratique», nous indique en chœur et à l’unisson ces jeunes bénévoles de la mobilisation citoyenne de tous les vendredis depuis le 22 février, un message fort en enseignements qui se passe de tout commentaire.

A. Ghomchi

BéJAïA 

Le peuple, source du pouvoir

C’est toujours avec une grande détermination et une mobilisation sans faille que la onzième marche populaire pacifique réclamant le départ du système en place a drainé hier une foule grandiose au chef-lieu de la wilaya de Bejaia en scandant «Ulach smah ulach – Ulach l’vote ulach » (Pas de pardon – Pas de vote), «Assa azaka mouvement yella yella » (Aujourd’hui et demain, le mouvement existera) «Système dégage – FLN dégage». 

Les milliers de manifestants qui brandissaient des pancartes et banderoles au milieu du drapeau national ont longuement dénoncé l’entêtement et la sourde oreille des responsables en place qui dirigent le pays sans prendre en compte les revendications du mouvement populaire créé depuis la première marche du 22 février pour que le peuple soit la source du pouvoir. Toutes les couches sociales étaient présentes hier lors cette onzième marche en parcourant coude-à-coude le traditionnel itinéraire du vendredi de l’union et de la solidarité, voulant ainsi montré une fois de plus que le changement se fera par le peuple et que la corruption, le favoritisme et l’oligarchie doivent disparaître à jamais du pays, une exigence incontournable qui démontre que les manifestations ne se sont pas estompées, les Algériens maintenant leurs revendications d’une vraie transition qui débouchera sur le départ de tout le système. Ainsi le mouvement populaire pacifique qui s’est ancré dans la vie quotidienne des citoyens depuis sa naissance lors de la première marche de Kherrata du 16 février dernier qui réclamait l’annulation du 5e mandat du président de la République démissionnaire, est plus que jamais déterminé à se mobiliser jusqu’au départ définitif du système qui semble vouloir perdurer en contournant les vrais revendications du peuple. 

Criant haut et fort «Anedou Anedou hacha mayaghli wadhou  (Nous marcherons jusqu’à ce que le système tombe), plusieurs associations, syndicats de différents secteurs, étudiants, mouvements citoyens se sont joints à la foule dont plusieurs manifestants sont arrivés dès la matinée des différents villages et communes de la wilaya de Bejaia.  C’est plus de deux mois et demi que la rue gronde avec toutes ces manifestations quotidiennes et hebdomadaires, et le système est en place ainsi que certaines personnalités de formations politiques et de l’opposition voient la situation favorable pour s’imposer en interlocuteur en accaparant la mobilisation populaire et en se créant une légitimité, mais le mouvement populaire a déjà prit les devant «Pas d’interlocuteur, le peuple seul source du pouvoir».

M. Laouer

Tizi Ouzou 

Liberté et justice

La mobilisation citoyenne pour le changement radical du système politique en Algérie est restée toujours intacte à Tizi-Ouzou où une déferlante humaine s’est donnée rendez-vous, hier, acte XI de la dynamique populaire du 22 février, dans la ville des Genêts pour rappeler avec détermination leur engagement à poursuivre le combat pour libérer l’Algérie de l’ancien régime et construire un nouveau Etat de droit, des libertés et de la justice indépendante. Lors de cette grandiose marche, tous les tenants du système politique en place ont été la cible de la colère des manifestants et contre leur refus de satisfaire toutes les revendications exprimées par des millions d’Algériens durant les marches organisées depuis le début de la dynamique populaire du 22 février. Des slogans hostiles ont été scandés contre le gouvernement tout au long de cette marche à laquelle ont pris part différentes couches de la société et diverses organisations professionnelles et syndicales, notamment les avocats, les journalistes, les étudiants… Les veuves et filles de chahids étaient également parmi les participants à cette marche pour le changement. Brandissant une banderole sur laquelle était écrit «Système dégage, Assemblée constituante souveraine» et le drapeau national, ces femmes dignes héritières de nos valeureux martyrs tombés au champ d’honneur pour libérer l’Algérie du joug de la colonisation française entonnaient tout au long de cette manifestation des chants patriotiques en hommage à leurs glorieux maris et pères libérateurs.

