La mobilisation des Algériens pour le changement du système politique actuel se poursuit. Après les enseignants, avocats, juristes, médecins et le corps paramédical, ce sont les architectes qui ont rejoint, jeudi dernier, le mouvement de contestation populaire, entamé depuis le 22 février dernier.

Ils étaient près d’un millier d’architectes à se déployer dans la matinée de jeudi dernier, sur l’esplanade de la grande poste, devenue un endroit emblématique de manifestations quasi quotidiennes, dans la capitale à l’instar de la place Audin et le tunnel de faculté. «Depuis le 22 février, nous avons adhéré au mouvement populaire individuellement, mais aujourd’hui c’est notre première sortie officielle en tant que membres de l’Ordre national des architectes», a tenu à expliquer le président du conseil national de l’Ordre des architectes, Mustapha Tibourtine, qui n’a pas caché sa fierté «d’appartenir à ce peuple» qui, selon lui, a fait parler de lui dans le monde entier.

«Un grand respect au peuple algérien qui, depuis sa première sortie dans la rue pour réclamer le changement politique ne fait qu’émerveiller le monde entier par sa maturité et par son civisme», a-t-il noté, précisant que : «nous sommes ici pour joindre notre voix à celle de tout le peuple algérien et dire que ce système n’est pas apte à répondre aux attentes d’une nation aussi grande que les Algériens».

Le président de l’Ordre des architectes a, saisi cette occasion, pour exprimer son engagement et sa solidarité avec le peuple dont, dit-il, «nous sommes une partie intégrante». Aujourd’hui, tient-il à préciser, nous portons le slogan, «le peuple a décidé et les architectes confirment la nécessité du changement politique». Selon lui, des pratiques négatives ont eu des répercussions négatives sur la profession de l’architecture en générale. «L’argument de l’urgence est toujours présent dans les procédures de lancement des projets, pour nous aujourd’hui l’urgence est de construire un Etat de droit», a souligné le président de l’Ordre des architectes.

Sur les lieux, les architectes qui se sont distingués des autres manifestants par leurs casques de sécurité de chantier ont brandi des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire : «Le peuple est l’architecte du changement et de la reconstruction» ou encore «architectes engagés, nous construisons l’avenir…avec le peuple».

«Nous n’avons qu’un seul pays c’est l’Algérie et nous nous engageons avec les différentes parties de la société pour sa reconstruction pour un avenir meilleur», scandeune jeune femme qui était parmi les contestataires portant un casque blanc tenant entre les mains un écriteau sur laquelle est motionné en langue arabe Fakhamatou echaab kad karara (son excellence le peuple a décidé). Dans la foule composée également, de plusieurs centaines de représentants d’huissiers de justice venus apporter leur soutien indéfectible au mouvement populaire ainsi que des organisations de la société civile qui scandait chacune, ses propres revendications, se sont fusionnés en un seul corps de manifestants, plaçant l’intérêt du peuple algérien au dessus de toute considération, en revendiquant «le changement du système politique du pays». Les citoyens présents sur les lieux discutaient librement sur la situation actuelle du pays et évoquaient les dernières décisions prises portant sur l’application de l’article 102 de la Constitution, afin de trouver une solution de sortie de la crise que traverse l’Algérie actuellement. Si certains voient que cette décision constitue une partie des revendications du peuple, d’autres jugent que son application est venue tardivement. C’est de l’avis du Pr Hassen Zizine, huissier de justice à Médéa, qui souligne l’adhésion des huissiers à l’échelle nationale aux revendications du peuple algérien, conformément aux respects des règles édictées par la constitution.Par ailleurs, les manifestants dont certains drapés de l’emblème national, répétaient ensemble et en harmonie les chants patriotiques à l’instar de Kassamen, min Djiballina et Maoutini, ont donné une belle image aux médias internationaux présents sur place, de l’unité du peuple algérien qui ne cesse de confirmer le caractère pacifique de ce mouvement de contestation, n’ayant en bouche qu’un seul leitmotiv «Pour un avenir meilleur».  Le rassemblement composé de femmes hommes et même d’enfants issus de différentes couches de la société, s’est dispersé en fin de matinée dans le calme non sans avoir au préalable, ramassé tout ce qui traînait par terre, laissant ainsi la place d’une netteté irréprochable.

Kamélia Hadjib

Auteur: elmoudjahid
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