Devant l’impasse politique que traverse l’Algérie, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) appelle à l’organisation de l’élection présidentielle avant la fin de l’année 2019, et considère que la tenue de ce scrutin dans ces délais et la création de la haute commission pour la surveillance de cette élection sont parmi les préalables pour entamer le processus de changement dans un cadre démocratique.
S’exprimant, samedi, lors de l’ouverture des travaux de la conférence sur ‘‘Les opportunités de la transition démocratique’’, organisée à l’occasion de la commémoration du 16e anniversaire de décès du fondateur du MSP, Cheikh Mahfoud Nahnah, Abderrazak Makri a expliqué que les conditions requises pour une nouvelle dynamique politique sont réunies et affirmé que le dialogue qui conduira à la sortie de l’impasse politique actuelle est le seul moyen. S’ajoute à cela le dialogue concernant les réformes nécessaires à opérer ainsi que la réflexion sur l’issue de la crise que vit le pays depuis plus de quatre mois.
Il a défendu à cet effet la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année en cours et indiqué qu’un dialogue global et inclusif est un préalable à cette élection, ajoutant que le nouveau président doit « veiller au respect » de la démocratie et ne doit pas être impliqué dans les fraudes électorales. Le chef du MSP a déclaré qu’il ne serait pas candidat à cette élection s’il y a une personnalité « consensuelle » à l’issue du dialogue, tout en mettant en garde contre le report de l’élection pour ne pas dévier du cadre constitutionnel, a-t-il argué. Evoquant l’actualité politique, Makri considère qu’elle est caractérisée par une « dichotomie » entre deux forces, à savoir le mouvement populaire, d’un côté, et l’institution militaire, de l’autre. Et à partir de là, l’élite politique doit jouer son rôle de médiation afin de faire « converger » les points de vue pour une solution en vue du retour à la légalité constitutionnelle. « La période de transition est la plus critique et nécessite l’union de tous, la solidarité et la cohésion pour sauvegarder la stabilité du pays.
La vraie transition est celle qui se déclenchera après la présidentielle, a-t-il souligné en se félicitant, au passage, de la position de l’Armée nationale populaire (ANP) pour son « accompagnement » du mouvement populaire. «L’institution militaire a montré sa sagesse, c’est une bonne chose », s’est-il contenté de dire.
« L’ANP ne doit pas s’ingérer dans le jeu politique pour ne pas donner l’impression que l’Algérie est sous une junte militaire et accréditer les interventions étrangères », a noté le président du MSP.
«Celui qui aime la patrie avec sincérité doit respecter et saluer l’armée pour son accompagnement du mouvement populaire», a-t-il ajouté, en appelant le chef de l’Etat par intérim à démissionner, par « respect » à la volonté du peuple qui réclame chaque vendredison son départ ainsi que celui du Premier ministre. «Bensalah et le Premier ministre doivent démissionner », a estimé Makri. Ce rendez-vous annuel a été l’occasion pour de nombreuses personnalités politiques et autres universitaires de débattre la question de la transition démocratique, à l’image d’Ahmed Adimi, Ahmed Benbitour et Abdelaziz Rahabi.
Tahar Kaidi
Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.