Les négociations avec l’Union européenne sur l’ALECA ne font pas l’unanimité, surtout que des professionnels de divers secteurs, en particulier l’agriculture, ont fait part de leurs appréhensions. Cela s’explique, pour le secteur agricole, par le morcellement des terres, l’utilisation des méthodes traditionnelle et le coût de production qui est loin d’être compétitif.

« Il est nécessaire de restructurer complètement, l’agriculture tunisienne avant de libéraliser le secteur dans le cadre de l’ALECA », a assuré, hier, le ministre du commerce, Omar El Béhi, lors d’un débat organisé par la CTFCI (chambre tuniso-française de commerce et d’industrie).

Répondant à une question de l’ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre d’Arvor, sur la lenteur des négociations entre les deux parties, le ministre a souligné l’impératif de consacrer le temps nécessaire pour la mise à niveau de l’agriculture pour garantir sa compétitivité et sa capacité à faire face à la libéralisation du secteur, à l’instar de l’industrie dont la restructuration a duré 13 ans.

Il a précisé que « l’agriculture emploie 500 mille personnes en Tunisie, d’où la nécessité de prendre en compte de la sensibilité de ce secteur vital et ses problématiques ».

A ce propos, il a indiqué que la Tunisie œuvre à l’augmentation du quota d’importation de l’huile d’olive nationale par l’Union européenne qui est actuellement de 60 mille tonnes.

Pour le ministre, la situation actuelle du pays nécessite l’approfondissement des concertations et leur élargissement à toutes les structures intervenantes pour éclaircir la question de la place de l’ALECA en Tunisie et les avantages qu’il offre ».

Il a affirmé qu’il y a une certaine appréhension et des réserves vis-à-vis de cet accord aux niveaux des syndicats, des organisations patronales et de l’Assemblée, ce qui explique la longueur des négociations et leur complexité.

L’ambassadeur de France a fait remarquer que les négociateurs tunisiens ont manifesté une incompréhension vis-à-vis de leurs homologues européens, soulignant que la Tunisie se renferme sur elle-même.

Il a assuré que la France et l’Europe désirent continuer le partenariat avec la Tunisie, indiquant que l’UE lui a consacré des dons que « vous ne trouverez nulle part ailleurs » de près de 300 millions d’euros.

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Auteur: L’expert
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