D’autres personnes constituées dans un carré chantaient quant à eux des chansons patriotiques de Matoub Lounès et Ali Ideflawen entrecoupées par des slogans hostiles aux tenants du système, entres autres «Système dégage», «Y en a marre de ce pouvoir», «Djazair Horra Dimocratia», «Klitou Lebled Ya Saraquine». La procession humaine s’est ébranlée à partir du portail principal du campus universitaire Hasnaoua pour sillonner les principales artères de la ville des Genêts et se disperser comme d’habitude devant le Mémorial des martyrs de la wilaya de Tizi-Ouzou sis à la placette de l’Olivier, entrée ouest de la ville. Les marcheurs ont observé un silence radio en arrivant à hauteur du Chu Nedir Mohamed pour ne pas déranger les malades s’y trouvant. Encore une fois, la marche s’est déroulée dans une parfaite ambiance fraternelle et de détermination à faire aboutir pacifiquement toutes les revendications du peuple algérien qui aspire à vivre dignement dans la nouvelle République en cours de constitution. Par ailleurs, les journalistes, correspondants et assimilés de presse exerçant à Tizi-Ouzou ont observé hier au niveau du Mémorial des journalistes assassinés durant la décennie noir du terrorisme un rassemblement et recueillement à la mémoire de ces derniers. Après l’observance d’une minute de silence et le dépôt d’une gerbe de fleurs en hommage à leurs aînés qui se sont sacrifiés pour que l’Algérie n’abdique pas devant les terroristes, les dizaines de professionnels de la presse auxquels se sont joints plusieurs autres représentants de différentes corporations professionnelles ont improvisé une marche à partir de ce Mémorial jusqu’à la stèle du journaliste assassiné Tahar Djaout sise au jardin se trouvant en face du tribunal de la ville. «Libérez la presse», «Halte au harcèlement des journalistes» et «Pour le respect de la voix du peuple», tels étaient les slogans scandés par les professionnels des médias lors de cette marche organisée à l’occasion de la journée internationale de la Liberté d’expression par l’association des journalistes et correspondants de la wilaya de Tizi-Ouzou (AJCTO).

Bel. Adrar

SIDI BEL-ABBèS 

Préserver les intérêts de la collectivité

«Pour des réformes profondes»… le slogan est repris en chœur par des centaines de manifestants qui ont répondu encore une fois à l’appel pour participer à la marche populaire dans son acte 11. Le même itinéraire a été emprunté en fait comme pour se conformer aux règles de l’organisation mise en place depuis des semaines. Place du 1er Novembre, pour le rassemblement, avant de sillonner ensuite les artères et avenues de la ville, l’élan reste soutenu de cette population dans son écrasante majorité du moins pour appuyer les revendications formulées et exprimer sa solidarité nationale. «C’est une lutte continu jusqu’à la prise en charge de nos aspirations aux effets certains sur la promotion du pays et son épanouissement», déclare le jeune Tewfik qui insiste toutefois sur le caractère pacifique de cette manifestation et relève la nécessité de préserver les intérêts de la collectivité. Un tel sentiment est à vrai dire partagé par le commun des participants qui semblent déterminés à faire valoir leurs revendications.

De la détermination et de l’engouement pour cette marche donc, les vendredis se suivent et se ressemblent pour ces citoyens qui se sont familiarisés avec un décor pour se laisser aller dans son animation et ses couleurs et manifester perpétuellement leurs choix. Un pli a été instauré même si l’idée du dialogue fait son chemin au sein de quelques milieux avertis et conscients de la portée de cette valeur universelle de nature à aboutir à un consensus national pour la stabilité du pays. Des voix déjà s’élèvent çà et là pour faire entendre cette option.

A. B.

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.