L es récentes accusations proférées par deux poids lourds du gouvernement à l’encontre des opposants au 5e mandat de Bouteflika, qualifiés d’«ennemis de l’intérieur», suscitent l’indignation du mouvement Mouwatana (citoyenneté).

«Ceux qui prétendent qu’ils s’inquiètent pour l’Algérie, c’est eux le véritable danger pour notre pays», a dénoncé maître Abdelghani Badi, l’un des membres du mouvement Mouwatana, joint hier par téléphone. Notre interlocuteur réagissait aux allégations lancées, la semaine passée, par Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale, et Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales.

Alors que le premier avait fustigé les «ennemis de l’intérieur» et «ceux qui se nourrissent de rêverie et d’illusions», le second avait mis en garde contre «toute tentative de sabordage de la présidentielle» et menaçait d’agir contre les «ennemis de l’Algérie» qui, d’après lui, «parient sur le fiasco du rendez-vous électoral», Abdelghani Badi ne manque pas de fustiger la «politique de diabolisation» menée par des membres du gouvernement, qui s’adressaient, selon lui, aux membres du mouvement Mouwatana, opposé à un 5e mandat.

«Ils ont semé le désespoir en maintenant le statu quo et ensuite ils diabolisent les citoyens et accusent l’opposition de vouloir mener le pays vers le chaos. Ce discours a pour objectif d’instiller la peur parmi les gens afin qu’ils tournent le dos à l’opposition», a-t-il souligné.

Et de rappeler que les tenants du pouvoir avaient utilisé le même discours à l’encontre des militants du mouvement Barakat en 2014. Malgré ces menaces, le mouvement Mouwatana ne compte pas faire marche arrière et maintient sa journée de protestation contre le 5e mandat prévue le 24 février prochain. «Nous veillerons à ce que cette manifestation soit pacifique.

Notre objectif est d’alerter l’opinion publique, à l’intérieur et à l’étranger, sur le danger qui guette l’Algérie (…) Les partisans du 5e mandat constituent une menace pour la stabilité du pays, alors qu’un pouvoir parallèle se cache derrière un Président malade et gère le pays de manière opaque», a encore dénoncé Abdelghani Badi.

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Auteur: Hicham Chouadria
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